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Vendredi 4 Mai à 17H00, Rassemblement à l’Ambassade du Pérou en France - à 17h à l’ Avenue Kléber (angle rue Cimarrosa) descendre au métro Boissière

samedi 29 octobre 2011, par CALPA

CALPA soutient la lutte de CONGA

La campagne a été lancée par l’association Tierra y Libertad et le collectif ALDEAH et un Comité de solidarité avec Cajamarca à Paris composé initialement de représentants de FAL, Colectivo de Peruanos en Francia, Association Tierra y Libertad, CALPA (Comité de solidarité avec la lutte du peuple argentin), UNIPOMA, ATTAC Paris 13, Collectif non gaz de schiste, Nuestra America et de citoyens (Celso, Françoise, Jean (membre de Casa de Santa Fe) s’est constitué.

Envoyez un courrier de protestation aux autorités péruviennes (voir plus bas) pour dire NON au projet CONGA !

La pétition sera remise à l’Ambassade par le Comité de solidarité le 4 mai

SOLIDARITE AVEC LA POPULATION DE CAJAMARCA EN LUTTE CONTRE LE PROJET CONGA

La multinationale Yanacocha qui exploite à ciel ouvert depuis 18 ans la plus grande mine d’or du continent latino-américain dans la région de Cajamarca (Andes nord du Pérou) au prix d’exactions contre les communautés paysannes, de pollution, de contamination et de violation des droits de l’homme, prétend désormais étendre ses activités en exploitant la mine Conga dans la région de Celendin .
Pour ce faire le projet Conga prévoit d’ assécher quatre lacs (deux pour extraire l’or et deux pour servir de dépôt des déchets) et d’intervenir dans une zone à écosystème fragile, ce qui provoquera des dommages irréversibles pour l’environnement, la santé et la vie des habitants.

Yanacocha a donné à Cajamarca son titre de “capitale de l’or d’Amérique latine”, alors que la région demeure l’une des plus pauvres du Pérou. Aussi ce nouveau projet a-t-il provoqué la révolte non seulement des communautés paysannes mais également de la population de la région et de tout le pays ; il a donné lieu à une mobilisation d’une ampleur sans précédent pour la défense de l’eau : grève générale illimitée de 11 jours dans toute la région et marche nationale pour l’eau du 1er au 10 février 2012, depuis Célendin jusqu’à Lima.

C’est pourquoi
Au nom du droit à l’eau, reconnu comme partie intégrante des droits de l’homme par résolution de l’Assemblée générale de l’ONU le 28 juillet 2010,
Au nom du droit des populations indigènes à déterminer et élaborer leurs stratégies de développement, à être consultées et à donner leur approbation à tout projet affectant leurs terres et autres ressources notamment hydriques, reconnus internationalement par la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples indigènes de 2007 et par la Convention 169 de l’OIT (article15) de 1994 ratifiée, par le Pérou,

Nous manifestons notre solidarité avec les communautés paysannes et la population de Cajamarca en lutte contre le projet Conga et nous demandons au gouvernement péruvien l’ annulation du projet ainsi que l’arrêt immédiat des sanctions et représailles contre les dirigeants populaires du mouvement de protestation massive qu’il a provoqué.

ENVOYER À ****

Palacio de Gobierno,Presidente del Perú : Ollanta Humala Tasso, Jr. de la Unión 264, Lima 1, Perú. Tel. 00.51.1. 311 4200, 00.51.1.311 3908. Asesora – Cecilia Israel.

Presidencia del Consejo de Ministros – PCM. Sr. Oscar Valdés Dancuart

Ministro de Energía y Minas. Ministro : Jorge Humberto Merino Tafur

Gerente General Yanacocha, Carlos Santa Cruz

NON AU PROJET MINIER CONGA !

L’entreprise minière Yanacocha dont les propriétaires majoritaires sont NEWMONT MINNING et BUENAVENTURA prévoit avec son projet CONGA la destruction de 5 lacs de la zone alto-andine de CONGA située à plus de 3500 mètres d’altitude dans le département de Cajamarca au nord du Pérou. Deux des lacs seront vidés pour extraire l’or et deux seront vidés pour être utilisés comme réservoir des déchets miniers. Ceci va affecter l’écosystème fragile de bofedales, zone de pâturages humides qui absorbent l’eau et nourrissent les nappes phréatiques et sont sources de dizaines de rivières qui irriguent les riches vallées de Cajamarca. En effet, Cajamarca est le premier département producteur de lait du pays. En plus, l’eau sera polluée par les déchets miniers pour la consommation humaine et du bétail.

