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La crise : données officielles de l’INDEC

En cinq mois, 1 500 000
nouveaux pauvres

jeudi 2 mai 2002

povrargeCe calcul surgit de l’analyse sur l’impact de la hausse des prix. Et cela pourrait être encore plus important si on prenait en compte le chômage et la chute des revenus des salariés. Les fortes hausses des prix des aliments, en cinq mois, d’octobre 2001 à mars 2002, a provoqué l’augmentation du nombre de pauvres qui a atteint les 1.547.000 personnes, selon une étude de l’INDEC diffusée avant-hier.

Maintenant officiellement en Argentine il y a 15.345.000 de pauvres, l’équivalent de 42,6% de la population totale. De ces totaux, 5.655.300 personnes - le 15,7% de la population totale - sont des indigents. De ces données on déduit que pendant ces 5 derniers mois presque 310.000 nouveaux pauvres ont été produits par mois ou 10.300 par jour.
D’après le rapport de l’INDEC, pendant les trois premiers mois de cette année, "les aliments de base sont ceux qui ont une plus forte augmentation de prix dans la période analysée et affectent principalement les foyers les plus pauvres". Le rapport signale que dans le premier trimestre de l’année, en moyenne, l’indice des prix au consommateur a augmenté de 9,76%, le coût du panier d’aliments de base a augmenté de 15,5%, ce qui représente une augmentation de 59,8% au-dessus de la moyenne générale.
Le panier de base de l’indigence de l’INDEC inclus seulement des aliments : le pain, pomme de terre, lait, pâtes, huile, fruits, alors que le panier de base de la pauvreté comprend en plus certains services non alimentaires comme les vêtements ou le transport.
Par conséquent, si en octobre l’INDEC considérait indigente une famille type (un couple et deux enfants) qui gagnait moins de 180 pesos par mois, en mars c’étaient des foyers indigents ayant des revenus en dessous des 208 pesos par mois. Et la famille est pauvre avec des revenus inférieurs à 420 pesos, alors qu’en mars les foyers avec moins de 485 pesos par mois sont passés en dessous de la ligne de pauvreté.
En faisant connaître ces chiffres, Juan Carlos Del Bello, responsable de l’INDEC, a expliqué que l’étude a été réalisée en évaluant l’augmentation des prix et dans l’hypothèse que les revenus nominaux des familles ne varient pas par suite de la non-augmentation des salaires et les revenus des travailleurs indépendants ne se sont pas améliorés non plus. Ainsi, toute hausse des prix réduit le pouvoir d’achat de la population et a augmenté la pauvreté et l’indigence. Même ainsi, Del Bello a admis qu’il s’agit d’une hypothèse conservatrice puisque que l’on ne tient pas compte des personnes qui a cessé d’avoir des revenus par l’accroissement du chômage.
L’étude de l’INDEC est faite jusqu’à fin mars. Mais on estime qu’en avril l’inflation serait proche du 10%, équivalent à la hausse accumulée des prix de tout le premier trimestre. Si l’on considère que les prix des aliments ont poursuivi leur hausse au-dessus de la moyenne d’avril, on pourrait calculer qu’il pourrait y avoir un autre saut dans la pauvreté atteignant près d’un million de personnes, ce qui dépasserait les 16.00.000 pauvres.
Jusqu’au milieu des années 70 la pauvreté était une question marginale en Argentine, puisqu’elle comprenait à peine 5% des foyers. Dans les années 80 elle est montée jusqu’à 12%, elle grimpe avec l’hyper inflation de 1989/90, pour descendre ensuite avec la stabilité des prix. Mais cette chute elle n’a duré que jusqu’au début de 1994. Depuis lors à cause de la récession, la chute des salaires et des revenus et l’augmentation du chômage, la pauvreté a grimpé de manière soutenue, augmentant , en plus, le fossé entre ceux qui ont plus et ceux qui gagnent moins.
Ainsi, en rapport avec 1988, il y a 5,5 millions de nouveaux pauvres, et de ce total, un peu plus de la moitié ont surgi pendant les 10 derniers mois. Maintenant la croissance de la pauvreté est en train de s’accélérer par l’impact des prix alors que l’activité économique continue à chuter et le chômage augmente. Del Bello signale " On peut supposer qu’avec un fort taux de chômage il est difficile de renverser la situation de pauvreté dans les foyers argentins ".Il ajoute que lorsque la mesure du pourcentage des personnes en dessous de la ligne de pauvreté sera prête " elle pourrait augmenter sûrement ".
Maintenant, l’Argentine a des indices de pauvreté et d’inégalité sociale supérieures à plusieurs des pays latino américains alors des dizaines d’années auparavant elle présentait des indicateurs très semblables à ceux des pays d’Europe centrale.