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Mercredi le 12 février 2014 : Audience au Tribunal de Paris pour l’extradition de Mario Sandoval. Voir Pétition.

lundi 1er juillet 2013, par CALPA

Le 30 Octobre 2013 la Chambre d’instruction du Tribunal d’Appel de Paris a demandé des informations complémentaires à l’Argentine sur sa demande d’extradition contre le policier Mario Sandoval inculpé de crimes contre l’humanité pendant la dictature. Le Président Jean Bartholin a précisé que la demande sera formalisée auprès de l’Ambassade argentine à Paris et qu’elle porte sur 14 points différents. Ce qui est demandé au juge Sergio Torres à l’origine de la demande sont des documents à caractère juridique sur les questions administratives et sur les conventions internationales et sur le droit interne argentin. La prochaine audience a été fixée au 12 février 2014 et il est possible que le jugement sur le fond soit instruit en mars ou avril pour donner le temps aux deux parties d’étudier le complément d’information demandé à l’Argentine.

Signer la pétition pour l’extradition de Mario Sandoval

Mario Sandoval était présent à l’audience du 9 Octobre, assisté par son avocat Me Lampides

A la demande du Président de la Chambre d’Instruction Jean−Claude Bartholin, un membre de la Chambre d’Instruction a détaillé les charges retenues par le juge argentin Sergio Torres à l’encontre de Mario Sandoval : plus de 600 cas de torture sur 136 victimes, dont Hernan Abriata avec le témoignage figurant dans le rapport officiel de la CONADEP.

Le chargé des affaires politiques de l’Ambassade Mariano Simón Padrós a détaillé les lois et les articles inscrits dans la constitution argentine qui permettent de juger les crimes contre l’humanité et les rendent imprescriptibles.

La présence de Mario Sandoval est bien établie à la Coordination Fédérale de la ESMA entre 1976 et 1979 et il a reçu le 17 novembre 1976 après la disparition de Hernan Abriata, entre autres, les félicitations officielles (une sorte de médaille ou de citation à l’ordre de la police) pour son action contre les "subversifs". Il avait un alias ou pseudo "Churrasco" que l’on peut traduire par "La grillade".

Le Procureur général Jean-Charles Lecompte a cependant demandé des compléments d’information écrits sur le dossier venant du juge Torres, entre autres les éléments exprimés oralement par le chargé d’affaires de l’Ambassade.

L’avocat Me Lampides a commencé par dire que tout le monde était d’accord (sous-entendu son client aussi pour dire que ce qui s’était passé en Argentine à l’époque de la dictature était horrible), mais que son client Mario Sandoval était en France depuis trente ans, était un homonyme avec celui de l’ESMA et qu’il avait travaillé dans beaucoup d’activités y compris pour le gouvernement français.

La Chambre d’Instruction devra se prononcer le 30 octobre sur la demande de compléments d’informations du Procureur général. Si elle confirme la demande, une nouvelle audience sera convoquée après réception des documents complémentaires du juge argentin Sergio Torres.

La campagne pour que l’extradition de Mario Sandoval soit effective doit donc continuer pendant tout ce processus judiciaire qui peut durer longtemps.
Signer la pétition pour l’extradition de Mario Sandoval

Tribune surMediapart pour l’Extradition de Mario Sandoval des philosophes Miguel Benasayag, Jean-Pierre Faye, Olivier Mongin et Bernard Stiegler, et de l’éditeur François Gèze.

Pétition : Extradition de Mario Sandoval poursuivi par la justice argentine

Grâce à la lutte des militants et organismes des droits de l’homme et à la mobilisation de la population, l’Argentine a effectué un processus remarquable de mémoire et de justice à l’égard des crimes perpétrés pendant la dictature de 1976 à 1983.

Le 12 Février 2014, le Tribunal de Paris se prononcera sur la demande d’extradition de Mario Sandoval résidant actuellement en France, transmise par le juge argentin Sergio Torres qui enquête sur les disparitions de personnes détenues à l’ESMA (Ecole de Mécanique de l’Armée) à Buenos Aires.

