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10 Millions de manifestants sur 5 continents mobilisés contre la guerre de Bush

mardi 18 février 2003

Le mot d’ordre d’appel à manifester contre la guerre en Irak lancé à l’initiative du Forum social Européen de Florence s’est transformé en un gigantesque mouvement des citoyens. Cela montre encore une fois que, contre les tyrannies, les mobilisations populaires peuvent retourner le cours des choses. Il faut s’opposer à la volonté unilatérale de l’administration américaine d’annexer l’Irak comme une nouvelle province de son Empire.

La réunion du Conseil de sécurité du 14 février a montré que les gouvernements de la plupart des pays amenés à se prononcer pour la déclaration ou non de la guerre à l’Irak s’opposait, poussés par leurs opinions publiques, au projet de l’administration américaine.

C’est une occasion historique de bloquer le développement de cette politique terroriste américaine qui exploite sa superpuissance militaire (son arsenal militaire est équivalent à la somme des arsenaux militaires des 30 pays qui le suivent dans le classement)pour imposer un modèle ultra libéral et une exploitation mondiale des ressources à son seul profit.

La révolte des gouvernements qui sont entrainés dans toutes les organisations mondiales à suivre sans broncher les coups de force de l’administration américaine peut être le signal de la remise an cause des FMI, OMC, OTAN, aux ordres du Pentagone de Washington.

L’Argentine, comme le Brésil et tous les autres pays latino américains, soumis au chantage de la dette, ne peuvent se chosir un autre destin que celui de fournisseur de main d’oeuvre bon marché et de matières premières pour la grande puissance du nord qu’en remettant en cause cet ordre mondial non négocié.

APPEL des ASSOCIATION DES MÈRES ET FAMILLES DE DISPARUS EN ARGENTINE

POUR LA VIE - NON A LA GUERRE

Un groupe de mères argentines connaissant la douleur de la perte de nos enfants, nous croyons que c’est de notre devoir essayer d’éviter par tous les moyens que des millions d’autres mères partagent la tragédie de voir les vies de leurs enfants fauchés dans une guerre où le but est, comme d’habitude, la conquête du pouvoir.

Le Gouvernement des Etats Unis, pays qui n’a ratifié aucun des instruments des droits de l’homme des Nations Unies et qui a porté atteinte à l’esprit dela Cour Pénale Internationale, en extorquant à d’autres Etats qu’ils garantissent aux forces armées nord-américaines l’impunité pour les crimes de guerre et délits contre l’humanité, est prêt une nouvelle fois à envahir un autre territoire, l’Irak - pour s’approprier du pétrole et démontrer son hégémonie. Pour cela ils allèguent un " axe du mal " en opposition à leur suprématie dans " l’axe du bien ".

Ils ont élaboré un budget de 400.000 millions de dollars pour financer le commerce de cette guerre, cette somme pourrait amplement nourrir plus d’un million de personnes pendant un an. Par contre, cette somme sera destinée à tuer pus d’un million de personnes en très peu de temps.

D’abord avec ses politiques économiques et maintenant avec sa politique de guerre, les Etats Unis et ses satellites sont les anges de la mort.
Les peuples du monde s’opposent à la guerre, pendant que derrière leur dos leurs gouvernements trahissent leur mandat.

Pour tout ceci, nous faisons un appel à toutes les mères du monde pour réaliser une campagne consistant à envoyer des lettres aux ambassadeurs des pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies (1) et aux présidents de leurs respectifs pays, en réclamant qu’ils s’opposent formellement à la >guerre ; en réalisant des événements pour conscientiser l’opinion publique et participer aux manifestations dans le monde entier.

ABUELAS DE PLAZA DE MAYO (Grands-mères de la Place de Mai)

FAMILIARES DE DESAPARECIDOS Y DETENIDOS POR RAZONES POLITICAS (Familles de disparus et détenus pour raisons politiques)

MADRES DE PLAZA DE MAYO-LINEA FUNDADORA (Mères de la Place de mai - Ligne Fondatrice)

(1)Etats qui composent le Conseil de Sécurité de l’ONU : membres permanents : France, Chine,
Russie,EE.UU., Royaume Uni

Membres temporaires : Allemagne, Syrie, Pakistan,
Mexique, Angola, Guinée, Chili, Cameroun, Bulgarie y Espagne

Bilan de l’AFP

En France

Des centaines de milliers de manifestants en France

PARIS (AFP), le 15-02-2003
Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté samedi un peu partout en France pour dire "non à la guerre" contre l’Irak au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU où les Etats-Unis sont apparus en minorité.

