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La mobilisation contre l’occupation américaine : Tous à la Place d’Italie samedi 12 avril

vendredi 28 mars 2003

La guerre impérialiste, illégale et illégitime, a commencé à tuer le peuple irakien. Personne ne doit rester indifférent et mollement "contre". Comme lors des sept précédentes grandes journées de manifestations, les 18 janvier, 15 février et 5 mars, 15 mars, 20, 22 et 29 mars, l’appel à la mobilisation a été lancé par une coordination réunissant plus d’une centaine d’associations, partis de gauche et syndicats.

De l’Asie à l’Amérique, en passant par l’Europe et le monde arabe, les manifestations ont rassemblé samedi 22 mars plus de deux millions de personnes à travers le monde.

En Europe, les opposants sont restés très mobilisés, de Londres à Madrid (250.000 personnes) en passant par Berlin, Rome, Amsterdam, Paris et Helsinki.

 »Les défilés sur le continent américain

Les manifestations contre la guerre en Irak se sont succédées d’Asie en Amérique en passant par les pays arabes et l’Europe samedi, au troisième jour de l’offensive militaire conduite par les Etats-Unis, pour exiger la fin des opérations armées.

Au fil des heures, et en fonction des fuseaux horaires, la vague de protestation planétaire a terminé sur le continent américain, où quelque 250.000 personnes ont manifesté à New York, où plusieurs dizaines d’arrestations ont eu lieu à l’issue du défilé qui ont provoqué quelques échauffourées au moment de sa dispersion.

A Washington, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant la Maison Blanche, avant de défiler dans le centre-ville en scandant "Non au terrorisme d’Etat", "Jetez Bush, pas des bombes" ou "Pas de guerre pour du pétrole".

Au Canada, des dizaines de milliers de personnes, jusqu’à 200.000 selon les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Montréal en brandissant des banderoles proclamant "Bloquez l’empire" ou "Non à la Bush-erie".

Au Chili, à l’autre bout du continent américain, au moins 5.000 personnes ont participé à une marche pour la paix dans les rues du centre de Santiago.


 »Les manifestations en Europe

En Europe, des foules de plusieurs centaines de milliers de manifestants se sont rassemblées.

La mobilisation a été particulièrement forte en Espagne où, à Barcelone, ils étaient 500.000, selon la mairie, un million, selon les organisateurs, pour dire non à la guerre et exiger la démission du chef du gouvernement José Maria Aznar, qui s’est aligné sur Washington.

A Madrid, une manifestation sur les mêmes thèmes a réuni 250.000 personnes. De violents incidents ont éclaté une heure après la dispersion du défilé, entre forces de l’ordre et quelque 400 jeunes manifestants, faisant au moins deux blessés.

Au Portugal, quelque 90.000 personnes ont défilé à Lisbonne.

A Londres, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont déferlé dans le centre-ville, pour la première grande manifestation nationale depuis le début des hostilités, scandant "Larguez Blair, pas des bombes".

En Irlande, ils étaient aussi plusieurs milliers rassemblés à Dublin.

A Parisquelque 100.000 personnes selon les organisateurs, 90.000 selon la police, ont défilé alors qu’ils étaient 10.000 à Marseille.

En Allemagne, pays opposé comme la France à une guerre sans l’aval de l’Onu, les manifestations ont rassemblé environ 150.000 personnes, selon la police.

En Italie,près de 100.000 personnes ont défilé à Rome et à Milan, 60.000 selon la police, 150.000 selon les organisateurs.

A Athènes,près de 7.000 personnes selon la police et 30.000 selon les organisateurs, ont manifesté pour la troisième journée consécutive.

En Suisse, au moins 20.000 personnes ont participé à un rassemblement à Berne, où des incidents ont opposé la police à des jeunes gens encagoulés.

Des incidents sont également survenus à Oslo en marge d’un défilé pacifique qui a réuni plusieurs milliers de personnes.

