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Petition adressée au Président Kirchner

Lettre à l’ambassadeur pour la pétition adressée au Président Kirchner

dimanche 14 novembre 2004

Nous faisons appel à vous pour transmettre au pouvoir exécutif national le soutien de CALPA - Coordination de Solidarité avec les luttes du peuple argentin aux revendications et à la mobilisation qui se développent dans notre pays :

- Assez de répression

- Pour la liberté des prisonniers politiques et syndicaux

- Pour la suspension des inculpations juridiques contre plus de 4.000 personnes

Nous voulons en particulier insister sur l’exigence de libération immédiate des prisonniers politiques et syndicaux des prisons argentines.

Calpa fait signer une pétition de soutien depuis le mois de septembre et nous vous remettons les premières centaines de signatures. France Amérique Latine, en coordination avec CALPA a lancé une campagne similaire. Elle a déjà fait parvenir les signatures à l’Ambassade. Les deux associations continueront cette campagne dans le futur.

Le gouvernement national a lancé depuis plusieurs mois des actions de répression contre le mouvement piquetero. Elles se sont succédées contre les organisations piqueteras, le mouvement ouvrier en général, les paysans, la population. « Je veux les voir en prison », a déclaré le Ministre de l’intérieur.
Nous pouvons mentionner la répression devant le Parlement de la ville de Buenos Aires, la répression de la Place de Mai du 31 Aout, la répression de Caleta Olivia, la répression contre le Mocase à Santiago del Estero et beaucoup d’autres.

Cette opération répressive se développe dans le cadre d’une politique de criminalisation des luttes sociales et d’une politique sociale et économique réactionnaire du gouvernement Kirchner. Ce n’est pas un hasard qu’elle coincide avec la volonté de suspendre les plans d’aide sociale (type RMI), d’expulser une usine occupée comme Zanon, de se soumettre aux exigences de l’impérialisme américain - envoi de troupes à Haiti et d’autres actions similaires. Le gouvernement essaye d’empêcher les rassemblements populaires dans la rue. Avec toute légitimité, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), à travers la ligue argentine dénonce les faits qui montrent « une augmentation considérable de la criminalisation des luttes sociales en Argentine ».

Cette orientation du gouvernement, des forces de répression et de la Justice, a provoque une mobilisation populaire dans le pays que nous soutenons. Le 16 octobre, une importante manifestation s’est tenue à Buenos Aires, avec plusieurs dizaines de milliers de participants et un document a été lu sur la Place de Mai qui dénonce que le gouvernement Kirchner « s’est engagé violemment dans une escalade répressive contre le mouvement populaire ». Il offre des sécurités juridiques pour le FMI, les banques, la Repsol, et les Technint. Ce processus répressif se développe sur la volonté du gouvernement et de ses forces de sécurité, avec une justice corrompue et avec les lois répressives. Alors que l’impunité bénéficie toujours aux assassins de Maximiliano Kosteki y Darío Santillán et aux responsables politiques, à ceux qui ont posé la bombe de la place de Mai et aux responsables des 1500 cas recensés de « bavures policières ». La lutte, la mobilisation et l’organisation de coordinations unitaires de tous les secteurs ouvriers et populaires sont les réponses adaptées à faire aujourd’hui pour sortir nos prisonniers de la prison. LIBERTE IMMEDIATE DE TOUS LES PRISONNIERS, c’est le mot d’ordre central de la lutte actuelle pour les plus élémentaires droits démocratiques. Nous partageons pleinement cette position.

Aujourd’hui, se tiendra à Buenos Aires une nouvelle mobilisation en appui au projet de loi qui doit « annuler les actions pénales et les peines infligées pour des actions réalisées dans un but de revendication sociale, économique et syndicale de 1991 à aujourd’hui ». CALPA soutient cette revendication.
En ce moment, plusieurs militantes détenues à Caleta Olivia font une grève de la faim en protestation contre leurs conditions de détention. Le 20 novembre, une manifestation se déroulera à Caleta Olivia pour la liberté de tous les prisonniers. Ce qui arrive dans la province du président Kirchner illustre tristement la situation. Nous soutenons les militants et militantes de Caleta Olivia et leur action exemplaire.

Nous attirons aussi l’attention sur les arrestations et les perquisitions faites au Mocase à Santiago del Estero. Une lettre d’Adolfo Perez Esquivel au Ministre de l’Intérieur dénonce ces arrestations et la pénalisation des luttees sociales.

La libération immédiate des prisonniers politiques est notre revendication centrale. La politique répressive doit cesser et les inculpations de milliers d’argentins doivent être annulées.

Nous renouvelons, Monsieur l’Ambassadeur notre demande que vous transmettiez cette revendication à Monsieur le Président de la République.

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