Selon la coordination de l’Appel "Non à la guerre contre l’Irak, oui à un monde de justice, de paix et de démocratie", le nombre total de manifestants a atteint un demi-million de personnes dans quelque 72 villes en France, dont 250.000 à Paris (100.000 selon la police).

En tête du défilé parisien se trouvaient des pacifistes américains et des vétérans français de la guerre du Golfe, appartenant à l’association Avigolfe qui milite pour la reconnaissance de maladies liées aux guerres du Golfe et des Balkans.

Le défilé était si long qu’à 17h15, plus de trois heures après le départ de la place Denfert-Rochereau, les derniers manifestants venaient tout juste de s’ébranler.

La gauche, l’extrême gauche et les Verts étaient présents en force et plusieurs personnalités socialistes étaient du cortège. Etaient aussi présents Alain Krivine (LCR), Marie-George Buffet (PCF), Gilles Lemaire, Noël Mamère, Yves Contassot et Yves Cochet pour les Verts. José Bové (confédération paysanne), Jean-Pierre Chevènement (MRC) et Arlette Laguiller (LO) étaient également dans les rangs.

Le Premier secrétaire du PS François Hollande, les anciens Premier ministre Laurent Fabius et Pierre Mauroy conduisaient la délégation socialiste. Un bon nombre d’autres personnalités de gauche s’étaient déplacées, comme Henri Emmanuelli, Claude Estier, Jean-Marc Ayrault, Elisabeth Guigou et Martine Aubry.

"La mobilisation considérable dans toutes les grandes villes du monde peut être un message fort à l’égard de l’administration américaine pour faire comprendre que les peuples ne veulent pas une guerre de cette manière et en ce moment", a déclaré François Hollande.

A Lyon, près de 10.000 personnes, selon la police, 20.000 personnes selon les organisateurs, ont manifesté, élus locaux en tête. Beaucoup de manifestants portaient un carré de papier où était simplement inscrit "Non".

A Rennes, 4.000 personnes (police), plus de 5.000 (organisateurs), ont défilé aux cris de "Solidaires contre Bush et Blair, solidaires contre la guerre" et "Veto dans la rue, Veto à l’ONU".

En Bretagne, d’autres manifestations étaient organisés comme à Lorient (2.500 selon la police, entre 3 et 4.000 selon les organisateurs), Nantes (entre 4.et 5.000 manifestants selon la police, 5 à 6.000 selon les journalistes), Brest (quelque 3.000 personnes selon la police, 3.500 selon les organisateurs). A Tours, ils étaient environ 3.500 selon la police, 500 à Angers selon la police, environ 550 à Laval et 700 A Rouen.

Dans le sud-ouest, les manifs ont réuni entre 8 et 10.000 personnes (police et organisateurs) à Toulouse, 900 à Tarbes, 800 à Montauban, 600 à Auch et 600 à Cahors, une centaine à Foix , 300 à Carcassonne (Aude). A Angoulême, environ 700 personnes se sont réunis alors que Bordeaux rassemblait selon la police environ 11.000 personnes, dont certaines défilaient avec une colombe de la paix en papier accrochée au revers de leur veste.

A Strasbourg, 5.500 personnes, selon la police, ont manifesté au rythme de slogans disant "Chirac, ton veto sur l’Irak. Bush, Blair, non à la guerre".

Dans le sud, Marseille a rassemblé 8.500 selon la police, le double selon les organisateurs, Nice 6.000 selon la police et 10.000 selon les organisateurs, Montpellier 10.000 selon la police, Nîmes 2.500 (police), 5.000 (organisateurs) et Avignon 3.200 selon la police.

Les enfants n’ont pas été oubliés comme à Marseille où Lea, Juliette et Thimotée tenaient une banderole demandant "La paix pour les enfants d’Irak".

Selon un sondage Ifop à paraître dans le Journal du dimanche, 4 Français sur cinq (81%) se déclarent favorables à ce que la France oppose son droit de veto à une intervention militaire des Etats-Unis et de leurs alliés en Irak.

En revanche, 15% d’entre eux y sont opposés. 4% ne se prononcent pas.

Le sondage a été réalisé du 13 au 14 février auprès d’un échantillon de 974 personnes, par téléphone et selon la méthode des quotas.

Dans le monde

Irak : 10 millions de personnes ont manifesté contre la guerre

PARIS (AFP), le 16-02-2003
Quelque dix millions de personnes se sont mobilisées samedi pour manifester contre la guerre en Irak, principalement en Europe où de véritables marées humaines ont déferlé dans les rues de Rome, Madrid et Londres pour dire non au président George W. Bush.

En Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne, trois alliés de Washington dans la crise irakienne où l’opinion publique ne partage pas la position adoptée par leur gouvernement, la mobilisation a battu tous les records et donné lieu à des rassemblements humains parmi les plus importants de l’après-guerre.

Plus de cinq millions d’Espagnols, selon les organisateurs, trois millions selon la police, ont défilé dans les principales villes du pays.

A Madrid, la manifestation a dépassé toutes les prévisions avec deux millions de personnes, selon le parti socialiste, qui avait appelé à manifester, alors que la préfecture estimait ce chiffre à 600.000. Ironie du parcours, les manifestants passaient devant une immense affiche de plus de 20 mètres de haut proposant aux jeunes Espagnols de s’engager dans l’armée espagnole. Un manifestant avait écrit sur sa pancarte "Non à Azwar", jeu de mot avec le nom du président du gouvernement espagnol José Maria Aznar, signataire de la lettre des "Huit", et le mot "War".

A Barcelone, 1,3 million de personnes, selon la mairie et 1,5 million selon les organisateurs, ont envahi le centre-ville. Environ 500.000 personnes étaient mobilisées à Valence, 250.000 à Séville, 200.000 à Bilbao.

Pas moins de trois millions de personnes ont participé à Rome à une marche contre la guerre en Irak, d’après les organisateurs. La police parle elle de 650.000 personnes massées en fin de journée devant la basilique Saint-Jean de Latran, terme de la marche pour la paix, mais de très nombreux participants n’ont pu accéder à la place, noire de monde, selon la préfecture de police.

Le cortège romain s’étendait sur près de dix kilomètres et les images prises d’hélicoptère ont montré une marée humaine aux couleurs de l’arc-en-ciel, celles de la bannière frappée du mot "Pace" (paix en italien) portée comme une cape par les marcheurs.

Dans la plus importante manifestation jamais vue à Londres, ils étaient 750.000 selon la police, tandis que les organisateurs revendiquaient plus de deux millions de participants.

Arrivés à Londres par trains entiers, en autocars ou à pied, sifflets à la bouche et brandissant une forêt de pancartes "N’attaquez pas l’Irak", des manifestants de tous âges, en famille ou entre amis, ont défilé pour demander aux Etats-Unis et au Premier ministre Tony Blair de ne pas déclencher une guerre.

Glasgow, en Ecosse, avec au moins 80.000 personnes dans la rue, selon les organisateurs, a aussi connu la plus importante manifestation depuis celle contre la Poll Tax, tandis que Belfast résonnait des cris de dizaines de milliers de personnes. En Irlande, un autre rassemblement record comptait environ 100.000 personnes.

En Allemagne, environ 500.000 personnes, selon la police et les organisateurs, ont participé à Berlin à une marche contre la guerre, soit là encore l’une des plus importantes manifestations de l’après-guerre.

En revanche, en France, pays pourtant en pointe du combat diplomatique pour éviter la guerre en Irak, la mobilisation n’a pas, semble-t-il, été au rendez-vous.

Selon les organisateurs, le nombre total de manifestants en France a atteint un demi-million de personnes dans quelque 72 villes, dont 250.000 à Paris. Toutefois, selon la police, la mobilisation n’a atteint que 100.000 personnes dans la capitale.

Dans le reste de l’Europe, ces manifestations contre une nouvelle guerre du Golfe ont rassemblé au total plusieurs centaines de milliers de personnes, de Bruxelles à Stockholm, Varsovie, Moscou, Budapest ou encore Athènes, où la mobilisation a souvent battu des records.

Partout les slogans ont réclamé la paix et demandé aux Etats-Unis de renoncer à cette "guerre pour le pétrole".

La mobilisation avait commencé en Australie. Quelque 100.000 personnes ont défilé dès vendredi dans les rues de Melbourne, paralysant la grande métropole australienne.

Au Japon, 25.000 manifestants avaient défilé dès vendredi soir dans le centre de Tokyo. Des milliers de personnes se sont également rassemblées en Corée du Sud, en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie.

Des manifestations ont également eu lieu samedi au Proche et au Moyen-Orient. Notamment à Damas, où plus de 200.000 Syriens, un million selon des chiffres officiels, ont dit "non" à la guerre contre leurs voisins irakiens. Quelque 3.000 manifestants juifs et arabes se sont rassemblés samedi soir dans le centre de Tel-Aviv. Les manifestants scandaient : "Israéliens et Palestiniens contre la guerre en Irak".

