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L’expropriation de Repsol YPF : réalité, limites et perspectives. Contre l’ingérence impérialiste !! Total grand opérateur de gaz de schiste en Argentine !!

samedi 28 avril 2012, par marcelo

Le gouvernement argentin de Cristina Kirchner a annoncé à mi avril qu’il allait prendre le contrôle d’YPF (l’entreprise pétrolière la plus importante du pays) en expropriant 51 % des actions appartenant à l’entreprise espagnole Repsol. Immédiatement, le gouvernement espagnol et l’Union Européenne ont menacé de représailles contre l’Argentine.

Le premier devoir et l’objectif de CALPA (Comité de soutien aux luttes du peuple argentin) sont de dénoncer l’ingérence impérialiste européen et de se mobiliser en ce sens. Les gouvernements impérialistes se prennent pour les propriétaires du monde et de l’Argentine et défendent leurs intérêts de pillage au nom de la démocratie, de la sécurité juridique et de leurs investissements. Nous appelons le mouvement ouvrier français et européen, le mouvement social, les partis de gauche, les organisations de solidarité à dénoncer la politique de représailles de l’Union Européenne, du Parlement Européen, et des gouvernements espagnols et français et des institutions impérialistes.

Nous sommes inconditionnellement contre la politique impérialiste des gouvernements européens soutenue parfois lamentablement par certains partis de gauche et des syndicats. C’est ainsi que le PSOE espagnol s’est solidarisé avec le refus de l’expropriation. Il faut se souvenir que Felipe Gonzales est un agent direct du capital pilleur espagnol et de Repsol. Les sections syndicales de l’UGT et de CC.OO défendent leur entreprise. Rappelons nous qu’en son temps, la section syndicale de la CGT a applaudi la participation substantielle d’EDF aux privatisations argentines, parce qu’elle renforçait l’entreprise publique.

Il faut se mobiliser sans restriction contre « notre impérialisme », quelle que soit notre position à l’égard du gouvernement Kirchner et quelle que soit notre position sur l’expropriation de Repsol.

Expropriation et nationalisation

La récupération d’YPF décidée par le gouvernement consiste à exproprier 51 % des actions détenues par Repsol qui lui donnaient le contrôle majoritaire. Ces 51 % vont devenir propriété de l’Etat national et des provinces. Le capital sera réparti ainsi : 26,03 % Etat National, 24,99 % les provinces, 25,46 % le groupe Petersen, 17,09 % à la bourse, avec une partie majoritaire de fonds de pension américains, 6,43 % Repsol. L’Etat national et les Provinces doivent établir un pacte de syndication pour gérer l’entreprise.

La valeur des actions devra être fixée par le Tribunal de commerce. La valeur de l’action YPF à la bourse a baissé depuis plusieurs mois mais a commencé à remonter les derniers jours. Buffau, Président de Repsol, a estimé que l’indemnisation de 51 % d’YPF devrait être de 10 milliards de dollars. Les porte paroles du gouvernement évoquent des quantités beaucoup plus faibles et certains disent même qu’il n’y aura rien à payer. Mais, la nouvelle société anonyme va prendre en charge une dette de 9 milliards de dollars de l’ancienne YPF, ce qui couvre une part importante de sa valeur supposée.

L’indemnisation fait et fera l’objet d’un long processus de négociation. Beaucoup d’analystes sont d’accord pour dire que les principaux porte-parole du capital insistent surtout sur la question de l’indemnisation et ne s’offusquent pas tant que cela de l’expropriation. C’est la position de l’Union Industrielle qui a finalement appuyé l’expropriation mais qui demande que soit respecté les étapes institutionnelles, juridiques et administratives pour garantir le bon déroulement du processus. (Clarin du 26 avril). Le gouvernement argentin a indiqué qu’il payerait les actions expropriées et que le prix reste à déterminer. C’est intéressant de noter que c’est une différence significative avec ce qui s’est passé pour d’autres expropriations en Amérique Latine qui étaient des étatisations et des nationalisations. Quand Allende a nationalisé le cuivre, il a affirmé que l’état ne payerait pas un centime parce que les entreprises nord-américaines avaient pillé le pays et que c’étaient elles qui devaient encore de l’argent au pays.

Du point de vue du fonctionnement de l’économie capitaliste, des relations entre les classes, de la nation opprimée et de l’impérialisme, l’expropriation de 51 % de Repsol ne constitue pas une nationalisation, ni une étatisation. Comme dans beaucoup de pays producteurs de pétrole, la nouvelle entreprise YPF sera une entreprise privée avec une majorité du capital public (Etat et Provinces) et avec une participation du capital privé national et international, incluant des fonds de pension qui seront associés à la gestion.

