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Cacerolazo international à Paris le 19 décembre : "Que se vayan todos !"

mardi 3 décembre 2002

A Paris, CALPA invite tous ceux qui veulent manifester leur solidarité avec les luttes du peuple argentin à se retrouver Place Edmond Michelet face à l’esplanade du centre Pompidou
le 19 décembre à 18 heures 30

Les 19 et 20 décembre 2001 et les jours qui ont suivi, le peuple d’Argentine est descendu dans la rue pour chasser 5 présidents qui ont plongé leur pays dans une crise économique, sociale et politique sans précédent. Les affrontements avec les forces de répression ont fait 35 morts. Depuis la dictature de 1976, tous les gouvernements ont appliqué les recettes du Fond Monétaire International, ils ont bradé les services publics aux multinationales et participé activement au pillage de toutes les richesses. Aujourd’hui, 60 % de la population vit dans la pauvreté, 100 enfants meurent de faim par jour.

En réponse, les luttes se sont développées avec les mouvements de chômeurs, les « piqueteros », les assemblées populaires de quartiers qui structurent les débats politiques avec de la démocratie directe, des usines occupées avec 15.000 travailleurs qui autogèrent leur production, des occupations de cliniques abandonnées pour les mettre au service du peuple, des cantines populaires, des occupations de terrains et d’immeubles, des créations de syndicats indépendants et combatifs. La classe exploitée argentine montre un chemin possible vers sa libération.

Le gouvernement de Duhalde cède à toutes les exigences du FMI :
-  révision de la loi sur les faillites pour permettre aux multinationales de s’emparer des entreprises déclarées en faillite
-  suppression de la loi de subversion économique pour garantir l’impunité à tous les auteurs de crime économique
-  baisse drastique des budgets sociaux des provinces
-  augmentation des tarifs des services privatisés pour garantir les bénéfices des multinationales

Le gouvernement de Duhalde accentue la répression avec des opérations de police et de para militaires contre les assemblées populaires, les manifestations, les usines occupées pour réduire au silence les luttes et freiner la construction d’une alternative politique et sociale. Jusqu’à présent la solidarité exemplaire entre tous les mouvements a fait obstacle à cette politique.

Partout en Europe, des centaines d’associations comme CALPA, en France, vont manifester leur solidarité avec les luttes du peuple argentin qui ouvrent des perspectives révolutionnaires de libération populaire et vont crier leur refus que le modèle néolibéral fasse les mêmes dégâts partout dans le monde.

- Non au payement de la dette externe
- Jugement pour tous les responsables du génocide économique
- Contre la politique des gouvernements européens et de leurs multinationales qui soutiennent ou inspirent les exigences du FMI

A Paris, CALPA invite tous ceux qui veulent manifester leur solidarité avec les luttes du peuple argentin à se retrouver Place Edmond Michelet face à l’esplanade du centre Pompidou
le 19 décembre à 18 heures 30
et le 20 décembre à 18 heures 30 avec FAL (France Amérique Latine) Avenue Kléber devant l’Ambassade d’Argentine

TEXTE de la coordination des mouvements appelant au cacerolazo international du 20 décembre

Journée d’Action Globale pour fêter la création d’alternatives à la dictature des marchés en Argentine.

Alors que l’Argentine s’enfonce chaque jour plus dans une crise financière sans précèdent, une révolte populaire exemplaire s’est développée dans tout le pays. Un mouvement de révolte permanent s’est créé, transformant le pays en un véritable laboratoire de luttes, un espace où la politique du futur est « ré inventée ». La révolte a culminé le 20 décembre 2001, quand plus de 1 million d’argentins sont descendus dans la rue en faisant résonner leurs casseroles et ont réussi à chasser le gouvernement. Cette année, le 20 décembre, des Argentins et des citoyens dans le monde entier appellent à une journée d’action globale, pour montrer que ceux qui construisent des alternatives à la dictature des marchés ne sont pas seuls.

