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Triomphe populaire : La Police de Buenos Aires désaisie de l’enquête sur la disparition de Julio Lopez

jeudi 24 avril 2008, par CALPA

Triomphe du peuple : sous la pression de centaines de signatures qui réclamaient l’éviction des juges liés à la police, la police provinciale a été désaisie de l’enquête sur la disparition de Julio Lopez et elle a été requalifiée en « Disparition forcée » comme le réclamait Justicia Ya ! depuis plus d’un an.

Depuis la disparition de Julio Lopez, les organismes de défense des droits de l’Homme réunis derrière Justicia Ya ! soutiennent que la Police de Buenos Aires était impliquée dans la disparition et qu’il s’agissait d’une disparition forcée.

Un triomphe important, oui, mais la mobilisation doit se poursuivre.
Julio Lopez n’est pas réaaparu en vie, les responsables de son enlèvement sont toujours impunis et nous continuerons à refuser que des juges liés à la police interviennent sur des causes impliquant des crimes de génocide et encore moins sur l’enquête sur la disparition de notre compagnon Julio Lopez

Nous exigeons du gouvernement la réapparition immédiate en vie de Julio Lopez

Assez d’impunité et de complicité
Jugement et chatiment pour les responsables de l’enlevement et de la disparition de Julio Lopez

La Plata, 17 de abril de 2008

Asociacion de Ex Detenidos-Desaparecidos ; Central de Trabajadores
Argentinos (CTA) La Plata-Ensenada ; Centro de Abogados por los
Derechos Humanos (CADHU) ; Centro por los Derechos Humanos Hermanos
Zaragoza ; Centro de Profesionales por los Derechos Humanos
(CeProDH) ; Comiton de Accion Juridica (CAJ) ; Familiares de
Desaparecidos, La Plata ; Fundacion Investigacion y Defensa Legal
Argentina (FIDELA) ; HIJOS La Plata ; Liberpueblo ; Liga Argentina por
los Derechos del Hombre (LADH) ; Union por los Derechos Humanos, La
Plata.

La "disparition" de Jorge Julio Lopez, témoin capital dans le procès qui a condamné un ancien tortionnaire de la dictature argentine suscité un fort émoi en Argentine. Cette disparition a provoqué l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, qui ont réclamé au gouvernement argentin qu’il mette tout en oeuvre pour retrouver le vieil homme.

Jorge Julio Lopez, un maçon âgé de 77 ans, a quitté le 18 septembre son domicile près de La Plata (60 km au sud de Buenos Aires) et sa famille est sans nouvelle de lui depuis cette date. Le lendemain, Miguel Etchecolatz, ancien chef policier pendant la dictature, était condamné à la prison à vie après un procès au cours duquel le témoignage de M. Lopez a été jugé capital.

"Etchecolatz est un des assassins les plus emblématiques du régime génocidaire et c’est la raison pour laquelle Lopez a pu être enlevé pour intimider les futurs témoins ou pour empêcher sa participation à d’autres procès", a encore déclaré M. Sola. Une possibilité qu’Amnesty International n’a pas non plus écarté, en réclamant du gouvernement argentin qu’il protège les personnes appelés à temoigner dans d’autres procès de militaires ou policiers accusés de violations des droits de l’homme pendant la dictature.

Au cours du procès, Jorge Julio Lopez avait raconté devant le tribunal comment il avait été enlevé en 1976 et torturé dans trois des 21 centres clandestins de détention placés sous l’autorité d’Etchecolatz. Il avait alors affirmé que l’ancien policier était parfois présent lors de ces séances de torture, donnant lui-même des ordres.

Le gouvernement du président argentin Nestor Kirchner, qui a beaucoup fait pour ramener devant les tribunaux les tortionnaires de la dictature, s’est dit très préoccupé par cette disparition et a offert 200.000 pesos (50.000 euros) de récompense à quiconque pourrait apporter des informations sur le sort de M. Lopez.

La dirigeante de l’Association des ex-détenus disparus pour raisons politiques, Adriana Calvo estime ainsi que le vieux maçon a été enlevé par la police de la province de Buenos Aires, distante de la capitale argentine mais la plus peuplée du pays. Une grande manifestation doit avoir lieu ce mercredi à Buenos Aires pour dire "Non à l’impunité et au retour des méthodes de la dictature".