D’un autre côté, la loi d’expropriation de Repsol mentionne « l’intérêt public de l’autosuffisance énergétique ». Mais les conditions structurelles de la production et de la commercialisation d’énergie ne seront pas modifiées et il n’y aura pas de monopole étatique. Il n’est même pas question de revenir sur l’abandon de la propriété étatale des puits de pétrole décidée par le gouvernement de Menem avec l’appui du gouverneur de Santa Cruz Nestor Kirchner qui à l’époque était une condition pour engager la privatisation d’YPF.

La loi indique qu’il sera recherché « l’intégration du capital public et privé, national et international dans des alliances stratégiques » (souligné par nous). YPF ne contrôle que 37 % de la production de pétrole du pays et le reste est opéré par les grands groupes nationaux et internationaux. (Petrobras, Bulgheroni, Exxon, Total).

Le gouvernement a nommé deux commissaires : le ministre Julio de Vido et le viceministre de l’Economie et dirigeant de la Campora, Axel Kicilof. Le rôle de de Vido dans tout le processus de soutien aux privatisations et aux grandes opérations immobilières est bien connu. Kicilof apparaît au contraire comme un jeune rebelle, inspirateur direct de Cristina Kirchner et de ses mesures récentes.

Une des premières activités de Kicilof a été de rencontrer les entités ayant des contrats avec YPF et avec les autres opérateurs pétroliers pour leur promettre que les activités allaient continuer et s’amplifier significativement. Il a rencontré Medanito, Conoco Phillips, Cehvron, Talisman, Exxon et Total. Selon le journal La Nacion du 27 avril : « Les rapports envoyés par les banques internationales aux sièges des multinationales mentionnent que le Viceministre de l’Economie leur a fait passer des messages rassurants et que les expropriations n’iront pas au-delà et que le gouvernement a bien l’intention de respecter ses engagements financiers. »

Total en Argentine

Selon la presse argentine, le Ministre des travaux publics Julio de Vido (le jeudi 19 Avril) a rencontré le viceprésident de l’Exploration et de l’exploitation du continent américain de l’entreprise Total, Ladislas Paszkiewicz, avec qui il a convenu d’entamer des négociations pour que la production de gaz atteigne 2 millions de mètres cubiques par jour dans les gisements dans lesquels YPF et Total sont associés. » (La Nacion, 22 avril). Total est le second opérateur de gaz du pays et est très actif pour développer l’exploration et l’exploitation de gaz et de pétrole de schiste. En tout, Total y possède une participation dans 8 permis d’exploration, dont 6 en tant qu’opérateur. L’ensemble représente une superficie totale de 1 548 km.

Ainsi Total qui est freiné en France sur l’exploitation du gaz de schiste va pouvoir le faire à grande échelle en Argentine. Pour rappel, les techniques de forage sur les gisements de pétrole et gaz de schiste provoquent des dégâts très graves à l’environnement. Mélangée à du sable (pour maintenir les fractures ouvertes et faciliter le drainage du gaz) cette eau contient aussi des additifs chimiques, destinés à tuer les bactéries, faciliter le passage du sable et accroître la productivité du puits. Ces additifs sont riches en sels corrosifs et en produits cancérigènes comme le benzène.
A force de creuser, les foreurs traversent parfois des terrains comprenant des minerais radioactifs (uranium, radium). Une radioactivité qui finit par remonter. De 10% à 40% de l’eau et des déchets de forage (boues, sables) sont ramenés en surface pour, officiellement, y être traités. Ce qui explique, en partie, la noria de camions qui s’agite autour de chaque forage.

Les communautés Mapuche qui vivent sur les territoires menacés par ces explorations se sont déjà manifestés pour dénoncer activement les risques de contamination et les atteintes que cela porterait à leur environnement. Les luttes sur la défense de ces territoires ne fait que commencer et Calpa les soutiendra.