Yanacocha a déjà un lourd passif dans la région de Cajamarca et le projet Conga ne fait que menacer une fois de plus les populations de Cajamarca. En 2000, du mercure (tombé d´un camion) a été déversé sur une longueur de 40km, en polluant le village de Choropampa : ses habitants continuent aujourd’hui encore à mourir des conséquences de l’absorption du minerai.

Le peuple de Cajamarca s´est soulevé en novembre dernier contre le projet et la réponse du gouvernement a été de promulguer l´état d´urgence. Du jamais vu depuis 30 ans ! Des paysans ont été blessés et l’un d’eux reste paralysé à vie.

Sous la pression, le gouvernement a levé l´état d´urgence mais veut faire passer son projet en faisant appel
Des ordonnances provinciale et régionale ont déclaré non viables les Mines Conga, nous demandons le respect de ces ordonnances par le gouvernement de Ollanta Humala et de son premier ministre Valdez, son homme fort. Nous réclamons un processus de zonification écologique et économique régional. Nous dénonçons la répression et la criminalisation de la protestation sociale qui prétend taire les justes réclamations de nos peuples et nie la persécution dont font l’objet les dirigeants et défenseurs de l’environnement qui, en risquant leurs vies, défendent nos eaux. Sous la pression, le gouvernement a levé l´état d´urgence mais veut faire passer son projet en faisant appel à des « experts étrangers » qui devraient rendre le projet « viable ». Et ce malgré la glorieuse Marcha del Agua du 1 er au 10 février 2012 où des milliers de péruviens ont manifesté leur rejet dudit projet.

L’EAU EST UN DROIT DE L’HOMME FONDAMENTAL

La législation actuelle de l’état péruvien ne reconnait pas l’eau potable et son traitement comme un droit de l’homme ;Le Congrès de la République doit modifier la Constitution en vue de permettre que l’eau potable et son assainissement soient reconnus comme un droit de l’homme fondamental comme stipulé par la résolution de l´ONU du 28 juillet 2010 et que la provision de l’eau ne soit pas privatisée.

INTERDICTION DE L’ACTIVITE MINIERE A BASE DE CYANURE ET MERCURE

Le cyanure est une des substances toxiques les plus dangereuses au monde et c’est pour cette raison que dans de nombreux pays son usage a été interdit ou très strictement encadré. En revanche au Pérou, le cyanure est la principale substance utilisée par le secteur minier aurifère qui se vend comme une industrie « responsable ». Les crimes écologiques liés à l’emploi de cyanure et de mercure dans l’activité minière doivent cesser une fois pour toutes !

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INFORMATION SUR LA SITUATION ACTUELLE AU PEROU

La situation du Pérou en ce moment doit être mise en parallèle avec celle de 2008-2009, lors du conflit de Bagua, celui d’une grande tension sociale. Il convient de rappeler que le 5 juin 2009, plus de 30 personnes résultèrent tués par la décision du gouvernement García qui choisi de donner une solution militaire au conflit qui avait surgi par l’opposition des peuples de l’Amazonie à un ensemble de lois qui allaient à l’encontre des droits des peuples indigènes. Alors le gouvernement García, face à l’indignation nationale et internationale dût reculer du moins partiellement. A Paris et dans plusieurs villes d’Europe avaient eu plusieurs initiatives de solidarité.

