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Que se vayan todos !

dimanche 15 décembre 2002

Un an après l’Argentinazo, la lutte ininterrompue du peuple argentin continue de défier le pouvoir en place. À partir du 15 décembre, des dizaines de milliers de personnes venant de toutes les provinces du pays formeront une marche qui se dirigera vers la Plaza de Mayo et qui s’achèvera, le 20 décembre, en une énorme manifestation réunissant les Piqueteros, les Assemblées populaires, les ouvriers, les étudiants, les maîtres et professeurs, les habitants des bidonvilles, les personnels de santé et les fonctionnaires, avec une seule consigne : Que se vayan todos !

Les 19 et 20 décembre 2001, une impressionnante mobilisation populaire a mis fin au gouvernement formé par De la Rua et ses complices (radicaux, péronistes, membres du Frepaso), représentants du capitalisme en Argentine, et esclaves complaisants du FMI et de la banque mondiale. 35 camarades y laissèrent leur vie et des centaines d’autres furent blessés et arrêtés.
Ces deux journées ont changé l’histoire de notre pays et rien ne sera plus comme avant. Les ouvriers et les chômeurs, les jeunes et les anciens, les étudiants et les travailleurs, les commerçants et les pauvres, les femmes au foyer, les motoqueros sont descendus dans la rue pour que disparaisse le régime vendu, corrompu et répressif de De la Rua et de Cavallo. Ce fut une réponse révolutionnaire à la crise sociale, politique et économique provoquée par ce régime, représentant lui-même la continuité des gouvernements Alfonsin et Menem.
Tout cela fut balayé par l’irrésistible explosion populaire de dizaines de milliers de personnes. Le refrain et la consigne nationale résumant ce mouvement fut le suivant : Que se vayan todos !

Quelle est la situation actuelle ?
Le gouvernement Duhalde mène le même type de politique - imposée par le FMI et la banque mondiale - que les gouvernements antérieurs, avec pour seule différence qu’il tente par tous les moyens d’accentuer la répression. Et la misère dans le pays est actuellement encore plus intense et désespérée qu’il y a un an… Cependant, personne ne peut dire aujourd’hui dans quelle mesure ce régime sera maintenu : les élections sont une véritable pantomime, les institutions de l’état tombent en ruine, les partis politiques traditionnels - péronisme, radicalisme, et Frepaso - se sont convertis définitivement en lobbies n’ayant d’autres objectifs que la manœuvre maffieuse, le pouvoir et la corruption.
La lutte du peuple continue également avec autant, voire plus, d’énergie : ’piqueteros’, assemblées de quartier, occupation des usines et contrôle ouvrier de leur production, coopératives ouvrières, occupation des cliniques abandonnées et mises à disposition du peuple, projets de jardins potagers collectifs, soupes populaires, occupation de terrains, occupation d’immeubles publics et privés, incendies de commissariats, création de syndicats combattants et indépendants.
L’affrontement du peuple opprimé et de la classe dominante, et l’impérialisme maintiennent une situation de crise permanente, avec il est vrai des hauts et des bas, mais le principal est que les rues restent le théâtre de différentes manifestations de lutte populaire qui empêchent, pour le moment, l’application d’une politique répressive, organisée par le gouvernement.
Les exploités argentins montrent un chemin qui pourrait mener á leur libération.C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, CALPA et tous les camarades latino-américains, français et Européens qui nous soutiennent, ainsi que les syndicats, les associations et les partis politiques de gauche qui supportent la lutte du peuple argentin, doivent se mobiliser autour de projets concrets, en solidarité avec les revendications et visant à la concrétisation du slogan : Que se vayan todos !


Tous ensemble a la manifestation du 19 décembre, à 18h30, Place Edmond Michelet, face au Centre G. Pompidou
Tous ensemble a la journée de solidarité avec l’Argentine, le 8 février 2003, à la Bourse de Travail de Saint-Denis
Tous ensemble a la journée de résistance de l’Amérique Latine, le 22 décembre 2002, Salle des Métallos.

•Pour la non-reconnaissance et le non-paiement de la dette extérieure
•Pour la nationalisation du système bancaire et financier, et des entreprises privatisées
•Pour l’expropriation des usines occupées, qui ferment ou licencient leurs personnels
•Pour le droit du peuple à l’éducation et à la santé
•Pour le droit de vivre des anciens et des enfants
•Contre la répression. Pour le jugement et la punition des coupables. Pour que cesse l’impunité.
•Contre la politique des gouvernements européens et des entreprises privées qui soutiennent les mesures et les politiques réactionnaires imposées par le FMI