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ONU : session avec Estela Carlotto

jeudi 16 mai 2002

carloto7Estela Carlotto, présidente des Grands-mères de la Place de Mai et du Comité Argentin du Suivi et de l’Application de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CASACIDN), était une des rares représentantes non officielles de l’Argentine qui a participé à la réunion des ONG parallèle à la Session Spéciale de l’ONU en faveur de la Petite enfance la semaine dernière.

J : ¨Quel est votre avis sur la position de l’Argentine à l’Assemblée Générale de l’ONU ?

EC : Le contenu du discours de Norberto Liwsky (Président du Conseil National de l’Enfance, l’Adolescence et la Famille qui a dirigé la délégation officielle) n’est pas mal, il est assez réaliste, mais une chose sont les discours et une autre chose est la réalité qui est vécue dans notre pays : l’État argentin a incorporé à la constitution le CIDN et rien n’est fait.

J : ¨Quels sont les besoins les plus urgents des enfants argentins ?

EC : L’urgence numéro un est de donner des repas à nos enfants, et du travail aux parents. Nous avons présenté à travers le Front National d’Action Contre la Pauvreté (FRENAPO) un plan afin que l’État assiste les parents ou les mères de familles sans travail et jusqu’à maintenant cela n’a pas été effectué. On leur a fourni une somme d’argent insuffisante : il semble que nos gouvernants sont plus préoccupés à payer la dette externe.

NS : Il y a deux ans, pour le 10ème. anniversaire du CIDN en Argentine, nous avons organisé une semaine des droits de l’enfant et justement nous avons signalé que cet engagement n’était pas accompli et encore aujourd’hui nous maintenons cette exigence, aggravée par deux ans de plus.

J : Dans le cadre de ce sommet on a parlé de beaucoup de formes de violence contre la petite enfance, Croyez-vous que la violence qui implique le vol de l’identité a eu un espace suffisant ?

EC : Le droit de l’identité qui est inclut dans le CIDN – avec des articles argentins proposés par les Grands-mères - n’a même pas été évoqué. L’identité et le vol des enfants sont loin d’inquiéter certains pays parce que se sont des thèmes qui concernent les pays pauvres et les puissances, comme les Etats-Unis et l’Europe, en profitent puisqu’ils sont les principaux destinataires de ce trafic d’enfant.

J : Pour la première fois l’ONU a intégré des enfants à une Session Spéciale et a organisé un Forum pour eux, Croyez-vous que ces formes de participation directe des enfants soient bénéfiques pour la prise des décisions politiques qui les impliquent ?

EC : Nous nous opposons à ce que les enfants soient allés se défendre eux-mêmes : on leur a fait jouer un rôle pitoyable dans une société qui se lave la conscience à cette occasion, mais qui après ne contribue à rien. Beaucoup d’argent a été dépensé alors qu’on ne leur apporte pas une aide concrète.
Les enfants ont tout les droits marqués dans la Convention mais ils ne doivent pas résoudre eux-mêmes leurs problèmes : nous, les adultes, avons l’obligation de leur transmettre un monde auquel ils ont droit.

NS : A ce sommet était absents un contenu idéologique et de la force dans le traitement de quelques sujets. Il y avait quelques erreurs comme d’avoir amené des enfants de plusieurs coins du monde et que le sommet se soit tenu à 80% en langue anglaise. Et comme dans les ateliers il n’y avait aucune traduction, celui qui ne connaissait pas l’anglais (c’est le cas de la majorité des enfants des délégations latino-américaines) a dû deviner.

EC : De toutes façons, ces réunions sont très positives parce cela nous permet d’échanger et d’écouter d’autres personnes qui travaillent avec beaucoup de courage pour les droits de l’homme, comme Rigoberta Menchú (Prix Nobel de la Paix 1992), un véritable exemple pour tous. (Télam).