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Rassemblement devant l’Ambassade d’Argentine

jeudi 24 avril 2003

A la communauté argentine en France, aux travailleurs et au peuple français, à la communauté internationale. Aujourd’hui, plus que jamais, la solidarité avec les luttes du peuple argentin s’impose.
BRUKMAN campe dans Buenos Aires jusqu’à la restitution de l’usine aux travailleurs.

Analyse sur les élections présidentielles et sur les partis de gauche.

Attaque contre les travailleurs DE BRUKMAN

SAMEDI 19 AVRIL, les travailleurs de l’usine textile Brukman ont été expulsés brutalement par un dispositif policier d’une ampleur sans précédent : 300 policiers sont arrivés « incognito » à deux heures du matin le vendredi « saint » en autobus de lignes « régulières » et en taxi et ont pris possession de l’usine après
avoir expulsé les quelques travailleurs qui assuraient la garde.

Le contrôle ouvrier de la production de Brukman est un exemple pour les travailleurs du monde entier. Il fait la preuve que les mouvements de lutte peuvent se transformer en pratiques révolutionnaires.
Il apporte une réponse concrete au chômage organisé par les propriétaires qui, comme dans le cas de Brukman ont vidé volontairement toutes les richesses de l’entreprise et ont tout abandonné avec la complicité de l’état qui a laissé faire.
Depuis le 18 décembre 2001, 53 travailleurs, dans des conditions d’extrême difficulté ont relancé la production et permis un payement minimum de salaires.

LUNDI 21 AVRIL, en réaction à l’expulsion des travailleurs de Brukman, un rassemblement de 7.000 personnes est venu apporter son soutien à cette lutte exemplaire. La police argentine a brutalement réprimé les manifestants avec des tirs de balles en caoutchouc et des jets de grenades lacrymogènes. Des photos de
policiers montrent qu’ils disposaient de balles en
acier et certains d’entre eux en auraient fait usage. Il y a eu lors de cet assaut une vingtaine de blessés. Plus de cent personnes ont été interpellées, des mineurs ainsi que le candidat de la gauche unie à la vice-présidence, Marcelo Parrilli. Des manifestants ont tenté d’échapper à la police tout autour de l’usine en se réfugiant dans un hôpital pour enfants et dans le
département de psychologie de l’Université de Buenos Aires.

L’expulsion de Brukman s’inscrit dans une politique de plus en plus répressive du gouvernement des mouvements sociaux.
Des attaques ont eu lieu contre les locaux occupés par les assemblées populaires, contre l’usine sous contrôle ouvrier Zanon, contre les locaux du centre de presse alternatif et indépendant Indymedia. Des militants piqueteros et des membres d’assemblées populaires ont été séquestrés sauvagement.
A quelques jours des éléctions présidentielles, le gouvernement fait de la surenchère pour rivaliser avec le candidat Menem qui a déclaré qu’il ferait appel à l’armée pour réduire au silence tous ces mouvements de luttes populaires. Le gouvernement veut également montrer au FMI que son candidat sera capable d’appliquer une politique de fermeté.

Nous appelons la communauté internationale à apporter son soutien :

1. Face à cette situation, CALPA dénonce l’expulsion des travailleurs de
Brukman, exige leur libre accès à cet instrument de
travail qu’ils ont légitimement récupéré après la fuite des propriétaires.

2. Alerte contre les menaces persistantes à l’égard des organisations et des
militants en lutte

3 Pour la liberté immédiate des 4 dirigeants piqueteros à SALTA

4 Pour la défense de toutes les usines occupées et avec une production sous
contrôle ouvrier : Attaquer Une, c’est, nous
attaquer tous.

Nous appelons la communauté argentine en France, les travailleurs français,
les associations, les syndicats et les partis
politiques, les intellectuels, les étudiants à exprimer leur solidarité avec
les travailleurs

prensabrukman2@yahoo.com.ar

presidencia@presidencia.net.ar

secretariaprivada@mininterior.gov.ar

CALPA


Les Brukman campent au coeur de Buenos Aires

LA TENTE DE LA RESISTANCE DES OUVRIERES DE BRUKMAN RESTERA JUSQU’A LA RECUPERATION DE LA FABRIQUE

par Agence de Nouvelles RedAcción (ANRed) • Mardi 22 Avril 2003 • redaccion@anred.org

Buenos Aires, 22 avril - (ANRed) - "Nous ne sommes pas disposés à rentrer chez nous sans rien, nos armes sont les ciseaux, les aiguilles et solidarité les gens. Pour cela, nous allons faire un campement jusqu’à ce qu’ils nous rendent la fabrique" a affirmé Celia Martínez, délégée de Brukman, face à plus de 7 milles personnes qui chantaient : "Aquí están, éstas son, las obreras sin patrón" (Ici sont, ce sont-elles, les ouvrières sans patron"). Après avoir annoncé la réalisation d’un festival artistique pour vendredi, les travailleurs ont commencé à installer la "tente de la résistance" dans l’intersection des avenues Belgrano et Jujuy (à 10 blocs du Congrès national).

