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20 Décembre 2002 : Toutes les luttes ont occupé la Place de Mai

mardi 24 décembre 2002

Cette journée de mobilisation à Buenos Aires et dans les principales villes du pays a été précédée par la grande marche fedérale, elle marque une étape importante dans la construction d’une force alternative qui pourrait prendre le pouvoir en chassant les partis radicaux et péronistes qui ont continué à apliquer fidèlement après la dictature de 1976 les recettes ultra liberale du FMI.

Le 20 décembre 2002, 100.000 personnes ont occupé la Place de Mai pour demander le départ de Duhalde et de toute la classe politique responsable de la crise profonde que traverse le pays. Malgré les menaces sur les militants et la peur répandue par la presse pour décourager les manifestants, les colonnes des différents groupes piqueteros ayant participé à la marche fedérale dans plus de cent villes, les assemblées populaires, les travailleurs des usines ocupées, les Mères de la Place de Mai, les Motoqueros (SIMECA), les partis de gauche, comme Polo Obrero, Izquierda Unida, Parti Communiste, MST le PST, le MAS, et la LSR et le syndicat CTA ont pu imposer cette démonstration de force à un an de l’Argentinazo des 19 et 20 décembre 2001, sans incidents notoires.

Cette journée de mobilisation à Buenos Aires et dans les principales villes du pays a été précédée par la grande marche fedérale, elle marque une étape importante dans la construction d’une force alternative qui pourrait prendre le pouvoir en chassant les partis radicaux et péronistes qui ont continué à apliquer fidèlement après la dictature de 1976 les recettes ultra liberale du FMI.

Il était frappant de constater qu’aucun mouvement se revendiquant officiellement du péronisme n’était présent dans la manifestation.

Le rassemblement a pu réunir les deux grandes tendances qui structurent toutes les luttes dans le pays, à savoir le syndicat CTA, d’un côté et de l’autre, le Bloc Piquetero, Polo Obrero, Izquierda Unida, le PST, etc.. La CTA est entrée sur la Place de Mai en début d’après midi avec certaines assemblés populaires et des représentants du Forum Social qui avaient participé à un "aguante cultural" sur la même place, la veille. La CTA s’est retirée de la Place de Mai sans attendre l’arrivée de toutes les colonnes quand un des orateurs a assimilé le dirigeant de la CTA , Victor De Gennaro à Rodolfo Daer, dirigeant de la CGT avec qui De Gennaro a rompu, il y a dix ans, au debut du Menemisme, quand la CGT péroniste a accepté la vague extrême de privatisations. La CTA a déclaré en se retirant que le Bloc Piquetero n’avait pas respecté l’accord de respect mutuel contrairement à ce qui avait été réussi à l’intérieur du pays.

D’autres assemblées populaires ont choisi de se rassembler sur l’avenue 25 de Mayo, à l’entrée de la Place pour manifester leur indépendance à l’egard des partis politiques.

Ces tensions montrent à quel point toute association des dirigeants des mouvements de gauche avec les péronistes compromis dans les derniers gouvernements peut compromettre les chances de construction d’une force alternative.
Ces réactions sont à rapprocher du départ du Congrès de la CTA, debut décembre 2002, du piquetero Beto Ibarra du MTD pour exprimer le refus du MTD que De Elia soit le représentant des piqueteros à l’intérieur de la CTA.

Le mouvement de refus, "que se vayan todos" peut se transformer en force politique capable de prendre le pouvoir, si des débats de fond sont menés entre les différentes organisations pour choisir le type de société que les argentins veulent construire. Les pratiques sociales autour des usines ocupées et la démocratie directe dans les assemblées populaires peuvent éviter que ces débats restent théoriques.

Il faut rappeler que ce même 20 décembre 2002, dans de nombreux pays du Monde : Espagne, Italie, Hollande, Belgique, Etats Unis, Suède et bien sûr, France avec CALPA , ont été organisées des manifestations de solidarité avec les luttes du peuple argentin.