En Finlande,, à Helsinki, près de 20.000 manifestants -un record dans l’histoire contemporaine de la Finlande- ont exigé l’arrêt immédiat de la guerre et la traduction en justice du président américain George W. Bush.

Devant l’ambassade des Etats-Unis à Copenhague, quelque 15.000 personnes ont protesté contre "la participation militaire du Danemark" dans ce conflit et stigmatiser le gouvernement danois, qualifié de "valet de l’Amérique".

A Stockholm, plusieurs dizaines de milliers de protestataires dont deux ministres ont pris le chemin de l’ambassade américaine.

Ils étaient au moins 20.000 manifestants à Amsterdam et 25.000 à Vienne, avec comme slogan "Bush, Blair, jetez-vous dans la mer", et au moins 10.000 à Bruxelles.

Des manifestations ont également eu lieu en République tchèque et en Pologne.


 »Manifestations dans le monde arabe

Dans le monde arabe, où la mobilisation avait été particulièrement forte vendredi, jour de la prière hebdomadaire des musulmans, dans des pays comme la Jordanie, l’Egypte ou le Yemen, les protestations se sont poursuivies samedi.

Plus de 20.000 personnes ont manifesté en Egypte, près de 10.000 à Gaza, des milliers d’autres au Liban en scandant "Par notre sang, nous te défendrons, Irak", et à Bahrein, siège de la Vème flotte américaine, des heurts ont opposé des policiers à des manifestants près des ambassades américaine et britannique à Manama.

D’autres rassemblements ont eu lieu à dans le sultanat d’Oman, à Tunis (5.000), tandis que les Algériens ont observé une minute de silence, dans tout le pays, "en solidarité avec le peuple irakien", à l’appel du gouvernement.


 »Manifestations en Australie

Des milliers de personnes ont de nouveau manifesté dimanche en Australie , mais on était loin de la mobilisation géante du mois dernier. Les opposants à la guerre étaient 30.000 à Sydney, 5000 à Canberra, 5000 à Adelaide. Les Australiens semblent être de plus en plus nombreux à se ranger derrière le gouvernement, qui soutient la guerre.

Il y a sept semaines, un sondage avait montré que 76% des sondés étaient opposés à une action militaire sans le soutien de l’Onu tandis que 18% y étaient favorables. Selon un sondage réalisé mercredi et jeudi, 58% des personnes interrogées soutiennent maintenant la décision de l’Australie d’engager des forces dans le Golfe.



George W. Bush affirme qu’on ne peut faire confiance à Saddam Hussein car il ne cesse de mentir. C’est possible, mais il y a longtemps que les mensonges du dictateur de Bagdad ne trompent plus personne. Et combien plus dangereuses sont les tromperies des États-Unis qui bénéficie -de manière injustifiée- d’une bien plus grande crédibilité dans le monde, et dispose d’impressionnants moyens pour diffuser "sa version" des faits.

Aujourd’hui, alors que la moindre donnée sur une guerre en Irak peut influencer l’opinion mondiale, de nombreuses personnes ignorent encore une information publiée le 19 février 2002 à la une du New York Times : le gouvernement des États-Unis venait juste de créer le Bureau d’Influence Stratégique (Office of Strategic Influence) destiné à "diffuser de la fausse information" pour tenter de manipuler l’opinion publique mondiale. Pour les rendre plus crédibles, on prévoyait la diffusion des fausses informations à travers de grandes agences de presse occidentales. Le projet fut approuvé par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. Par la suite, il fut dit que le plan avait été abandonné, bien que de nombreux observateurs soutiennent que cette affirmation était l’une des premières fausses informations du tout nouveau bureau.
Un grand nombre d’informations fausses, déformées ou tendancieuses, diffusées lors des dernières semaines par les États-Unis, en relation avec sa nécessité d’attaquer Irak, commencent à être clairement perçues. A la suite, une série d’exemples de ces manipulations orchestrées par la grande démocratie du nord pour tromper l’opinion publique mondiale, les journalistes, les Nations Unies et ses propres alliés.