Ollanta Humala, avant d’être président du pays, s’était engagé devant le peuple de Cajamarca de l’accompagner dans sa lutte contre les entreprises minières pour défendre l’eau. Dès novembre 2011, quelques mois après son élection comme président, au lieu de remettre en question les décisions prises en fin de mandat du président sortant par une série d’irrégularités, Humala change d’avis et affirme ‘nous pouvons avoir l’or et l’eau’. Ceci est la réponse à la demande du gouvernement régional et des organisations sociales de Cajamarca de déclarer inviable le projet d’exploitation minière Conga, expansion des opérations du consortium Yanacocha de ses exploitations dans la province de Cajamarca vers les parties hautes, sources d’eau des provinces de Celendín, Cajamarca et Bambamarca, (20 mille hectares affectés à une vingtaine kilomètres du fleuve Marañón, l’un des principaux affluents de l’Amazone). La position du gouvernement régional de Cajamarca exposés par les autorités de Cajamarca, s’est cristallisé dans l’Ordonnance Nro 36- 2011. S’appuyant sur des lois régissant les compétences des gouvernements régionaux, la décentralisation et les politiques de protection de l’environnement, cette ordonnance établit la protection des ‘cabeceras de cuenca’ (les sources d’eau à plus de 3500 mètres d’altitude) et de ce fait déclare inviable la mise en exploitation de la concession minière de Conga. Il faut rappeler que des 4,800 millions d’euros a y être investis, seulement resteront dans la région moins de 700 millions (y compris les salaires de 7000 ouvriers) puisque la plupart iront en œuvres d’infrastructure et pour l’achat d’un concasseur (machine pour extraire le minerai des roches).

Le changement de position du président Humala correspond bien à la pression exercée par les besoins du système économique et financier pour faire face à la crise présente. L’or sert comme refuge vis-à-vis de l’instabilité monétaire (du dollar, et de l’euro). Et comme les hydrocarbures, les métaux sont indispensables pour l’accroissement de la production industrielle des nouvelles puissances économiques comme la Chine et l’Inde.

Mais ce changement de position ne correspond point avec les intérêts ni du Pérou ni de la région de Cajamarca De ce fait, et dans une dynamique économique néolibérale, la région de Cajamarca depuis le milieu des années 1990 était devenue la principale région productrice d’or du Pérou.

L’exploitation minière à ciel ouvert, technique contemporaine employée de plus en plus au Pérou, comporte l’utilisation d’énormes quantités d’eau pour pouvoir extraire avec des réactifs le peu de métaux précieux qui peuvent exister dans des tonnes et des tonnes de terre, auparavant agricole : la mine consomme 4 fois plus d’eau que la ville de Cajamarca et ses deux cent quatre vingt mille habitants !

Il ne faut pas considérer que les pays de l’Amérique latine peuvent faire faire n’importe quoi avec cette eau et cette biodiversité du fait qu’ils sont dépositaires du 50% des sources d’eau douce et de 50% de la biodiversité de la planète. Dans le cas du Pérou, l’eau douce n’est pas distribuée uniformément : 60% de la population vit dans sur la région côtière qui dispose seulement de 2% de cette eau. Mais nous ne pouvons pas faire couler une partie des 92% qui vont vers l’Amazonie ou celui restant qui va vers le Lac Titicaca sans risquer de mettre en déséquilibre les écosystèmes amazoniens et du Haut plateau andin. Ceci d’autant plus que le réchauffement climatique et l’action irrationnelle des hommes fait déjà sentir ses effets sur les glaciaires tropicaux andins et sur les sources d’eau des parties hautes des Andes. Et si l’on sait que l’Amazonie est le fait des eaux des Andes, nous pouvons imaginer les conséquences.

L’économie de l’or, si elle s’inscrit bien dans la continuité de l’histoire du Pérou des cinq derniers siècles, ne correspond pas avec l’histoire de longue durée de l’économie du pays (avant la domination étrangère les techniques d’extraction de métaux n’étaient pas nocives pour la Pachamama). L’histoire des exploitations minières au Pérou depuis cinq siècles est désastreuse pour la terre et pour les êtres humains. Nous en donnerons quelques exemples. Mais pour comprendre la gravité du problème, il faut savoir tout d’abord que ‘cocha’ est un mot quechua qui signifie lac, lagune, étendue d’eau. Yanacocha (Lagune Noire) : aujourd’hui c’est le nom que s’est donné le consortium minier principal producteur d’or de toute l’Amérique mais, pour ce faire cette entreprise a détruit la lagune qui portait d’abord ce nom, laissant à sa place un paysage lunaire, sans eau ni vie.

