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Double vidage d’une clinique á Cordoba : d’abord financier, ensuite humain

samedi 14 décembre 2002

L’ordonnance d’expulsion fait suite á la déclaration de faillite prononcée, il y a 3 jours. Dans la nuit de vendredi á samedi, les salariés et les citoyens et organisations qui soutiennent le projet de coopérative étaient nombreux á monter la garde dans la rue Dean Funes oú se trouve la clinique. 54 personnes ont été arrêtées brutalement avec des coups et blessures et parmi les détenus se trouvent des députés de la Province et des dirigeants syndicaux : Pablo Alvarez et Liliana Olivero du PC/Izquierda Unida, Luis Bazan, délégué syndical de Luz y Fuerza, Eduardo Salas, dirigeant de Polo Obrero et du Partido Obrero, Dario Toniutti, dirigeant du PTS, des membres d’autres syndicats et de partis politiques.

A l`aube, samedi 14 decembre, la police a expulsé violemment les travailleurs de la clinique Halac, institut de néo-natologie á Cordoba. Les 40 salaries qui occupaient ce centre de soins pour nouveaux nés souffrant d’insuffisances ont forme une coopérative, ’Renacer Limitada’, il y a un mois et demi, pour maintenir l’activité malgré le pillage financier (premier vidage) organisé par l’administrateur nommé par le syndic de faillite, juan maria Mendisabal.

L’ordonnance d’expulsion fait suite á la declaration de faillite prononcée, il y a 3 jours. Dans la nuit de vendredi á samedi, les salaries et les citoyens et organisations qui soutiennent le projet de coopérative etaient nombreux á monter la garde dans la rue Dean Funes oú se trouve la clinique. 54 personnes ont été arrêtées brutalement avec des coups et blessures et parmi les détenus se trouvent des députés de la Province et des dirigeants syndicaux : Pablo Alvarez et Liliana Olivero du PC/Izquierda Unida, Luis Bazan, délégué syndical de Luz y Fuerza, Eduardo Salas, dirigeant de Polo Obrero et du Partido Obrero, Dario Toniutti, dirigeant du PTS, des membres d’autres syndicats et de partis politiques.

Dans la journée de samedi, 800 personnes se sont rassemblées devant le commissariat pour exiger la liberation des detenus et la police menacait de lancer un assaut contre cette mobilisation populaire.
L’Institut Halac, du nom de son fondateur, le docteur Eduardo Halac est de tres haut niveau, il a permis de sauver avec des incubateurs et des traitements appropriés des bébés qui étaient nés avec un poids de 500 grammes. Son fils, héritier de cette clinique privée a organisé un véritable pillage avec une évasion de fonds qui a mené á une premiére mise en liquidation en 1998. En 2000, le syndic a nommé juan maria Mendisabal comme administrateur et les malversations ont continué. Dans les jours qui ont precédé l’expulsion, les ordinateurs, des documents et des elements comptables permettant d’obtenir les versements des oeuvres sociales ont disparu. Les travailleurs qui ont créé la coopérative ont recu l’appui des medecins et des organismes sociaux pour continuer leur activité qui n’a pas d’équivalent dans la province. Ils s’appuient sur les droits juridiques de la Loi des Faillites qui permet aux travailleurs d’une entreprise de maintenir l’activité sous leur contrôle en cas de défaillance des propriétaires.

Cet institut est localisé á 100 metres d’une autre clinique, la Junin qui est également occupée par ses travailleurs. Ils ont fait face á un même processus de ’vidage’financier progressif de ses propriétaires. Aprés un an de non versement de leurs salaires, ils ont occupé la clinique en mai 2002 et la coopérative a été officiellement formée en septembre 2002. Ils ont recu 1700 patients pendant le mois de novembre grâce á la solidarité des médecins qui ont accepté d’assurer les consultations avec leur propre matériel médical. Les salariés attendent que le parlement provincial exproprie définitivement l’immeuble de la clinique Junin et le mette á disposition de la coopérative. Le Ministre de la Sante de la Province s’est personnellement engagé á faire voter cette mesure la semaine prochaine.

L’expulsion de l’Ínstitut Halac s’inscrit dans le rapport de forces entre les partis politiques au pouvoir et le mouvement social trés puissant en ce moment en Argentine qui trouve des alternatives á ce pillage financier.

Ces événements et ceux qu’ont dénoncé CALPA la semaine derniére font partie de la politique d’intimidation du gouvernement qui vise á freiner les mobilisations des 19 et 20 décembre prochain.
A Cordoba, la mobilisation et la préparation de ces journés est intensive et la grande marche Nationale organisée par le Bloc Piquetero, Barrios de Pie et le MIJP doit passer par lá.

CALPA dénonce ferrmement ces faits et rend responsable le Gouvernement National et le Gouvernement Porvincial de la violente répression exercée contre les travailleurs de la clinique Halac et tous ceux qui étaient venus leur apporter leur soutien et exige la libération immédiate de tous les détenus.