En matière énergétique, le point clé est actuellement l’exploration et l’exploitation des gisements de Vaca Muerta. Selon diverses sources, la production énergétique extraite de ce gisement pourrait combler le déficit actuel du pays. Vaca Muerta est considérée comme l’une des réserves d’hydrocarbures non conventionnelles (pétrole et gaz de schiste) parmi "les plus grandes et de la meilleure qualité au monde". Grâce à cette zone, l’Argentine a été placée troisième au monde pour ce type d’hydrocarbures, derrière les Etats-Unis et la Chine, selon une étude de département américain de l’Energie. Presque aussi étendue que Taiwan, la zone de Vaca Muerta a une superficie de 30.000 km2, dont 12.000 km2 sont détenus par YPF. La partie la plus grande se trouve dans Neuquén et l’autre dans Mendoza, deux provinces frontalières du Chili. Le démarrage de l’exploitation va nécessiter un minimum de trois ans d’investissements qui seraient de l’ordre de 15 à 60 milliards de dollars. C’est une des « alliances stratégiques » prévues par la politique du gouvernement. Les grandes multinationales négocient une loi spéciale garantissant leurs investissements pour les prochaines cinquante années à venir. Ils veulent un contrat du type de celui que le gouvernement Kirchner a concédé pour les exploitations minières. C’est la base de travail.

Confiscation de Repsol, anti-impérialisme et régime capitaliste

Nous avons vu que la confiscation des 51 % des actions de Repsol est une mesure partielle et limitée d’attaque et de confrontation avec Repsol et le capital espagnol en général. On peut l’étendre à d’autres entreprises, comme celles d’électricité Endesa, qui était espagnole quand elle est intervenue dans les privatisations et qui est maintenant italienne.

Ces mouvements forment partie des turbulences de la crise capitaliste. Le régime politique du capitalisme argentin prétend réorganiser les conditions de soumission à l’impérialisme et il le fait en aggravant les contradictions économiques, sociales et politiques. L’accentuation du bonapartisme personnel de la part du gouvernement est un des éléments d’explication avec sa dose d’aventurisme.

Dans l’immédiat, le gouvernement affronte les dégâts de la politique sauvage de privatisations des années quatre vingt dix. Il veut diminuer radicalement les aides publiques. Il doit affronter aussi un grave déficit extérieur en matière énergétique qui met en péril tous les équilibres financiers du pays. Les importations de matières énergétiques ont atteint 9 milliards de dollars en 2011 et on les estime entre 12 et 14 milliards de dollars cette année. Il y a désormais un déficit de la balance de payement et tout le modèle de payement de la dette extérieur et du financement des sortis de capitaux est menacé. Pour assurer sa permanence, il faut incorporer de nouveaux financements : ANSES (fonds de pension étatisés), réserves de la Banque centrale et aujourd’hui YPF.

Le terrible accident de train de la gare Once a mis dramatiquement en évidence les conséquences des privatisations, du soutien des groupes capitalistes maffieux associés à l’Etat et à la politique kirchneriste. D’une certaine manière, nous le constatons maintenant dans la politique énergétique : baisse de la production, épuisement des réserves, atteintes graves à l’environnement, en résumé : détérioration productive, sociale écologique, nationale. La politique d’extraction minière reproduit le même schéma.

L’expropriation de Repsol est donc une tentative de réorganisation anarchique et brouillonne. Le modèle des grandes entreprises dont la majorité du capital est détenu par l’Etat est appliqué maintenant dans la plupart des pays producteurs de pétrole et il s’accommode très bien de la domination du grand capital avec des conflits spécifiques au régime capitaliste. Comme le rappelle un économiste argentin : « Les compagnies étatiques d’Iran, d’Arabie Saoudite, du Venezuela, du Koweit, de la Russie, du Qatar, de l’Irak, de l’Union des Emirats Unis, de la Libye, de la Chine et du Nigeria figurent parmi les principales propriétaires des réserves prouvées de gaz et de pétrole. (Rolando Astarita. Rebelion, 24 avril). Le nouveau régime de YPF n’est même pas un monopole d’Etat. Le gouvernement prétend stabiliser sa relation avec le grand capital en ouvrant de nouveaux gisements et en rénovant les contrats d’association. Il est douteux qu’il puisse y arriver dans les conditions actuelles de la crise.

C’est pourquoi, nous ne partageons pas les analyses qui défendent l’initiative du gouvernement qui ouvrira un nouveau chapitre de l’histoire pétrolière, même s’ils affirment que « ce n’est qu’une partie du jeu » (Claudio Katz 21 Avril). Nous croyons au contraire que le gouvernement a atteint son objectif.

