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Le mouvement social et les coopératives prennent en charge la santé publique à Cordoba

mercredi 3 septembre 2003

Le mouvement social et les coopératives prennent en charge la santé publique à Cordoba
Au moment où le système de santé argentin est en plein délabrement, une équipe de 34 travailleurs a créé une coopérative de santé dans la clinique Junin de Cordoba qui avait été "vidé" par ses anciens propriétaires.
Depuis le 14 juin 2002, les patients sont recus dans la clinique- coopérative, avec au debut 400 consultations par mois dans toutes les spécialités pour arriver à 1800 le mois dernier.

Un médecin, le docteur Patricia Torti spécialiste en thérapie intensive fait partie des 34 salariés de la clinique. Une fois les frais payés, ils percoivent chacun, suivant les mois entre 150 et 200 pesos (50 a 65 euros). Des aides de l’état versées à certains salariés sont aussi partagées entre les 34 pour arriver parfois à 300 pesos (100 euros).

Les 40 autres médecins, dont seulement 40 % travaillaient dans la clinique avant la création de la coopérative, donnent des consultations avec leur propre matériel et percoivent un petit pourcentage des versements des patients.

Les familles peuvent prendre un abonnement de 10 pesos (3,5 euros) par mois sans limite de consultations ou alors payer 2 pesos par consultation pour les plus démunis et 4 pesos pour les autres. Alors que l’hopital public fait payer entre 6 et 8 pesos sans remboursement de la sécurité sociale.

Cette pratique emblématique de la coopérative Junin fonctionne grâce à une mobilisation et un engagement socio politique des médecins et des personnels de santé qui participent rarement à ce type d’expèrience.
La coopérative est dotée d’un conseil d’administration, mais toutes les décisions sont prises en assemblée genérale hebdomadaire avec la présence de tous les salariés.

Parmi les travailleurs, figurent des représentants des différents partis politiques de gauche, mais le syndicat des personnels de santé (ATSA) proche des péronistes du gouvernement de la province ne soutient pas cette lutte.

En décembre 2002, la coopérative, pour péreniser son activité a déposé au Parlement un projet d’expropriation du batiment, avec le soutien d’Izquierda Unida, du Polo Obrero et du PST.
Le gouverneur péroniste De la Sota reélu en août 2003 a bloqué systèmatiquement la mise au vote au parlement de ce projet, de crainte que des expériences d’autogestion se multiplient dans "sa" province. Il a "réussi" à faire capoter le projet de coopérative de l’Institut Halac de néo natologie "vidé" aussi par ses anciens propriétaires.

Les travailleurs de la coopérative de santé Junin appellent tous ceux qui soutiennent leur lutte à signer une pétition demandant que le Parlement de la Province vote le projet de loi d’expropriation.
Calpa lance une campagne de signatures massives de cette pétition en soutien á la coopérative de santé Junin