1) L’idée de "guerre préventive" est une tromperie, basée sur le concept de "prévention", car toutes les actions "préventives" sont généralement positives et recommandables pour éviter tout mal ou désagrément. Or, si une telle idée s’imposait, n’importe quel pays pourrait en attaquer un autre, en avançant simplement qu’il le considère "dangereux", même si ce dernier n’a absolument rien fait qui justifie cette agression. Qui décidera que tel ou tel pays est "potentiellement" dangereux ? Un tel principe permettrait aux pays puissants, et surtout aux États-Unis, d’en attaquer d’autres plus faibles afin de les dominer "préventivement".

2) L’idée d’attaquer un pays pour changer son régime politique tente aussi de présenter, de façon trompeuse, un principe inacceptable. Qui jugera qu’un gouvernement "n’est pas bon" et que, par conséquent, il n’est plus nécessaire de respecter ni sa souveraineté ni l’opinion de sa population ? Qui jugera qu’il faut lui déclarer la guerre pour instaurer un régime au goût des vainqueurs ? Celui-ci serait alors imposé par le plus fort, en l’occurrence les États-Unis. En outre, ce principe priverait les peuples de toute participation à leur propre destin. Ces nations devraient alors laisser aux États-Unis la tâche d’élire leurs gouvernants évidemment... tout à fait favorables à Washington (les États-Unis provoquèrent le coup d’État de Pinochet au Chili, prouvant qu’ils sont capables de renverser un gouvernement démocratique pour instaurer une dictature quand cela leur convient).

3) Des manœuvres malhonnêtes : les États-Unis prétendent avoir des informations, et même des preuves que l’Irak cache certaines armes qu’il refuse de présenter aux inspecteurs de l’ONU travaillant en Irak dans cet objectif. (Hans Blix s’est plaint à plusieurs reprises du fait que les États-Unis soutiennent devant la presse avoir des informations concrètes à ce sujet, mais ne les fournissent jamais). De deux choses l’une, soit l’affirmation des États-Unis est fausse et vise seulement à justifier son attaque, soit il est vrai qu’ils ont ces informations, auquel cas ils font exactement ce qu’ils reprochent à l’Irak : occulter des informations aux Nations Unies. Ce dernier cas de figure leur permettrait à l’avenir de discréditer la mission des inspecteurs au motif de ne pas avoir trouvé toutes les armes, et de justifier ainsi la guerre a posteriori.

4) Discours mensonger : lorsqu’on découvre en Irak des missiles dépassant de quelques kilomètres la portée prévue, les États-Unis affirment que c’est là la preuve qui justifie la guerre. Mais quand, les jours suivants, l’Irak accepte de les détruire et le fait, l’administration Bush enlève toute importance à ces armes et signale alors l’existence "d’autres armes" sans les définir à aucun moment, mais qui -cette fois oui- justifient la guerre.

5) Faux discours démocratique : Bush et Blair soutiennent mener la guerre au nom de la démocratie, c’est-à-dire, du droit des peuples à décider d’eux-mêmes. Mais l’un autant que l’autre abusent de leur statut de chefs de gouvernement pour imposer leur volonté sur des questions au sujet desquelles ils n’ont pas été élus et -comme n’importe quel dictateur- méprisent l’opinion des citoyens, dans leur majorité opposés à la guerre.

6) Un faux soutien à la guerre : les États-Unis tentent d’obtenir la "légalisation" de leur attaque de l’Irak par un vote à l’ONU mais, pour cela, ils font pression économiquement et politiquement sur les pays du Tiers Monde membres du Conseil de Sécurité, dont le vote n’est dès lors plus libre mais conditionné par les menaces américaines.

7) Le faux rapport anglais : le 5 février dernier, Colin Powel a tenté de convaincre le Conseil de Sécurité de l’ONU de la dangerosité de l’Irak par un rapport présenté par les Britanniques comme récent et sérieux. Peu après, suite à des révélations dans la presse, le gouvernement de Tony Blair a dû reconnaître que la partie centrale de ce document était une copie textuelle d’une thèse universitaire rédigée il y a douze ans. C’est la troisième fois que le gouvernement britannique présente un rapport qui fausse des informations relatives à l’Irak. (Pour plus de détails voir : http://www.reseauvoltaire.net/article9014.html).