L’expropriation de Repsol dans YPF fait partie du processus chaotique de recomposition de l’économie dans la crise. Il consacre la décadence de l’impérialisme européen et espagnol, en particulier, là où c’était son « domaine réservé », l’Amérique Latine. D’où la réaction furibonde espagnole. La réaction européenne a été dure mais la réaction américaine a été modérée. L’Espagne voulait une déclaration de condamnation de l’Assemblée du FMI et elle ne l’a pas obtenu dans les termes prévus. « C’est une affaire bilatérale entre deux pays et c’est une décision émanent d’un pays souverain. » Ce sont les termes utilisés par le Chef du Département occidental du FMI, Nicolas Eyzaguirre (Clarin, 21 Avril). Il en a été de même pour la déclaration des ministres de l’économie du G20.

Contre l’impérialisme

Nous défendons le droit du gouvernement argentin d’exproprier Repsol, d’exproprier 100 % du capital privé de l’énergie et des services publics et de ne pas payer un seul centime pour ces expropriations. Nous défendons le droit du peuple argentin à se défendre du pillage impérialiste et des catastrophes écologiques. Que les capitalistes payent leur crise !

Nous nous prononçons contre toute intervention et menace de l’Union Européenne, du gouvernement espagnol et du gouvernement français. Nous défendons le droit des argentins à décider d’exproprier le capital étranger et à se protéger de toute attaque impérialiste et des institutions internationales.

27 Avril 2012

Marcelo Nowersztern

LA EXPROPIACION DE REPSOL YPF : REALIDAD, LIMITES Y PERSPECTIVAS. CONTRA LA INJERENCIA IMPERIALISTA !!

El gobierno argentino de Cristina Kirchner anunció a mediados de abril que iba a tomar el control de YPF (la empresa petrolera más importante del país) a través de la expropiación del 51 % de las acciones, proppiedad de la empresa española REPSOL. De inmediato, el gobierno de España y la Unión Europea lanzaron una serie de represalias contra la Argentina.

EL primer deber y objetivo del CALPA (Comité de Solidaridad con las luchas del pueblo argentino) en Francia es denunciar la ingerencia imperialista europea y movilizarse en este sentido. Los gobiernos imperialistas se creen los dueños del mundo y de la Argentina y defienden sus intereses de rapiña y de saqueo, en nombre de la democracia, de la seguridad jurídica y de la de las inversiones . Llamamos al movimiento obrero francés y europeo, al movimiento social, a los partidos de izquierda, a las organizaciones democráticas y de solidaridad, a pronunciarse contra la política de represalias de la Unión Europea, del Parlamento Europeo, y de los gobiernos de España y Francia y otras instituciones imperialistas.

Nosotros estamos incondicionalmente en contra de la política imperialista de los gobiernos europeos, apoyada lamentablemente en ciertos momentos por ciertos partidos de izquierda e incluso por algunas organizaciones síndicales. Es así como el PSOE español se solidariza con la protesta por la expropiación. Hay que recordar que Felipe Gonzalez es un agente directo pagado del capital vaciador español y de REPSOL también. Las secciones síndicales de UGT y CC.OO. defienden a su empresa. Recordemos que en Francia, en su momento, la sección síndical de la CGT aplaudió la participación substancial de EDF en las privatizaciones argentinas, porque fotalecían a la empresa estatal.

Hay que movilizarse sin ningún atenuante en Europa contra « nuestro imperialismo », cualquiera que sea nuestra posición sobre el gobierno de Kirchner y cualquiera que sea nuestro análisis de la expropiación de REPSOL.

Expropiación y nacionalización

La « recuperación » de YPF decidida por el gobierno consiste en la expropiación del 51 % de las acciones de la empresa en posesión de REPSOL y que le daban el control mayoritario. Ese 51 % será ahora propiedad del Estado nacional y de las provincias. La propiedad quedará repartida de la siguiente manera : 26,03 % Estado Nacional, 24,99 % las provincias, 25,46 % grupo Petersen, 17,09% en la Bolsa, con una parte mayoritaria de fondos de inversión de EE.UU., 6,43% grupo Repsol. La Nación y las provincias deberán establecer un pacto de sindicación para gestionar la empresa.

El valor de las acciones deberá ser fijado por el Tribunal de tasación. El valor de la acción de YPF en bolsa estuvo cayendo desde hace varios meses, pero comenzó a remontar en los últimos días. Buffau, presidente de REPSOL, estimó que la indemnización del 51 % YPF debía ser de 10.800 millones de dolares. Los voceros del gobierno se refieren a cantidades mucho menores e incluso hay quienes sostienen que no habría que pagar nada. De todas maneras, la nueva sociedad anónima se hace cargo de una deuda de 9.000 millones de doláres de la vieja YPF, que de por si cubre una parte importante de su supuesto valor.

