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Arrête de filmer, bordel !

jeudi 31 octobre 2002

Les policiers ont frappé et hurlé "arrête de filmer, bordel" (No filmes más, carajo)à deux journalistes d’Indymedia Argentine qui couvraient une manifestation en face du 6e commissariat de Buenos Aires, samedi dernier. Des preuves photographiques et audiovisuelles sont disponibles.

Samedi dernier, Alberto Recanatini Méndez et Tomás Eliashev, deux journalistes d’Indymedia Argentine, ont été touchés par des balles en caoutchouc tirés par la police, alors qu’ils couvraient la répression que subissaient les assemblées populaires qui manifestaient en face du 6e commissariat de police de Buenos Aires, situé au 1900 rue Venezuela. Une plainte a été déposée par le Dr. Ivana del Bianco au deuxième Palais de Justice de Buenos Aires, situé au 1190 Avenue Roque Saenz, pour "Lésions et privation de droit" devant la 38e court de justice, à la charge de la Juge Susana Wilma López.

Demain, jeudi 31 octobre à 11 heures, Indymedia Argentine organise une conférence de presse à la Maison de L’Amitié Argentino-Cubaine (Casa de la Amistad Argentino-Cubana), située au 1744 rue Alsina. Des preuves audiovisuelles et photographiques des faits, enregistrées pendant la manifestation et présentées à la justice, y seront montrées.

Les cartes de presse qui identifiaient les journalistes n’ont été d’aucune utilité pour freiner la répression policière sauvage. Alberto a été touché par trois balles, une à la tête, une au coude et une à l’entrejambe ; Tomás a été blessé par six balles aux jambes. Les policiers ont tiré de moins de quinze mètres, sans sommation. Avant de tirer, les policiers ont crié aux journalistes "cesse de filmer, bordel" (No filmes más, carajo).

En face du Congrès de la Nation, au cours de la matinée du samedi, trente membres de Green Peace et trois personnes qui s’étaient solidarisées avec eux ont été arrêtés alors qu’ils participaient à une manifestation contre le projet de loi qui permettrait l’entrée de déchets nucléaires dans le pays. Les opérations de police étaient dirigées par le commissaire Capresse, de la Police Fédérale d’Argentine (PFA). Au cours de ces arrestations, les policiers ont aussi tenté d’arrêter un autre correspondant d’Indymedia Argentine, l’agressant physiquement et abîmant son matériel de travail au cours de la bousculade. Les trente-trois détenus ont été conduits au 6e commissariat de Buenos Aires, vers lequel se sont dirigés d’autres manifestants exigeant leur libération.

A 15 heures, alors qu’un groupe d’assembléistes se regroupait en face du commissariat pour exiger la libération des détenus, les assembléistes furent menacés de répression s’ils ne circulaient pas. A ce moment, un véhicule sortit du commissariat pour amener arbitrairement au district Tribunales un membre de l’assemblée Ayacucho y Rivadavia ; alors qu’ils tentaient d’empêcher le départ du véhicule de police, six des manifestants furent arrêtés. Quelques minutes plus tard, plus de 80 policiers de la Garde d’Infanterie commençaient à disperser les manifestants à coup de matraques et de bombes lacrymogènes.

A environ 18 heures, les assembléistes se regroupaient à l’intersection des avenues Belgrano et Entre-Rios pour protester contre la répression et pour la liberté des détenus. À ce moment, l’action policière n’était pas "ciblée" au point qu’un automobiliste se plaignant des coups qu’infligeait la police à sa voiture fut arrêté. À 20 heures, alors que les activistes de Green Peace étaient déjà libres, grâce à l’intervention de leurs avocats, sept personnes étaient toujours détenues, et le corps d’infanterie intervenait une nouvelle fois pour éloigner les manifestants de cent mètres de plus.

Alors qu’une centaine de personnes se groupaient à nouveau sous la pluie, ils furent attaqués une nouvelles fois par la police, qui cette fois utilisa des balles en caoutchouc et des bombes lacrymogènes. Au cours de cette nouvelle action répressive, les deux journalistes d’Indymedia Argentine furent blessés alors qu’ils couvraient les événements, dans la rue Alsina. La police visait directement nos camarades alors qu’ils filmaient un policier tirant en direction du balcon d’un voisin qui avait envoyé un pot de fleur aux forces de l’ordre. Nos camarades furent aidés par d’autres voisins, qui les ont sauvés du massacre.

La plupart des manifestant qui réussirent à s’échapper à la répression se réfugièrent à la Maison de l’Amitié Argentino-Cubaine, qui reçut aussi quelques balles. Aux environs de 22 heures, un groupe de manifestants retourna au commissariat pour attendre la libération des détenus, libérés à 23 heures.

Les faits relatés signifient une attaque directe aux media indépendants, qui ont progressé en organisation et en qualité, et sont devenus un véritable outil d’information et de communication pour ceux qui luttent pour le changement social. Ces attaques rendent impossible la liberté de la presse, de travail, et attentent aux pactes de San José de Costa Rica, inclus dans notre constitution.

Des preuves audiovisuelles et photographiques des faits ont été présentées à la justice et sont à la disposition de tout media de communication qui les sollicite.

Pour contacter les journalistes bléssés, appelez le :

15-4070-3968 et le 15-5324-4888

Indymedia Argentina, http://argentina.indymedia.org

<http://argentina.indymedia.org/>