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Pétition contre les agressions envers les journalistes de la presse indépendante

mercredi 18 juin 2003

Ce 9 juin 2003, la police a à nouveau réprimé les travailleuses de Brukman. Lors des incidents, l’un des photographes de Indymedia Argentine Alejandro Goldín a été durement frappé par différents membres de la police fédérale . Alejandro a été frappé une première fois avec un fusil lanceur de ga lacrimogène et une fois au sol, roués de coups de pied et frappé durement par différents membres des forces de l’ordre, qui ont à plusieurs reprises tentés de rompre son appareil photo. Le photographe avait sa carte de presse à la main et depuis plusieurs heures, il photographiait autour de l’usine Brukman, étant particulièrement identifiable.

Nous, signataires de la présente pétition, dénonçons que cette nouvelle agression qui ne constitue pas un fait isolé, sinon qu’elle représente un échelon supplémentaire dans une longue suite d’incidents envers les travailleurs de la presse, et particulièrement envers les travailleurs des médias indépendants. C’est la troisième fois en moins d’une année que des correspondants d’Indymedia Argentine sont victimes des forces de l’ordre. La première agression a eu lieu le 26 octobre, lorsque deux photographes ont été visés au visage et au corps par des balles en caoutchouc par des policiers appartenant au Commissariat 6. La seconde agression s’est produite en face de l’usine Brukman où deux membres d’Indymedia en sont ressortis blessés, l’un par une balle en caoutchouc sur le front et l’autre par des coups sur tout le corps.

Dans le cas de ces deux agressions aux portes de l’usine Brukman, le commissaire inspecteur de la Police Fédérale Carlos Alberto Roncati était en charge du dispositif policier fédérale, avec l’assistance du commissaire Mario Bravo du commissariat 8. Le commissaire Roncati a ouvertement reconnu la répression soufferte par les travailleurs de la presse en déclarant à la télévision sur un ton méprisant qu’ « avec vous c’est toujours la même chose. S’il y a eu un journaliste blessé, je le regrette ». Ce jour-là, plusieurs travailleurs de la presse ont en effet été blessés ou ont été arrêtés. Quelques semaines auparavant, le 28 mars, le même commissaire était également sur le front d’une autre répression, survenue lors d’une manifestation devant le Palais de Justice, où le journaliste de Canal 11 fut gravement blessé. Cette fois-là, le commissaire tenta de justifier sa fureur particulière envers les travailleurs de la presse, en affirmant haut et fort que ceux qui le frappaient étaient les mêmes qui l’interviewait.

Il est interpellant de constater que les agressions envers la presse se répète au même endroit, devant l’usine Brukman, dans le cadre d’un conflit social dont les protagonistes sont des ouvrières textiles qui veulent maintenir leur source d’emploi et où la police a déjà gagné un triste rôle dans de multiples faits de répression. L’agression systématique aux médias indépendants, le rôle du commissaire Roncatti, et la répétition de tels actes devant l’usine Brukman, nous amènent à supposer que la liberté d’information est menacée et qui nous laisse supposer une tentative d’intimider la presse en générale et plus spécifiquement la presse alternative.

Les signataires ci présents, nous appelons l’opinion publique tant nationale qu’internationale à soutenir nos revendications :
La mise en lumière des responsabilités et la condamnation des responsables des faits survenus le 9 juin qui ont été abondamment couverts (il existe de nombreuses preuves photographiques et vidéos qui sont entre les mains de la justice).
Le retrait du commissaire Roncati de quelque opération policière liée avec des manifestations sociales, et plus particulièrement dans le cadre du conflit de Brukman, jusqu’à ce que soit mise en lumière et jugée sa responsabilité dans les faits de la répression illégale des manifestants et travailleurs de la presse. Une telle demande a déjà été introduite auparavant par le Centre des Etudes Légales et Sociales (CELS) et par l’organisation Pouvoir Citoyen auprès Ministre de l’Intérieur du gouvernement précédent.
De pleines garanties pour accomplir la tâche d’informer tant pour les travailleurs de la presse et en particulier les travailleurs des médias indépendants.