8) Une fausse menace nucléaire : le responsable des inspections des armes atomiques, Mohamed ElBaradei, a clairement dit dans son rapport que l’Irak ne développe aucun programme nucléaire. Et il a déclaré que les documents fournis par les États-Unis et la Grande-Bretagne pour soutenir les accusations à ce sujet étaient fausses. Blix a dit que ces révélations "étaient préoccupantes".

9) Se moquant des Nations Unies : les États-Unis accusent l’Irak de ne pas respecter les résolutions des Nations Unies, et annoncent en même temps qu’ils ne respecteront pas une éventuelle décision de celles-ci pour éviter la guerre. Si les États-Unis attaquent l’Irak en dépit de la décision de l’ONU, c’est-à-dire de la communauté internationale, ils violeront la légalité internationale, prouvant ainsi que l’opinion des autres pays du monde ne leur importe en rien et qu’à l’avenir ils imposeront leur volonté par la force à toute la planète. Quant à Bush, pour anticiper la situation d’accusé dans laquelle il se trouvera, il se place en position d’accusateur, disant que si l’ONU n’approuve pas la guerre, ce sera cette organisation qui sera discréditée.
Il devient ainsi évident que l’ONU n’intéresse les États-Unis qu’à condition de pouvoir la dominer. Dans le cas contraire, ils préfèrent sa destruction, puisqu’elle serait le seul frein à ses prétentions de domination mondiale. Pour s’assurer l’un ou l’autre de ces objectifs, ils mènent actuellement une double politique : d’un côté ils font pression sur les autres pays pour obtenir leur obéissance et, de l’autre, ils menacent d’ignorer la décision de l’ONU si celle-ci refuse la guerre.

10) Une duperie de plus : les États-Unis ont d’abord exigé que les Nations Unies désarment l’Irak, puis ont reconnu ouvertement qu’ils attaqueraient quoi qu’il en soit. Cela signifie que leur soutien initial à la tâche des inspecteurs ne répondait pas à une volonté initiale de solution pacifique, mais visait à obtenir que l’ONU fasse détruire la plus grande quantité possible d’armes irakiennes, pour faciliter ensuite leur attaque d’un pays désarmé.

11) Il ne s’agit pas d’une guerre mais d’un massacre : la supériorité militaire des États-Unis sur l’Irak est si accablante que, plus que d’une guerre, il s’agira d’une dévastation, d’un déluge de feu et de mort déchaîné par des missiles et des bombes lancés par les Américains depuis des sites sûrs et sans courir aucun risque. Sans compter qu’alors que se prépare la plus impressionnante technologie militaire pour attaquer l’Irak, on exige de ce pays qu’il se désarme complètement.

12) Il est faux que l’Irak soit une menace pour les États-Unis : Saddam Hussein est un dictateur détestable, mais il n’est pas une menace pour les États-Unis. Par contre, la Corée du Nord en est une. Mais ce pays n’a pas de pétrole, ne permet pas de contrôler une région stratégique comme le Moyen-Orient, et il est plus dangereux que l’Irak puisqu’il possède des armes de destruction massive. Un des principal motif qui pousse Bush à provoquer une guerre contre l’Irak est qu’il est certain de la gagner, ce qui lui assurerait un succès aux prochains élections : des estimations indiquent que, sans guerre, il ne sera pas réélu.

13) Combattre le terrorisme est un faux prétexte : il n’existe aucune preuve du lien de l’Irak avec Al Qaida. Et les États-Unis n’ont jamais pu le démontrer. Par ailleurs, s’il fallait attaquer tous les pays avec lesquels Al Qaida a des liaisons, il serait nécessaire de déclarer la guerre à plusieurs dizaines de nations. Et s’il fallait attaquer n’importe quel pays dans lequel résident des terroristes, même les États-Unis devraient être visés.

