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Forte mobilisation : La furia piquetera

dimanche 10 novembre 2002

Le jeudi 7 novembre, les media qui appuyent les pouvoirs en place ont pu encore parler de cette « furia piquetera » qui perturbe la circulation dans la capitale. Effectivement, les mouvements de chômeurs ne baissent pas les bras. Face aux coûts de butoir de la crise, ils résistent en manifestant. Ce 7 novembre, ils réclamaient le maintien des droits aux indemnités chômage de 80.000 « ayant droits » qui risquent d’être rayés des « listes » par des décisions administratives.

Ce phénomène caractéristique de l’état de délabrement économique du pays a provoqué des déclarations d’extrême libéralisme, de l’héritier de la grande famille milliardaire Macri, candidat à la Mairie de Buenos Aires et détenteur de la concession de l’entretien et nettoyage des rues qui considère que ces pratiques délinquantes, puisque nuisibles au fonctionnement de son entreprise, devraient être sévèrement punies pour entrave aux lois du marché des ordures.

A 9 heures du matin, les colonnes de manifestants ont commencé à arriver par la gare de Constitution où un dispositif policier a fouillé, un par un, tous les militants qui s’engageaient dans le métro encadrés par des policiers armés de fusils et de bâtons et des chiens qui aboyaient. Deux autobus de militants du MTD ont été bloqués au pont Puyerredon (où deux piqueteros ont été assassinés à bout portant par la police en juin 2002) et ils ont été recensés avec des insultes et des agressions policières.

La manifestation est passée devant le Parlement pour aller rejoindre ensuite le Ministère du Travail où les délégués piqueteros ont remis leurs demandes à la Ministre Graciela Camano qui s’est engagée à résoudre les bloquages administratifs.
La manifestation a ensuite rejoint la faculté de sciences sociales qui est occupée par les étudiants en grève.

Le lendemain, le vendredi 8 novembre, une autre manifestation rassemblant des milliers de personnes a dénoncé la répression et le terrorisme d’état. De la place du Parlement, le défilé est allé vers la Préfecture de Police avec un slogan unique : « Assassins, Assassins ».

De là, le cortège, est parti pour la Place de Mai avec en tête des banderoles « Que se vayan todos » et "Assez de répression et de morts" et des slogans sur le refus de la criminalisation des luttes sociales, des menaces, des enlèvements, tortures et matraquages que subissent les militants des organisations de base, assemblées populaires, ouvriers d’usines occupées et piqueteros. Les slogans ont rappelé à la mémoire de tous les noms de Dario, Maximilian et de tous les militants tués dans les luttes populaires cette année.

La manifestation a été convoquée pendant la conférence de presse tenue par les assemblées populaires et les membres d’Indymedia dans la Maison de l’amitié argentine cubaine pour dénoncer la brutale répression organisée le samedi 26 Octobre quand les militants des assemblées et du « Polo Obrero », du MST et même les correspondants d’Indymédia couvrant les événements ont été sauvagement agressés alors qu’ils réclamaient la liberté de leurs compagnons arrêtés.