La indemnización es y será será el objeto de un largo proceso de negociación. Muchos analistas coinciden en que los diversos voceros del capital insisten fundamentalmente en la cuestión de la indemnizacióny no cuestionan la expropiación como tal. Es la posición de la Unión Industrial, « que respaldó finalmente el proyecto de ley de expropiación » pero que pide « que se sigan los pasos institucionales, jurídicos y normativos para garantizar el adecuado desarrollo del proceso. » (Clarín 26 de abril.) El gobierno argentino indicó que pagará por las acciones expropiadas y que está en cuestión el precio. Es interesante hacer notar que hay aquí una diferencia significativa con otras expropiaciones en América Latina, que eran estatizaciones y nacionalizaciones. Cuando Allende nacionaliza el cobre, establece que no pagará un centavo porque las empresas norteamericanas habían saqueado el país y eran ellas las verdaderas deudoras.

Desde el punto de vista del funcionamiento de la economía capitalista, de las relaciones entre las clases y entre la nación oprimida y el imperialismo, la expropiación del 51 % de Repsol no constituye una nacionalización, ni una estatización. Como en gran parte de los países productores de petróleo, la nueva YPF será una empresa privada con mayoría de capital público (Estado y provincias) y con participación del capital privado nacional e internacional, incluídos los fondos de inversión, asociados también a la gestión de la empresa.

Por otra parte, la ley de expropiación de REPSOL comienza estableciendo el « interés público del autoabastecimiento energético ». Sin embargo, no se modifican ninguna de las condiciones estructurales de la producción y comercialización de la energía y no se establece ninguna forma de monopolio estatal. No se vuelve siquiera sobre la pérdida de la propiedad estatal de los yacimientos decidida por el gobierno de Menem con el apoyo del gobernador de Santa Cruz Néstor Kirchner, que en su momento era la condición para la privatización de YPF.

La ley indica que se buscará la « integración del capital público y privado, nacional e internacional, en alianzas estratégicas ». (subrayado por nosotros). YPF controla nada más que el 37 % de la producción de petróleo y el resto está asegurado por los grandes grupos nacionales e internacionales (Petrobras, Bulgheroni, Exxon, Total). En lo que atañe más directamente a Francia, Total tiene una participación en 8 permisos de exploración, con 6 como operador. El conjunto representa una superficie de 1 548 km2.

El gobierno nombró 2 interventores : el ministro Julio de Vido y el viceministro de Economía y dirigente de la Cámpora, Axel Kicilof. El rol de Vido en todo el proceso de sostén de las privatizaciones y de grandes negocios capitalistas con las obras públicas es muy conocido. Kicilof aparece en cambio como un joven rebelde, inspirador directo de Cristina Kirchner y de sus medidas recientes.

Una de las primeras actividades de Kicilof ha sido entrevistarse con los contratistas de YPF y con los otros operadores petroleros para prometerles que los negocios van a continuar y, mejor aún, va a aumentar significativamente. Se entrevistó con Medanito, Conoco Phillips, Chevron, Talismán, Exxon y Total. Según La Nación (27 de abril) : « Los reportes que los bancos internacionales enviaron a las casas matrices aseguran que el Viceministro de Economía les dio mensajes tranquilizadores. Que las expropiaciones no irán más allá y que la intención es cumplir con los compromisos financieros. »

Según la prensa argentina, el ministro de Obras Públicas Julio de Vido « (el jueves 19 de abril) estuvo con el vicepresidente de Explotación y Explotación de las Américas de la firma Total, Ladislas Paszkiewicz, con quien acordó iniciar conversaciones para ampliar en 2 millones de m3 diarios la producción de gas de dos yacimientos, en los que ambas empresas (YPF y Total) están asociadas. » (La Nación, 22 de abril.) Total es el segundo operador de gas en el país.

En materia energética, un punto clave es en este períiodo la exploración y explotación de las formaciones de Vaca Muerta. Según diversas fuentes, su producción energética futura puede eliminar el déficit actual. Sin embargo, el comienzo de la explotación va a demorar un mínimo de 3 años y las inversiones necesarias serían del orden de 15.000 a 60.000 millones de dólares. He aquí una de las « alianzas estratégicas » previstas por la política del gobierno. Los grandes monopolios internacionales negocian una ley especial que garantice sus inversiones para los próximos 50 años. Quieren un esquema similar al que el gobierno de Kirchner asegura para la minería. Esta es la base de trabajo.