14) L’Irak, un accusé de remplacement : Après les condamnables attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont échoué dans leur tentative d’en arrêter et d’en sanctionner les auteurs : Ben Laden, le Mollah Omar et les autres membres d’Al Qaida sont trop fuyants, ce pourquoi Bush a dû se contenter d’attaquer leurs protecteurs, les taliban, sur lesquels il était plus facile de pointer les missiles américains. Mais pour masquer son échec à trouver les véritables coupables -échec qui empêcherait sa réélection- il a dû inventer un nouvel ennemi sur qui défouler pendant son mandat l’agressivité accumulée pour la vengeance : c’est, cette fois, le tour de l’Irak (autrefois, le monstre s’appelait URSS, Cuba, Chine, Viêt Nam, Chili, Nicaragua...).

15) On dissimule le caractère essentiellement militaire de la puissance américaine : les États-Unis ne sont désormais plus certains de continuer à dominer le monde par leur seule économie, qui traverse de graves problèmes : dépendance du pétrole étranger, déficit budgétaire et de sérieux concurrents commerciaux tels que l’Union européenne et les pays asiatiques. La seule supériorité américaine sur le reste du monde est dans le domaine militaire, à travers lequel ils prétendent établir une domination planétaire. Mais cela requiert des démonstrations de force régulières, des attaques imparables, létales et dévastatrices contre tel ou tel pays au préalable diabolisé, pour inspirer la crainte et la soumission du reste du monde. Une posture justifiant la phrase : "Celui qui n’a qu’un marteau voit tous les problèmes comme si c’était des clous". Un monde dominé par une superpuissance qui prétend imposer son point de vue à tous et par la force exploserait en quelques années, poussant irrémédiablement quelqu’un à utiliser l’arme atomique.

16) La stratégie occulte : des documents de la fondation Project for a new american century, élaborés peu avant l’élection de Bush par les principaux membres de l’actuel gouvernement (le vice-président, Richard Cheney ; le secrétaire à la Défense et son adjoint, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz ; le frère du président, Jeb Bush ; le conseiller de la Maison Blanche, Elliott Abrams) définissent la politique extérieure que devrait appliquer leur pays : assurer la "prééminence mondiale" des États-Unis, en empêchant toute autre puissance industrielle de jouer le moindre rôle sur la scène internationale. Ils proposent de déployer une politique unilatérale et de développer des guerres préventives, pour défendre "les valeurs et les intérêts" des États-Unis, et qualifient l’ONU de "forum de gauchistes, anti-sionistes et anti-impérialistes" auquel ils devraient recourir seulement si cela convient à la politique américaine.

17) Occultation du désastre : La guerre est inhumaine, toujours, sans exceptions. Elle tue des civils, des enfants. Pour affaiblir l’ennemi, on bombarde, on détruit les routes, les ponts, les réservoirs d’eau potable, les centrales électriques, les dépôts de combustible, les ports, aéroports, centrales téléphoniques, édifices publics, laissant la population civile au milieu du chaos et générant des milliers de réfugiés. Malgré cela, les États Unis présentent leur attaque contre l’Irak comme une opération de quelques jours seulement et cachent le fait qu’elle détruira tout un pays et produira une catastrophe humanitaire dont les conséquences se prolongeront pour de nombreuses années.

Lettre du célèbre réalisateur américain Michael Moore adressé à Georges W. Bush.

Cher Georges,
Depuis que tu es président des États Unis, de mauvaises langues prétendent que tu te tournes les pouces. Pourtant en quelques mois, tu as réussi à :

1) Réduire de 39 millions de dollars le budget des bibliothèques fédérales.

2) Réduire de 35 millions de dollars le budget du programme de formation en médecine pédiatrique avancée.

3) Réduire de 50% le budget de la recherche sur les énergies renouvelables.

4) Repousser l’émission du règlement réduisant les niveaux "acceptables" d’arsenic dans l’eau potable.