A Bagdad, des défilés de plusieurs kilomètres, selon des estimations de journalistes, ont rassemblé samedi des manifestants en armes opposés à une éventuelle guerre américaine contre l’Irak.

Cette journée mondiale de mobilisation contre la guerre s’est poursuivi aux Amériques et notamment à New York. Des dizaines, voire des centaines, de milliers de manifestants canadiens ont bravé des températures polaires dépassant les -20 degrés Celsius.

A Montréal, ils étaient plus de 100.000 bien emmitouflés. Dans le même temps, entre 75.000 et 100.000 personnes défilaient à Toronto, la plus grande ville canadienne.

A New York, selon les organisateurs, une coalition d’environ 200 associations pacifistes, ils étaient plus de cent mille rassemblés à Manhattan, près du bâtiment des Nations unies.

A Los Angeles, entre 15.000 personnes, selon la police, et 25.000 selon les organisateurs, ont défilé dans les rues de Hollywood, dont plusieurs personnalités du petit et du grand écran américains comme les comédiens Martin Sheen ou Anjelica Huston. A San Francisco, bastion de la gauche américaine, une grande manifestation était prévue dimanche.

Ces manifestations pacifistes sont les plus importantes qu’ait connues le pays depuis la mobilisation contre la guerre du Vietnam à la fin des années 1960, ont noté samedi plusieurs observateurs.

S’adressant à des journalistes, Susan Sarandon a déclaré : "Toutes nos émotions et nos peurs nées du 11 septembre ont été prises en otage par l’administration Bush. Jeter des bombes n’est pas un moyen d’assurer notre sécurité". "La sécurité ne sortira jamais du canon d’un fusil", a pour sa part estimé Desmond Tutu à New York.

Parmi les nombreuses pancartes, plusieurs remercient la France et l’Allemagne pour leur opposition, au sein de l’Onu, à la politique jugée trop va-t-en guerre de la Maison Blanche.

Cindy Zipf porte une pancarte qui clame : "Merci la France, l’Allemagne et la Russie ! Ne lâchez pas". "Je voulais que les gens sachent que nous avons une dette envers ces trois pays, et en particulier envers la France qui a été si intelligente dans la présentation des faits", explique cette mère de famille de 46 ans.

Eric Rice, 29 ans, porte un panneau sur lequel il a collé une photo de son frère David, tué le 11 septembre 2001 dans l’une des tours du World Trade Center, surmontée du slogan : "Pas au nom de mon fère".

"Lutter contre le terrorisme ne veut pas dire lâcher des bombes sur des civils", affirme-t-il. "Cela ne sert au contraire qu’à nourrir le terrorisme. Je ne veux pas que des innocents en Irak soient tués au nom de mon frère".

Au Brésil, plus de 60.000 personnes au total ont défilé dans les principales villes du pays comme Sao Paulo, Rio de Janeiro, Recife, Curitiba, Porto Alegre et Brasilia, sur des slogans "Non à la guerre !" ou "Ca suffit les bombes, les attaques !, "Bush hors d’Irak !", que la foule reprenait en choeur.

A Rio, 5.000 manifestants ont marché pour la paix le long de la plage de Copacabana. Certains étaient déguisés, à l’approche du carnaval, et ils défilaient dans la bonne humeur au rythme des tambours.

A Montevideo, plus de 50.000 personnes se sont réunies, selon les organisateurs. Quelque 10.000 argentins ont participé à la journée mondiale pour la paix et se sont mobilisés sous la pluie dans les rues de Buenos Aires. Les opposants à une guerre en Irak étaient 3.000 dans la capitale chilienne, Santiago.

A La Havane, quelque 5.000 Cubains ont manifesté contre une guerre en Irak. "Ce serait une guerre sans vainqueurs et avec un seul vaincu : l’humanité", a déclaré Orlando Fundora, président du conseil cubain pour la paix.

Au Mexique, 10.00O pacifistes ont également défilé dans les rues de Mexico aux cris de "Bush, laisse la paix tranquille !.

En Argentine

50.000 manifestants ont défilé à Buenos Aires pour dénoncer la politique de l’administration américaine et les risques de guerre et d’intervention en Irak, au Vénézuela et dans les autres pays latino américains.
Le cortège est allé jusqu’à l’ambassage américaine.
Les groupes organisés les plus nombreux étaient ceux du Polo Obrero, des Movimientos de Trabajadores Desocupados (MTD), de Izquierda Unida, de la CTA et de la CCC (Corriente Clasista y Combativa).

Il y a eu des rassemblements dans d’autres villes du pays comme à Rosario.