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Ouf : Duhalde "menace" de partir

jeudi 23 mai 2002, par José Larrea

duhaldexPour la première fois, Eduardo Duhalde a menacé hier de présenter sa démission si le Congrès et les Gouverneurs n’avalaient pas les mesures exigées par le Fond Monétaire International. Le président a donné un ultimatum pour tester la résistance du bloc des législateurs radicaux à voter l’abrogation de la loi de subversion économique.

Sans l’approbation de l’UCR, la coalition parlementaire serait cassée, ce qui forcerait Duhalde à démissionner. À peine arrivé à l’aéroport d’Ezeiza, de retour de sa visite en Espagne et en Italie, Duhalde a demandé aux législateurs de ratifier les modifications de la loi de subversion économique. Le message, autant lors des réunions privées que dans des conversations téléphoniques, était clair : "s’ils ne la votent pas, qu’ils cherchent un président, parce que moi, je pars !". Les mots ont frappé particulièrement ses interlocuteurs radicaux. Avec eux Duhalde n’a pas eu de demi-mesure, leur rappelant que son gouvernement est "un gouvernement délégué" et que s’il part "quelqu’un devra sortir les marrons du feu". Il a eu des contacts avec son associé stratégique, Raul Alfonsín. Mais le dilemme radical a été explicité par le Président du Groupe de l’UCR, Horacio Pernasetti : "si nous avalons cette loi, ils partent tous avec Elisa Carrió" se plaignait ce dernier, évoquant un schisme au sein de l’UCR.

duhalde"Moi ou le chaos" : Duhalde a attiré l’attention sur le fait que "si en juin les 14 points exigés par le FMI n’étaient toujours pas adoptés, l’organisation considérerait que les négociations avec l’Argentine étaient suspendues". Tandis que Darío Alessandro expliquait que l’abrogation de la loi de subversion économique ne signifait pas "impunité" pour les banquiers, les ministres qui, jusqu’à présent n’avaient pas économisé leurs louanges sur le pragmatisme de Duhalde assurant qu’il ne se laisserait pas enfermer par aucune règle, ont constaté sa conversion en serviteur fidèle du FMI sous la pression de l’espagnol José María Aznar et des italiens.

La menace de démission n’est qu’une stratégie de Duhalde, pour que l’entente radicale-justicialista accepte tout ce qu’il veut. Comme s’il n’avait pas assez des problèmes, Duhalde a reçu "la cerise sur le gâteau" lors d’un entretien d’une demi-heure avec Mario Blejer. Le directeur de la banque centrale était décidé à démissionner mais il a finalement accepté de rester, le temps d’assurer la transition avec son successeur. En clair, le gouvernement a négocié son départ : une promesse d’impunité en échange d’un "coup de main", selon un fonctionnaire qui annonçait ce que le président ne pouvait pas dire.
La réunion de lundi avec tous les gouverneurs péronistes sur les ajustements de leurs budgets exigés par le FMI, dans La Pampa (territoire de Rubén Marín et du Ministre de l’Intérieur et organisateur de la rencontre, Jorge Matzkin), s’annonce difficile et des rumeurs d’annonce de démission de Duhalde dans ce contexte se sont propagées.
Néanmoins, le gouvernement a nié : "nous allons parler du futur".