Confiscación de Repsol, antiimperialismo y régimen capitalista

Hemos visto que la confiscación del 51 % de las acciones de YPF es una medida parcial y limitada de ataque y confrontación con REPSOL y el capital español en general. También puede extenderse a otras empresas, como la eléctrica ENDESA, que era española cuando intervino en las privatizaciones y es ahora italiana.

Estos movimientos forman parte de las turbulencias propias de la crisis capitalista. El régimen político del capitalismo argentino pretende reordenar las condiciones de la subordinación al imperialismo y lo hace en condiciones de agravamiento de las contradicciones económicas, sociales y políticas. La acentuación del bonapartismo personal de parte del gobierno es uno de los elementos, con su dosis de aventurerismo.

En lo inmediato, el gobierno enfrenta el derrumbe de la política de salvataje de las privatizaciones que siguió durante 10 años. Quiere disminuir drasticamente los subsidios. Enfrenta un agudo déficit exterior en materia energética. Las importaciones fueron de 9.000 millones de dolares en 2011 y se estiman entre 12 y 14.000 millones este año . Hay déficit en la balanza de pagos y todo el esquema de pago de la deuda externa y de financiamiento de salida de capitales está en peligro. Para asegurar su continuidad hay que incorporar nuevas « cajas » : ANSES, reservas del Banco Central y ahora YPF.

El terrible accidente de Plaza Once mostró cuales eran las consecuencias de las privatizaciones, del sostén de los grupos capitalistas mafiosos asociados al Estado y de la política kirchnerista. A su manera lo tenemos ahora con la política energética : baja de la producción, agotamiento de las reservas, atentados ecolólgicos graves, en resumen : deterioro productivo, social, ambiental, nacional. La minería está reproduciendo este cuadro.

La expropiación de REPSOL es entonces un intento de reordenamiento anárquico y desordenado. El esquema de grandes empresas con una mayoría pública es aplicado ahora en la mayoría de los países explotadores de petroleo y se acomoda con el dominio del gran capital , con los conflictos propios del régimen capitalista. Como recuerda un economista argentino : « Las compañias estatales de Irán, Arabia Saudita, Venezuela Kuwait, Rusia, Qatar, Irak, Unión de Emiratos Arabes, Libia, China y Nigeria figuran entre las principales propietarias de las reservas probadas de gas y petróleo. ((Rolando Astarita. Rebelión, 24 de abril.) El nuevo régimen de YPF no es siquiera el de un monopolio estatal. El gobierno pretende estabilizar su relación con el gran capital con la incorporación de nuevos yacimientos y la renovación de contratos de asociación. Es más que dudoso que pueda lograrlo en las actuales condiciones de crisis.

En este sentido no compartimos los análisis que defienden la iniciativa del gobierno que abriría un nuevo capítulo de historia petrolera, aunque sostengan que es « tan solo un punto de partida. » (Claudio Katz, Rebelión, 21 de abril.) Para el gobierno, se trata de un punto de llegada. Otro cantar es que logre afirmarlo y consolidarlo.

La expropiación de REPSOL en YPF forma parte del proceso caótico de recomposición de la economía en la crisis. Consagra la decadencia del imperialismo europeo y del español en particular en lo que era casi su « casa segura », la América Latina. Por eso, la reacción española fue furibunda, la reacción europea fue dura pero la reacción norteamericana fue más moderada. España pretendía una declaración de condena de la Asamblea del FMI y no la logró en los términos previstos. « Es un asunto bilateray es una decisiŒn de un país soberano ». Estos son los términos utilizados por el jefe del Departamento Occidental del FMI, Nicolas Eyzaguirre. (Clarín, 21 de abril.) Lo mismo sucedió con la declaración de los ministros de Economía del G-20.

Contra el imperialismo

Defendemos el derecho del gobierno argentino a expropiar a REPSOL, a expropiar el 100 % del capital privado en la energía y en los servicios públicos y a no pagar un solo centavo por estas expropiaciones. Defendemos el derecho del pueblo argentino a defenderse del saqueo imperialista y de las catástrofes ambientales. Que la crisis la paguen los capitalistas !

Nos pronunciamos contra toda intervención y amenaza de la Unión Europea, del gobierno español y del gobierno francés. Defendemos el derecho de los argentinos a decidir sobre la expropiación del capital extranjero. Contra todo ataque imperialista y de las instituciones internacinales contra la Argentina.

París, 27 de abril de 2012.

Marcelo Nowersztern