En décembre 1928, Morococha (Lagune de plusieurs couleurs), dans le département de Junín, disparait : l’entreprise étatsunienne Cerro de Pasco Cooper Corporation avait fait creuser deux galeries souterraines au fond de la lagune provocant de ce fait l’aspiration de l’eau de la lagune et la mort de plusieurs mineurs . Finalement, Il suffit de visionner par Internet des images de la ville de Cerro de Pasco avec au milieu le trou béant de l’exploitation minière qui contamine le sang des habitants avec du plomb et qui l’avale et la fait disparaître petit à petit.

Revenons donc sur le changement de position du gouvernement Humala.
Il y a deux mois, et sans concertation avec le gouvernement régional ni avec le mouvement social de Cajamarca, le gouvernement a décidé de commander une expertise à trois étrangers pour qu’ils se prononcent sur la qualité de l’étude d’impact environnemental –EIA par ses sigles en espagnol- du projet Conga (étude qui avait été approuvée par les fonctionnaires du ministère de l’énergie et des mines en octobre 2010). Parallèlement il a entrepris une politique de remise en question de l’autorité du gouvernement régional de Cajamarca (intervention des comptes, création d’une coordination ministérielle à Lima pour mettre en place certains projets dans la région, appel au Tribunal constitutionnel pour se prononcer sur l’inconstitutionnalité de l’ordonnance régionale Nro. 36-2011) et persécution judiciaire de plus de quarante dirigeants qui s’opposent à l’exécution du projet Conga. Parmi ces derniers : Gregorio Santos, le président de la région Cajamarca, Marco Arana (dirigeant de Tierra y Libertad) Carmela Sifuentes, présidente de la Confédération Générale des Travailleurs du Pérou –CGTP ; Idelso Hernández dirigeant paysan et président du Front de défense des intérêts du peuple de Cajamarca ; Wilfredo Saavedra, président du Front de défense de l’environnement de Cajamarca, Ingénieur Sergio Sanchez Ibanez, (Grufides), Jorge Spelucin, dirigeant du Front de Défense de San Marcos, Edy Benavides, Pt du Front de Défense de Bambamarca, Reinhard Seifert, citoyen allemand, conseiller technique du Front de Défense environnemental de Cajamarca).

Avant la remise du rapport des experts étrangers, le gouvernement a envoyé plus d’un millier de policiers et de soldats à Cajamarca, Celendín et Bambamarca.

Cette dernière semaine, tandis que le gouvernement de Cajamarca, par l’intermédiaire du président de l’assemblée des gouvernements régionaux faisait un premier pas pour rétablir le dialogue avec le gouvernement central, et après l’avoir reporté par trois fois consécutives, les experts ont remis leur rapport (consultable sur Internet) le même jour que le Tribunal constitutionnel a déclaré inconstitutionnelle l’ordonnance régionale Nro 36-2011 !! (Il convient de rappeler qu’ au cours de ces cinq dernieres années, les gouvernements péruviens ont agi de la même sorte pour déclarer inconstitutionnelles les ordonnances des gouvernements régionaux de Puno et Cusco qui déclaraient la feuille de coca patrimoine culturel et de la biodiversité ainsi que source pour le développement économique de leurs régions). Il s’agissait non seulement d’une opération de communication montée mais d’une expression de plus de la maladie du centralisme qui caractérise l’Etat péruvien depuis le début de la vie républicaine.

Face à ces décissions, le peuple de Cajamarca et son gouvernement régional conservent leur fermeté de principe. Ils demandent un délai de temps pour que le rapport des experts étrangers soit étudié en prenant compte aussi des autres études qui remettent en cause l’EIA et préparent l’organisation d’une consultation citoyenne pour le 5 juin prochain (date du massacre de Bagua, de 2009). Le gouvernement régional présidé par Gregorio Santos prépare par ailleurs un appel devant la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme pour défendre son ordonnance Nro 036-2011.

Ce qui est en question aujourd’hui au Pérou c’est la possibilité de mettre en place un autre type de modèle économique dans une région ; la possibilité d’en finir avec le centralisme de l’Etat ;
Le besoin le plus saillant aujourd’hui est la solidarité internationale. Une solidarité qui mette à la fois en réseau la lutte de Cajamarca avec les luttes d’autres peuples dans différents pays pour la défense de la vie et de la Pachamama et contre l’économie néolibérale.

Vicente Romero