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La question Indienne : Mouvement pour débaptiser la rue de San Francisco portant le nom de Roca, général génocidaire des peuples autochtones.

jeudi 5 mars 2009, par CALPA

Le passé n’est ni statique ni mort et aujourd’hui, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution de Mai, cette proposition de renommage des rues se transforme en revendication, en nécessité, en cause juste et rebelle.
La reconnaissance des droits de l’homme pour les peuples autochtones nous impose de reconsidérer les actions développées pendant la Conquête du désert, aussi bien dans ses objectifs, dans les moyens, les méthodes et les résultats obtenus par la campagne du Général Julio A Roca.

L’histoire nous parle, nous devons savoir l’écouter. Nous considérons que les peuples sont les protagonistes de l’Histoire. De même que nous avons vécu comme un jugement historique, l’emprisonnement du génocidaire Menendez, nous devons juger d’autres génocidaires comme Julio A Roca. Dans les deux cas, l’Etat a imposé un régime de terreur à la population pour installer un modèle politico-économique libéral. Pays pour quelques uns, mort de milliers d’autres.

Pendant la période connue comme la “formation de l’Etat national”, l’élite gouvernante a élaboré un projet politico-économique en imaginant un pays blanc-européen-intégré au marché capitaliste International : pour atteindre leur but, il fallait « nettoyer » le Sud pour exploiter ces terres et fournir viandes et céréales aux centres industriels européens.
Dans ce modèle de pays, l’Indien n’avait pas sa place. Pendant la présidence de Nicolas Avellaneda, on a décidé de prendre les terres des peuples autochtones pour repousser la frontière agricole et le 5 octobre 1878 une loi a été votée pour obtenir le budget nécessaire à la « conquête du désert » avec l’émission de 4000 bons de 400 pesos, chacun d’eux donnant droit à 2.500 hectares.

Ramon J. Carcano a dit en 1897 : « La campagne contre les Indiens du désert résout le problème politique et social le plus important pour la richesse du pays.
La solution met fin à une lutte permanente de trois siècles, double le territoire national et multiplie les entreprises capitalistes. »

Nous basons notre revendication sur le caractère génocidaire de l’action du général Roca. Le génocide est un délit international qui est défini comme l’exécution par des fonctionnaires de l’Etat ou d’indépendants d’actes visant à détruire totalement ou partiellement un groupe national, ethnique, racial, ou religieux. Ces actes sont caractérisées par la mort ou l’atteinte à l’intégrité physique ou moral des membres du groupe, l’extermination, l’adoption de moyens destinés à empêcher les naissances dans le groupe ou la déportation forcée des enfants.
On estime que la conquête du désert a été la cause directe de la mort de 20.000 amérindiens (hommes femmes et enfants). Les populations qui ont survécu ont été déportées dans les zones les plus périphériques et stériles de la Patagonie. 3.000 amérindiens prisonniers ont été envoyés à Buenos Aires, séparés par sexe, pour éviter la procréation d’enfants. Les femmes ont été dispersées dans les différents quartiers de la ville comme servantes pendant qu’une partie des hommes furent déportés sur l’île Martin Garcia, où la plupart sont morts, après quelques années de réclusion et les autres ont été envoyés comme esclaves à Tucuman.

Le même Général Roca a déclaré au Congrès : “La réussite la plus brillante vient couronner cette expédition qui a libéré ces vastes territoires pour toujours de la domination de l’indien. Ils offrent maintenant des promesses sans limite pour le colon et le capital étranger. »

Roca, qui imagina et mena à bien la mal nommée « conquête du désert » extermina les peuples qui occupaient historiquement le territoire qui s’appelle aujourd’hui : Argentine.
A qui d’entre nous plairait de vivre dans une rue qui porte le nom d’un génocidaire ?

Pour cela et prenant en compte des précédents récents arrivés dans la localité de Rojas, en pleine pampa de la province de Buenos Aires et dans la ville de la province d’Entre Rios, Concordia, nous exigeons dans la ville de San Francisco, de la Province de Cordoba le changement de nom du Boulevard Roca en « Peuples autochtones » et nous invitons toutes les personnes qui sont d’accord avec cette idée à signer la pétition qui sera présentée aux autorités municipales pour qu’elles prennent en compte cette revendication.

Biblioteca Popular y Espacio Cultural
Juan de Garay 3295- San Francisco- Córdoba- Argentina
somosviento_bpyec@hotmail.com

Signatures :
María del Carmen Depetris- DNI 11.921.043
Martín Alejandro Gregorio- DNI 25.196.760
Marcos Martín Sánchez- DNI 27.423.808
María Julia Sánchez- DNI 25.752.073
Javier Luis Romero – DNI 34.669.262
Cintia Viviana Morales – DNI 28.430.319