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Un triomphe exemplaire des employés municipaux de Cordoba contre la privatisation de la collecte des impôts

jeudi 15 août 2002

cabildo argentina chicaQuand De la Sota s’est lancé à la conquête de la Province de Cordoba, il a du passer un accord avec le président de l’époque Carlos Menem qui lui a permis de compter sur plusieurs millions de dollars pour sa campagne. En échange, il a dû accepter German Kammerath Gordillo comme candidat au poste de vice gouverneur avec des promesses d’affaires fructueuses comme celle de Tecsa dont il a lui-même bénéficié.

Mais Menem n’allait pas se contenter de l’obscur poste de Vice gouverneur pour son fidèle protégé, il a vu dans la ville de Cordoba la possibilité de constituer un solide butin pour ses aspirations présidentielles, avec une base politique et des affaires de plusieurs millions de dollars qui viendraient renforcer son pouvoir économique et alimenter son réseau maffieux, le véritable pouvoir en Argentine.
C’est ainsi qu’à peine installé au pouvoir à la municipalité de Cordoba, German Kammerath a commencé à piller les richesses municipales, en organisant des affaires dans tous les services municipaux qui ont élevé énormément leurs côuts. Mais la grande affaire s’est concrétisée à la fin de la première année, avec les collaborateurs les plus proches du maire : Alejandro Cima et Mauricio Bossa, auteurs d’autres affaires sales, quand cette équipe a commis les mêmes politiques au Ministère de la Communication et dans d’autres organismes du gouvernement national.

Le projet de privatisation de la collecte des impôts, a été au delà et avec l’argument de l’informatisation de l’administration municipale, il devait se transformer en la plus grande spoliation des citoyens de Cordoba, avec un contrat de huit ans, incluant une possible reconduction pour huit années supplémentaires, pour la gestion non seulement de la collecte, mais aussi toute la gestion administrative et les ressources humaines, reléguant les maires successifs à l’état d’otages de l’entreprise bénéficiaire de la licence.
Après un appel d’offre frauduleux, TECSA emporta la concession. Cette entreprise soutenue financièrement par la banque AMB-AMRO, associée au blanchiment d’argent et à la fête financière qu’a vécu le pays les dix dernières années s’est accaparée d’une des dernières activités qui pouvaient encore être privatisées : la gestion de beaucoup de budgets municipaux et gouvernements provinciaux dans tout le pays et elle compte parmi ses dirigeants des personnalités comme l’ancien ministre de l’économie Roque Fernandez ou l’ancien Directeur Général des Impots, Ricardo Cossio, tous deux menemistes.

Quand les termes de la concession accordée à TECSA ont été connus, nous avons défini cette affaire comme le « cœur du monstre » et nous avons engagé la lutte contre elle. Dans une première étape, nous avons pu préservé les droits des travailleurs et le respect des conventions collectives en les incluant dans le contrat. Après, nous avons pu démontrer l’incompétence technique de l’entreprise qui n’a pas atteint et de loin le niveau de développement informatique qui existait dans la municipalité (à partir de la compétence des techniciens et professionnels de la municipalité) et nous avons commencé à voir clairement le caractère maffieux d’un contrat qui permettait, alors que l’entreprise devait se payer sur les augmentations de la collecte, selon les clauses, de facturer au moment où le niveau de la collecte tombait en chute libre et n’a jamais pu augmenter. L’entreprise a perçu plus de quatre millions de pesos ( à l’époque dollars) pour des prestations imaginaires parmi lesquelles certaines qui ont fait l’objet d’une plainte pénale déposée à la cour des comptes avec un payement contesté de 1.200.000 $.

Quand s’est déclarée la crise économique municipale, à la suite de la désastreuse gestion de German Kammerath aggravée par la débâcle économique nationale et provinciale, nous avons vu l’opportunité de passer de la résistance à l’offensive pour en terminer avec ce parasite financier, qui sans besoin est venu remplir des fonctions qui avaient toujours été assurées avec efficacité par les employés municipaux sans coût additionnel et en assurant le rôle social de la politique de collecte municipale des impôts.
Nous avons lancé fermement la consigne de dénonciation du contrat de TECSA et nous avons engagé ce que nous avons appelé la bataille finale jusqu’à ce qu’ils s’en aillent. Nous avons organisé alors un état d’assemblée permanente jusqu’à ce que le 17 juillet, après un an et demi de résistance, le gouverneur DE la Sota signe, sous la pression de notre lutte et des argument irréfutables contre cette concession, le décret 1451/02 par lequel le contrat a été annulé sans condition.

Cette victoire des employés municipaux de la ville de Cordoba et d’une bonne partie de al communauté qui a participé (avec des centaines d’assemblées, de manifestations, de plaintes judiciaires, de cacerolazos, de grèves, d’occupations, d’escraches, d’affrontements avec la police, d’audiences publiques et d’autres actions), est importante, non seulement parce qu’elle a pu maintenir jusqu’au bout les conventions collectives et éviter les problèmes pour les contribuables, mais aussi parce qu’elle a montré qu’il était possible de lutter victorieusement contre les plans des capitaux financiers et de ses valets. Cette victoire, comme celle des travailleurs de Luz y Fuerza bloquant le processus de privatisation de EPEC, la lutte des employés de la Banque de Cordoba (malgré la trahison des dirigeants), comme celle des piqueteros et des travailleurs pour l’emploi et contre les abus des politiques néo libérales, montre le chemin que nous devons suivre aujourd’hui pour créer les conditions qui nous permettent de croire qu’il est possible de construire un pays sans corrompu, avec de la justice sociale, une démocratie effective et souveraine.
Alberto Hernández
Córdoba