5) Réduire de 28% le budget du programme de recherche pour des véhicules moins polluants et moins consommateurs d’énergie.

6) Abolir la législation permettant à l’État de refuser tout contrat public aux entreprises qui violent les lois fédérales, les lois de protection de l’environnement et les règles de sécurité sur le lieu de travail.

7) Permettre à la secrétaire de l’Intérieur Gale Norton d’explorer la possibilité d’ouvrir les parcs nationaux à l’exploitation forestière et minière et aux forages pétroliers et gaziers.

8) Renier ta promesse de campagne d’investir 100 millions de dollars par an dans la protection des forets tropicales.

9) Réduire de 86% le programme communautaire d’accès aux soins, qui organisait la coopération des hôpitaux publics, des cliniques privées et autres prestataires pour venir en aide aux malades dépourvus d’assurance médicale.

10) Réduire à néant une proposition visant à accroître l’accès du public aux informations sur les conséquences potentielles des accidents chimiques industriels.

11) Réduire de 60 millions de dollars le programme de logements sociaux de la fondation d’aide à l’enfance.

12) Refuser de signer l’accord de Kyoto sur l’effet de serre, contre la volonté de 178 pays.

13) Rejeter un accord international ayant pour but l’application du traité de 1972 bannissant les armements micro biologiques.

14) Réduire de 200 millions de dollars le budget des programmes de formation des travailleurs au chômage.

15) Réduire de 200 millions de dollars le Fonds pour l’enfance et le développement, un programme qui permet aux famille à bas revenus de faire garder leurs enfants pendant es heures de travail.

16) Éliminer la couverture des contraceptifs prescrits médicalement pour les fonctionnaires de l’administration fédérale (alors que le Viagra est encore couvert).

17) Réduire de 700 millions de dollars le budget de réhabilitation des logements sociaux.

18) Réduire d’un demi milliard de dollars le budget de l’EPA (agence de protection de l’environnement).

19) Abolir les directives concernant les règles d’hygiène et de sécurité sur les lieux de travail.

20) Renier ta promesse de campagne de réguler les émissions de dioxyde de carbone qui contribuent fortement à l’effet de serre.

21) Interdire l’attribution d’aides d’origine fédérale aux organisations internationales de planning familial qui fournissent des conseils ou des services en matière d’IVG, fussent-elles financées sur fond propres.

22) Nommer responsable en matière d’hygiène et de sécurité minières auprès du ministère du Travail un ancien dirigeant d’une entreprise minière, Dan Laurier.

23) Nommer sous secrétaire au ministère de l’Intérieur Lynn Scarlett, un fonctionnaire qui ne croit pas à l’effet de serre et qui s’oppose à l’introduction de règles plus contraignantes contre la pollution atmosphérique.

24) Approuver le projet controversé du ministère de l’Intérieur Gale Norton, qui consiste à mettre aux enchères des fonds marins proches de la côte est de la Floride aux fins d’exploitation pétrolifère et gazière.

25) Prévoir l’autorisation de forages pétroliers dans une aire protégée du Montana, la Lewis and Clark National Forest.

26) Menacer de fermer le Bureau de lutte contre le sida de la maison Blanche.

27) Décider de ne plus consulter l’Association américaine du barreau en matière de nomination des juges fédéraux.

28) Refuser toute aide financière aux étudiants condamnés pour des délits de toxicomanie mineurs(alors que les personnes condamnées pour assassinat ont toujours droit à ces aides).

29) Dégager seulement 3% du montant défini par les avocats du département de la justice pour le budget alloué aux poursuites de l’administration contre l’industrie du tabac.

30) Faire passer ton projet de baisse d’impôts qui profite, pour 43% au 1%des américains les plus fortunés.

31) Signer un décret qui rend beaucoup plus difficile aux américains disposant de revenus faibles ou moyens de se déclarer en faillite personnelle, même quand ils font face à des dépenses médicales exceptionnelles.

