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Le tortionnaire Nazario a été arrêté

mercredi 28 août 2002

sslittlLe sanguinaire Sergio Raúl Nazario (alias) "commandant Estévez", a été arrêté le 23 août à Buenos Aires après s’être présenté à la convocation du juge Claudio Bonadio - qui avait délivré un mandat d’arrêt international et national le vendredi 9 août dernier. Depuis lors, il était en fuite. Tortionnaire, violeur et assassin dans le camp de concentration « el Olimpo » pendant la dictature, Nazario est conseiller auprès de Juan Carlos Romero, gouverneur de Salta et pré candidat présidentiel.

L’ancien chef de la Gendarmerie Nationale, commandant retraité Sergio Nazario, a été arrêté après avoir été entendu par le juge fédéral Claudio Bonadío, pour sa responsabilité dans le cadre de séquestrations, tortures et assassinats d’une vingtaine de militants « Montoneros » pendant la dernière dictature militaire, selon rapporte une dépêche de l’Agence Télam.

Quand la nouvelle a été diffusée à Salta par la radio FM Noticias, la sinistre figure de Nazario a de nouveau retenu l’attention des auditeurs, mettant fin à toutes les conjectures quant à son sort et sur la possibilité qu’il soit protégé par son chef et ami le gouverner Juan Carlos Romero.

Après l’interrogatoire, le « commandant Estevez » (comme il se faisait appeler dans « El Olimpo et »El Vesubio » - camps de concentration) a été transféré à l’escadron Buenos Aires de la Gendarmerie.

Nazario se trouve sur la liste de 46 inculpés dont les mandats d’arrêts ont été délivrés par le juge Claudio Bonadio, parmi lesquels six sont toujours en fuite. Deux hauts chefs militaires ont été libérés après avoir été entendu.

Coup dur pour Romero

Quand le juge Claudio Bonadío a délivré le mandat d’arrêt, le 9 août, à l’encontre de Nazario, le gouveneur Juan Romero a reçu le coup le plus dur depuis qu’il a subi « l’escrache » en Espagne, par le groupe d’Argentinos en el Exterior et les jeunes du groupe Cimarrón-. Au cri d’assassin de « piqueteros » !, corrompu !, fils de pute !

Le projet de Romero de lancer au niveau international sa candidature à l’élection présidentielle, à la Fondation Ortega y Gasset de Madrid, avait tourné au naufrage et au scandale. Face à la presse, Romero n’a pu que balbutier que ces manifestants méconnaissaient ses actions pour les droits de l’homme. Sa défense sonnait comme du pur cynisme ironique et cruel : son gouvernement a été en effet dénoncé par le Collège d’avocats de Salta pour appliquer la torture systématique aux détenus dans les locaux de la police. La prsonnalité abominable de Nazario se profile toujours derrière la « politique de sécurité » de Romero, qualifiée de criminelle par des journalistes indépendants et les défenseurs de droits de l’homme à cause de la répression sauvage subie par les manifestants, la persécution des journalistes indépendants et les menaces aux militants de gauche.

Le fait que Sergio Nazario soit resté en fuite pendant deux semaines a érodé fortement l’image du pré candidat présidentiel. À Salta, on supposait que l’assassin et tortionnaire se cachait sous la protection de Romero. Le mandat d’arrêt a jeté un grand trouble dès qu’il a été connu à la Gendarmerie de Salta. Selon des sources internes, les gendarmes voulaient le retrouver tout de suite, non pas pour l’arrêter dans le cadre du mandat du juge, mais pour l’alerter. On racontait d’une façon insistante que le fugitif était protégé par la police de la province, dont le chef, Pedro Alvarez, est signalé à plusieurs reprises comme l’homme de Nazario ».

Il semblerait que le « commandant Estévez » se trouvait à Corrientes, coordonnant la campagne de Romero dans cette ville quand il a été averti depuis Salta - directement sur son portable de son mandat d’arrêt. Nazario est alors parti au Paraguay pour se mettre sous la protection des forces du général putschiste Lino Oviedo, qui aurait des contacts fréquents avec le gouverneur de Salta. Mais ce serait le pré candidat à la présidence qui aurait donné l’ordre à son ami et subordonné de se présenter à la justice, pour en terminer avec « les atteintes » à son "image" politique. (L’inaction totale des forces de sécurité a été flagrante, ne simulant même pas un quelconque mouvement pour entamer des recherches et capturer Nazario : cela a frôlé le scandale à Salta. Seul le journaliste Sergio Poma semblait le rechercher : le directeur de FM Noticias a même fait une incursion dans une des propriétés de Romero pour vérifier si le fugitif s’y cachait.
Pour faire baisser la tension, un avocat nommé Brandán, a parcouru les médias de la ville de Salta pendant cette semaine, annonçant que Nazario se présenterait à la Justice Fédérale à Buenos Aires entre mercredi et vendredi. Finalement cela s’est produit hier.