Quand fut terminée la marche depuis la place Once, entourée par un impressionant déploiement policier, les travailleurs de Brukman accompagnés par plus de 7 000 personnes arrivèrent au périmètre de sécurité policier, à un bloc et demi de la fabrique textile. Là, ils réalisèrent une conférence de presse où ils répudièrent la répression policière de lundi et responsabilisèrent les autorités nationales et la municipalité de Buenos Aires. "Nous sommes plus confortés que jamais, nous allons continuer à nous battre pour les postes de travail jusqu’aux ultimes conséquences.

Le gouvernement national et de la ville de Buenos Aires sont les responsables de cette situation. Ils ont voulu négocier avec le doigt sur la gachette" signala Yuri, membre de la commission interne de Brukman. A la fin de la conférence de presse, autour de 1000 personnes accompagnèrent l’installation d’une grande tente à dix mètres des barrières policières, dans laquelle les ouvriers resteront en permanence jusqu’à la récupération de Brukman. Les travailleurs affirmèrent qu’ils n’étaient pas disposés à refuser le dialogue mais, au préalable, ils exigent le retrait de la police de la fabrique. "Nous n’avons pas pris la fabrique, ce sont les patrons qui l’ont abandonnée. Maintenant le patron nous concidère comme des ouvrières dangereuses parce que nous savons faire fonctionner la fabrique" a dit Celia, une des travailleuses de Brukman. Le plan de lutte qui a commencé cette nuit avec le montage de la "tente de la résistance" continuera vendredi avec la réalisation d’un festival dont l’objet sera de générer un plus grand consensus et une plus grande unité entre les divers secteurs sociaux en lutte. "Nous avons laissé notre sang dans cette fabrique, pour cela ces femmes se sont battues. Nous convonquons toutes les organisations du pays à des blocages de routes et à des grèves pour appuyer cette lutte. Ils ont pris le pain de nos enfants et nous sommes disposés à le reprendre" a proclamé Alicia, travailleuse de Brukman.


OPINION paru dans Pagina 12
Votar por las obreras de Brukman

Por Osvaldo Bayer
La Argentina es un desfile interminable de inmoralidades. No lo decimos por autocastigarnos ni para conformarnos. Es así y tal vez querramos que sea así. Si no no sería explicable el renacimiento de figuras atravesadas por todos los procedimientos mafiosos y las inconductas de sus vidas diarias.

Resulta ridículo hasta el extremo que figuras de los medios en expresiones cuasihistéricas nos griten : "¡Hay que votar, hay que votar para que gane la democracia. El que no vota llama a la dictadura !". Votar, me dice un anciano contertulio de la placita Alberdi de Belgrano, significa reconocer el valor de los candidatos. Me pregunto : ¿Quién eligió a los candidatos ? ¿De dónde salieron ? ¿Los eligió la organización mafiosa de los partidos ? ¿Por qué tres candidatos de un solo partido ? ¿Quieren quedarse con todo ?

El que vota respalda a la mafia. El que no vota propone que se le venga toda la estantería abajo a la mafia que sufrimos desde hace 87 años. Imagínese el lector que el domingo no fuera nadie a meter el papelito en las urnas. A la mafia le agarraría pavor. Que ya su última invención de tres candidatos por cada uno de los dos partidos políticos reinantes en la degradada democracia argentina, les fracase.

Los tres peronistas, del medio a la derecha ; el radical, también con tres candidatos pero más disimulados : con el burócrata bonaerense acostumbrado, un neoliberal populista, y una señora que amenaza con la izquierda y apacigua con la derecha y nombra como vice a un demócrata-conservador mendocino para parar a los asustados. Y los partidos chicos justificando el panorama con tal de figurar y obtener una butaquita en el Congreso o en la Municipalidad. ¿Qué diría Antonio Gramsci viendo a los candidatos marxistas entrelazando las manos para que López Murphy ponga en ellas su pata pintada de oro, o Menem se siente y se estire en la cunita de oro ?

