Accueil > Actualités > APPEL DES OUVRIERS DE L’USINE OCCUPEE ZANON

APPEL DES OUVRIERS DE L’USINE OCCUPEE ZANON

lundi 1er décembre 2008, par CALPA

Une nouvelle crise économique internationale commence à frapper le monde et l’Argentine.
Cette année, plus de 70.000 emplois ont été supprimés dans le pays, la plupart dans la construction. Mais cela a commencé à affecter toutes les branches de la production et des services. De nouveau, comme les années précédentes, les responsables de journaux annoncent des licenciements préventifs à cause de la crise.

D’un autre côté, les centrales syndicales font des déclarations, sans prendre aucune résolution. Elles ont même revu à la baisse leurs exigences salariales et sur les droits sociaux.

Les gouvernements national et provincial ont lancé des plans de sauvetage millionnaires pour les grands groupes privés.
Dans ce cadre de nouvelle crise économique, les ouvrières et les ouvriers de l’usine de céramiques autogérée Zanon (Usine sans Patron), après 7 ans de lutte ont réussi à imposer dans le calendrier provincial le débat sur l’expropriation des propriétaires de leurs usines à leur profit.

Quand la famille Zanon l’a fermé, en pleine crise de 2001, nous sommes les ouvriers qui avons remis en route la production pour defendre les 260 emplois. Nous avons affronté le boycott économique, les tentatives d’expulsion et de ventes aux enchères. Pendant ces années, grâce à nos luttes, les dénonciations que nous avons faites ont été reconnues juridiquement et la famille Zanon a été jugé pour vidage de l’entreprise, lockout patronal et dernièrement pour évasion fiscale. La justice nous a donné raison mais n’a pas proposé de solution.

Pour ces raisons, nous avons assumé la remise en marche de la production. Pendant toutes ces années, nous n’avons reçu aucun type d’aide des gouvernements. Ni crédits, ni subventions, rien. Avec nos efforts et avec l’appui de la communauté nous avons redressé l’entreprise et avons créé des emplois. Notre entreprise est la seule de la province de Neuquen qui a multiplié par deux les emplois directs et généré des milliers d’emplois indirects : carrières, transports par camions et camionnettes, fabrication de caisses d’emballage et fournitures de tous les matériaux de base.
Toutes ces années, nous avons travaillé en solidarité avec la communauté locale pour la construction d’un centre de santé, de logements, de versements mensuels aux écoles, hôpitaux, restaurants, garderies.

Notre projet de loi est simple, que l’entreprise soit expropriée et qu’elle devienne propriété de l’Etat. Nous ne voulons pas être entrepreneurs ni propriétaires. Que la production se mette au service d’un plan de travaux publics créant des logements, des écoles et des hôpitaux pour la communauté et que l’Etat garantisse les salaires et les outils de travail. Cette expropriation doit se faire sans versement d’indemnités parce que ni les travailleurs de Zanon, ni l’Etat ne doivent assumer la dette frauduleuse du groupe Zanon.

Le gouvernement et la majorité des députés considèrent que la propriété de l’usine doit nous revenir et que l’expropriation doit se faire en contrepartie d’indemnités. Comme toujours, nous sommes disposés à discuter des différentes possibilités mais toujours sur la base de la défense des intérêts des travailleurs et de la communauté. Notre projet est soutenu par des milliers de signature et rédigé avec l’université.

La crise économique frappe déjà l’Argentine. Les patrons licencient et suspendent leur production pour maintenir leurs profits, y compris les banques comme Citygroup et General motors. Les gouvernements versent des millions pour des sauvetages et des subventions de tous types.
Les ouvrières et les ouvriers de Zanon qui ont résisté à la crise de 2001 en occupant l’usine et en relançant la production et sauvé leurs emplois ne peuvent pas être rejetés à la rue de nouveau.
Encore plus dans ces temps de crise où les grands groupes recoivent des millions de dollars pour sauver leurs profits, les travailleurs doivent exiger du gouvernement les subventions et les garanties pour pouvoir travailler et protéger nos emplois.
Non pour nous enrichir comme eux, sinon pour produire sans payer des factures millionnaires de gaz et d’électricité que les grands groupes ne payent pas et pour protéger l’usine au service de la communauté.

La crise économique qu’ils font déjà payer aux travailleurs nous l’avons déjà connu une fois et nous sommes totalement conscients que les travailleurs ne sont pas responsables de la crise. A cause de cela, nous exigeons des gouvernements national et provincial les garanties qui protègent encore une fois notre usine et ses 450 travailleurs.

Ouvrières et Ouvriers de Zanon – Syndicat céramiste de Neuquen

Voir les précédents articles sur Zanon

Tentative d’attentat contre l’usine occupée ZANON FASINPAT

L’usine autogérée Zanon embauche 20 chômeurs

Pour l’expropration de Zanon, la reconnaissance des droits du peuple Mapuche et contre le pillage des ressources naturelles de la Province

Zanon fête sa première année sous contrôle ouvrier

Menaces d’évacuation par la force de l’usine Zanon sous contrôle ouvrier

Projets MTD NEUQUEN : Fabrique d’emballage carton et Menuiserie