Du mouvement de chômeurs, les « piqueteros », qui barrent les routes et construisent des projets communautaires dans leurs quartiers, des assemblées de quartier, les réunions avec démocratie directe qui ont surgi spontanément dans les villes. Des épargnants en colère qui attaquent les banques quotidiennement en réclamant qu’on leur rende leur argent, jusqu’au réseau de troc que plus de 7 millions de personnes utilisent à la place de l’argent. Des ouvriers qui ont occupé de nombreuses usines et pratiquent aujourd’hui l’autogestion, jusqu’aux lycéens qui occupent leurs écoles pour réclamer des réductions sur les tarifs. En terme de libération, une pléiade de pratiques alternatives et de démocratie directe a pris corps en Argentine.

Toutes les couches sociales sont unies derrière le slogan « Que se vayan todos », ce qui veut dire que la classe politique entière doit quitter la scène, chaque homme politique de chacun des partis, la Cour suprême, le FMI, les multinationales, les banques … tous doivent s’en aller pour que le peuple puisse décider par lui-même l’avenir de son organisation économique et politique.

Affrontant une pauvreté croissante et un désastre économique, le peuple a trouvé l’espoir suffisant pour continuer à résister et a développé la créativité suffisante pour commencer à construire des alternatives pratiques à l’horreur du capitalisme.

De l’Angola au Népal, de la Bolivie à la Turquie, apparaissent les mêmes fissures dans la logique néo libérale et les peuples résistent pendant que les économies s’écroulent et que la dette externe aggrave la situation. Une douzaine de pays sont en situation d’être « la prochaine Argentine », certains d’entre eux en étant plus proches que ce que nous imaginons.
Nous devons être préparés non seulement pour résister, mais aussi pour trouver des moyens de reconstruire nos sociétés après que les crises économique et écologique aient tout détruit. Si la révolte argentine triomphe, cela pourra montrer au monde que le peuple peut survivre à une sévère crise économique et en sortir plus fort et heureux de lutter pour de nouvelles formes de vie.

Le 20 décembre, pendant que des dizaines de milliers d’argentins fêteront dans la rue un an de révolte, se dérouleront des actions et des événements partout dans le monde en solidarité avec le peuple argentin.
Que peux tu faire ce jour là ? Voici quelques idées :
Sortir dans la rue, pour fêter cette année de luttes au son avec des casseroles. Proposer une assemblée populaire dans son quartier. Barrer les rues en solidarité avec les « piqueteros ». Occuper son lieu de travail ou d’étude et expérimenter l’autogestion. Détourner le courant de consommation des fêtes en créant un réseau de troc… Les possibilités sont infinies.

Les objectifs de la journée d’Action Globale sont :

1. Montrer que le mouvement de mouvements contre le capitalisme peut transcender l’insurrection, et aller vers une vraie révolution sociale. Une révolution sociale faite de milliers de révolutions dans lesquelles les citoyens ne se contentent pas de protester contre ce qu’ils refusent, mais commencent à construire la vie qu’ils souhaitent et se préparent à la défendre. Et l’Argentine est un exemple de ces pratiques.

2. Construire un puissant réseau de solidarité avec l’Argentine. Les mouvements argentins courent le risque de rester isolés ; sans la protection de la solidarité internationale, ils seront exposés à un accroissement de la répression. Alors que beaucoup dans le mouvement des mouvements dans le monde entier se sont dit « Merci à l’Argentine » de nous avoir redonner espoir dans cette période obscure, après le 11 septembre, la plupart des gens dans les rues d’Argentine ne savent pas qu’ils ont généré tant d’espoir. En voyant les mouvements sociaux dans le monde agir en solidarité avec ses luttes, le peuple argentin sera renforcé dans sa volonté de continuer à lutter.

3. Apprendre des réussites en Argentine et appliquer ces leçons dans la construction de nos propres espaces autonomes, assemblées de quartier, systèmes économiques alternatifs, lieux de travail autogérés, etc..

4. Diffuser l’information sur les mouvements en Argentine à tous les mouvements sociaux dans le monde.

Manifestation Mondiale pour l’Argentine - Cacerolazo International