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Impunité financière : les exigences du FMI, du G7 et de l’Union Européenne

mercredi 8 mai 2002

Le 9 mai 2002, le parlement argentin a voté par 180 voix contre 47 la modification de la loi des faillites.

Parmi les exigences du FMI, du G7 et de l’Union Européenne via les déclarations répétées de Aznar, son président en exercice, figurent la réforme de la loi des faillites et l’abrogation de la loi de subversion économique.

Paradoxe : le FMI et le G7 exigent que les gouvernements garantissent les droits des entreprises, mais ils refusaient la loi des faillites, dans sa forme antérieure au 9 mai, qui limitaient l’appropriation des actifs des entreprises en faillite par leurs créanciers.
Ils veulent mettre la main sur les terres de la pampa humide, des forêts du Rio Negro, Chubut, Neuquen, Santa Cruz.
Les droits des travailleurs qui autogèrent les entreprises en liquidation comme Brukman ne sont pas même pas évoqués dans la nouvelle mouture de la loi.

Autre paradoxe : la loi de subversion économique a été promulguée en 1974 par le gouvernement d’Isabel Peron pour combattre les structures financières des organisations armées et condamner les transactions considérées comme dangereuses pour l’économie du pays. Elle a été appliquée dernièrement par des juges qui enquêtent sur des cas de blanchiment et de fuites illégales de capitaux.

Aujourd’hui, le FMI et le G7 craignent que cette loi soit utilisée pour condamner les agissements des responsables de multinationales qui ont fomenté la débâcle économique actuelle.

Le 9 mai, la remise en cause de cette loi sur la subversion économique a fait l’objet d’un débat violent au sénat qui a finalement voté pour son abrogation.
Pour qu’elle soit définitivement supprimée et retirée de l’arsenal juridique à la disposition des juges argentins, elle doit maintenant faire l’objet d’un vote de la chambre des députés.

Le FMI et le G7 veulent donc des lois économiques sur mesure qui préservent les intérêts des multinationales et organisent la poursuite du pillage.

Toutes ces pressions veulent aboutir à une impunité économique pour les multinationales et leurs complices responsables de la faillite de l’Argentine.

Plus que jamais, il faut lancer le débat sur l’instauration de tribunaux internationaux qui puissent juger les crimes économiques et qualifier les pillages organisés de génocide économique.

Les Etats Unis veulent profiter de leur position dominante dans le monde pour placer leur pays au-dessus des lois internationales.
Autre exemple du statut de Nation privilégiée qu’ils cherchent à imposer au monde : les Etats Unis ont annoncé le 8 mai qu’ils se retiraient de la Cour Pénale Internationale pour délégitimer une instance qui pourrait être conduite à juger des militaires américains déployés à l’étranger.