32) Nommer directeur du personnel de la Maison Blanche Kay Cole James, une adversaire de la discrimination positive en faveur des minorités.

33) Réduire de 15,7 millions de dollars le budget du programme contre la maltraitance des mineurs.

34) Proposer l’élimination du programme "Lire, c’est fondamental", qui permettait de distribuer gratuitement des livres aux enfants de familles pauvres.

35) Stimuler le développement d’armements "micro nucléaires" destinés à atteindre des cibles souterraines et ce en violation du traité d’interdiction des essais nucléaires.

36) Essayer d’éliminer une législation protégeant 24 millions d’hectares de forêts contre toute fore d’exploitation forestière et contre la construction de routes.

37) Nommer responsable du contrôle des armements et des questions de sécurité internationale John Bolton, adversaire des traités de non-prolifération et hostile à l’ONU.

38) Nommer une dirigeante de Monsanto, Linda Fisher, comme administratrice adjointe de l’Agence de protection de l’environnement.

39) Nommer à un poste de juge fédéral Michael McConnel, dont on connaît bien l’opposition à la séparation de l’Église et de État

40) Nommer à un poste de juge fédéral Terrence Boyle, adversaire des droits civiques.

41) Éliminer la date butoir de 2004 accordée aux constructeurs d’automobiles pour développer des prototypes de véhicules plus économes en carburant.

42) Nommer à la tête du programme gouvernemental de lutte contre la drogue John Walterss, adversaire du traitement des toxicomanes incarcérés.

43) Nommer secrétaire adjoint à l’intérieur J.Steven Giles, bien connu pour son travail au service des lobbies du charbon et du pétrole.

44) Nommer responsable pour l’eau et la recherche scientifique auprès du ministère Bennet Raley, adversaire de la législation en faveur de la protection des espèces menacées.

45) Faire pression pour bloquer les poursuites engagées contre le Japon par les femmes asiatiques ayant servi d’esclaves sexuelles aux troupes japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale.

46) Nommer conseiller juridique de la maison Blanche Ted Olson, ton principal avocat dans la controverse juridique sur la légalité du scrutin en Floride.

47) Proposer d’améliorer la procédure d’autorisation de la construction de barrages et de centrales nucléaires, y compris en affaiblissant les critères de protection de l’environnement.

48) Proposer la vente de zones de forage gazier et pétrolier dans les aires protégées de l’Alaska.
Et maintenant, tu veux te lancer dans une guerre dont tu ne mesures pas les conséquences à venir. Je crois, cher Georges, que la France devrait faire voter par l’ONU l’envoi de casques bleus aux USA car visiblement, tu es en train de faire ce qu’aucun de tes prédécesseurs n’avait oser faire à ton peuple.....ET PAR VOIE DE CONSÉQUENCE A NOUS.

Alors, cesse de faire joujou avec tes soldats et de traiter Saddam Hussein comme un ennemi car visiblement tu lui ressembles.
Allez Georges, rentre chez toi et arrête de faire peur à mon fils avec tes bruits de bottes.
Michael Moore est un réalisateur américain. Extraits de "Mike
contre-attaque", édition La Découverte, Paris 2000. Ce pamphlet anti
Bush vient d’être élu "livre de l’année" en Grande Bretagne.

Voici une liste des pays qui ont été bombardés par les Etats-Unis d’Amérique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, dressée par l’historien William Blum :

Chine 1945-46

Corée 1950-53

Chine 1950-53

Guatemala 1954

Indonésie 1958

Cuba 1959-60

Guatemala 1960

Congo 1964

Pérou 1965

Laos 1964-73

Vietnam 1961-73

Cambodge 1969-70

Guatemala 1967-69

Grenade 1983

Libye 1986

El Salvador 1980s

Nicaragua 1980s

Panama 1989

Irak 1991-99

Soudan 1998

Afghanistan 1998

Yougoslavie 1999

Afghanistan 2001

Dans combien d’entre eux ces bombardements ont-ils fait directement émerger un gouvernement démocratique, respectueux des Droits de l’Homme ?

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