Mientras el gobierno peronista recurre a la represión más cobarde y vergonzosa. Lo cometido en Brukman no tiene ninguna explicación. Fue un cuadro de la bestialidad de los que tienen el poder y lo usan desde las cartucheras y el Plan Trabajar. El jefe policial del operativo de la mafia rosadense, de civil, ordenando los balazos de goma y de plomo, y gritándoles a los periodistas mientras enarbolaba una botella de plástico de Coca-Cola con orina : "Tienen bombas molotov, nos atacan con bombas molotov, se los dije a los diputados izquierdistas y me llamaron mentiroso". Estaba como posesionado y repetía lo de los "diputados izquierdistas", una lección bien aprendida : hay que saber discernir, no hay diputados representantes de la nación sino diputados amigos y diputados "izquierdistas". El comisario Roncatti que corría la escena televisiva como un adolescente drogado, mostrando el envase con orina : "Nos atacaron con molotovs". Mientras sus fuerzas dirigían sus caños a los vientres de las queridas obreras de Brukman, esas Hijas del Pueblo, que no pedían limosna ni asaltaban un supermercado ni les pegaban a los mercenarios de la goma y el gas, sino que querían entrar a trabajar. Los molotovs del comisario Roncatti, una hermoso tema teatral para definir a la Argentina de Duhalde y al trágico final del peronismo, ese final patético que comenzó cuando Perón prefirió a López Rega en vez de Cooke y Walsh. Tragedia griega donde se destila toda la verdad aquella cuando en 1946 el 1º de mayo se ordenó a cantar : "Hoy es la fiesta del trabajo, unidos por el amor de Dios" en vez del heroico : "Hijos del pueblo, te oprimen cadenas..."

El peronismo de López Rega, de Duhalde, del comisario Roncatti. Pero las obreras de Brukman y sus máquinas de coser, y el pan para sus hijos, y su conciencia solidaria. Mujeres bien argentinas. Pero la señora Camaño, ministra de Trabajo, haciendo hincapié en la Justicia : "Haremos lo que diga la Justicia", idioma del peronismo de 2003. ¿Qué Justicia ? Justo los jueces que intervinieron en el vergonzoso orden de desalojo fueron jueces que actuaron durante la dictadura de la desaparición de personas. Abel Bonorino Peró y José Manuel Piombo. Sí, esos que rechazaban los hábeascorpus de las desesperadas madres ante sus hijos desaparecidos. Los mismos jueces le dan razón al ex patrón, a Brukman que se fue debiendo hasta el jornal de los obreros, a ése le dieron la razón los jueces que heredamos por la acción del radicalismo. Quedaron todos, Alfonsín no limpió nada, dejó a los militares, a los policías y a los jueces del holocausto argentino. Modificó todo para no cambiar absolutamente nada. Un maestro del radicalismo. Moreau, para mantener la democracia. Fueron los mismos de la obediencia debida y de la masacre de la Semana Trágica. Duhalde y Alfonsín, los artífices que detuvieron al pueblo que el 20 de diciembre inició el camino hacia la dignidad. Pero lo pararon. Y ahora podemos elegir entre Menem, Duhalde (Kirchner), López Murphy y el caudillo de 1870 Rodríguez Saá, la copia de Pancho Saá (alias "Lanza Seca").

Todos presentables ante el FMI.

La ministra peronista Camaño de Barrionuevo cree en esta justicia. De ella nos habló el general golpista Uriburu, de la época del treinta, cuando fusiló a obreros, y de ella nos habló Videla cuando defendió sus crímenes para apoyar a la Justicia y la defensa de la propiedad. Creemos que ni George W. Bush ni el mismo Hitler hubieran sido tan explícitos en el valor metafísico del dinero y la propiedad, contra el trabajo y el derecho al pan. Pero nuestras autoridades presididas por el peronista Duhalde, sí. Y para defender eso que llaman "propiedad" realizan una de las más cobardes represiones de la historia obrera argentina.

Comisario Roncatti, con una botella de plástico con orina : balazo al cuerpo y gas a los ojos. Occidental y cristiano. Hombre de confianza de Duhalde (no de Cooke ni de Walsh). Argentinos : por eso votamos ahora, por los intereses económicos sobre la vida y la integridad física.

Esta noche marcharé con la asamblea del barrio a Cabildo y Juramento donde haremos carnaval. Haremos desfilar a todos los candidatos y su cohorte, habrá murgas, disfraces y mucha alegría nacida en la ironía popular. Y yo diré un discurso donde diré : "Por todo esto, mañana iré a votar, sí, pero frente a la fábrica Brukman, y votaré por las heroicas Hijas del Pueblo, por las obreras, que nos han enseñado lo que es el coraje civil. Y después de votarlas les daré a cada una un beso en la frente". A pesar de que me va a estar mirando el comisario Roncatti con una botella con orina en la mano y atrás sus mercenarios uniformados, que dirán que lo hacen por Dios, Patria y Hogar, mientras las heroínas de delantal azul de las máquinas de coser lo hacen por Trabajo, Solidaridad y Dignidad.