Le juge Torres mène une instruction mettant en cause Mario Sandoval, ancien officier de police à la « Coordination fédérale » pour avoir été membre des commandos de l’ ESMA, le plus grand centre clandestin de détention et de torture pendant la dictature argentine. De nombreux témoignages de la famille de Hernan Abriata, jeune étudiant péroniste disparu, des survivants de l’ESMA, ont permis au juge Sergio Torres de poursuivre Mario Sandoval pour crimes contre l’humanité dans plus de 400 cas de disparitions dont celles des deux religieuses françaises, Alice Domont et Léonie Duquet.

Considérant que Mario Sandoval, officier de la police politique de Buenos Aires, a participé à des cours de lutte antisubversive, nous ne pouvons que nous indigner qu’il ait ensuite enseigné dans différentes universités françaises, telles que l’Université de Paris III, de Marne la Vallée et l’Institut Catholique et qu’il soit devenu conseiller et expert du renseignements.

Nous citoyens français, associations des droits de l’homme, partis politiques et organisations syndicales, nous demandons fermement à la justice française de tout faire pour ordonner l’extradition de Mario Sandoval et permettre à la justice argentine d’exercer ses droits et de le juger pour crimes contre l’humanité, comme le réclame ardemment de nombreuses associations argentines et des personnalités comme le Prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel.
Signer la pétition pour l’extradition de Mario Sandoval

Traduction del’article de Diego Martinez paru dans Pagina/12 le 30 septembre 2013

Un tortionnaire de la Esma dans la ville lumière

Cela fait un an et demi que le Juge Torres a demandé l’arrestation pour extradition du « Churrasco » « la grillade » Sandoval, pour crimes contre l’humanité sur 400 victimes. Le 9 octobre le Tribunal de Paris examinera la demande.

La France a entre ses mains le sort d’un tortionnaire de l’Esma. Il s’agit de Mario Alfredo Sandoval, ex membre de la « Superintendencia de Seguridad Fedral » apparteant au groupe 3.3 avec le surnom de « Churrasco » « la grillade ». Sandoval a fait carrière en France, où il a tissé des relations dans les milieux universitaires, patronales et politiques. Il est aussi conseiller de paramilitaires colombiens. Cela fait un an et demi que le Juge Sergio Torres a lancé un mandat d’arrêt international pour extradition. Mais « Churrasco » s’est débrouillé pour être emprisonné à peine une semaine, malgré sa mise en cause pour crimes contre l’humanité sur 400 personnes, dont les sœurs Alice Domon et Léonie Duquet, cas pour lequel la France a condamné par contumace Alfredo Astiz et a agi comme plaignant en Argentine. Le 9 octobre, le Tribunal de Paris examinera la demande du juge Torrez. Des membres d’associations humanitaires accompagnés de représentants de la famille de Hernan Abriata, détenu-disparu enlevé par un groupe armé dirigé par Sandoval (cas dénoncé dans le rapport officiel de la Conadep) se sont présentés à l’Ambassade de France avec une lettre adressée au Président François Hollande à qui ils ont demandé que tout soit fait pour garantir son extradition.

Les groupes actifs à la ESMA comprenaient aussi bien des hommes issus de la Marine que de l’Armée de terre, mais aussi de la police, de la pénitentiaire et des civils. En 1976 Sandoval avait 22 ans et était officier sous-inspecteur de la Police Fédéral et avait son bureau au septième étage de Moreno 1417, quatre étages au dessus du centre clandestin de la Superintendencia, d’où ils ont sorti les militants qu’ils ont fusillés à Fatima. Dans son dossier, il est mentionné qu’il donnait des cours de lutte « anti subversive », dans lesquels il enseignait des techniques d’interrogatoire sous la torture et qu’il a été « recommandé » en novembre 1976 pour son action dans les « opérations contre les subversifs ». En 1984, les survivants de la ESMA ont désigné dans leurs déclarations à la Conadep « Churrasco » comme agent du GT 3.3. En 2008 Pagina/12 a informé que le surnom était celui de Sandoval et que la Justice commençait l’enquête qui allait aboutir quatre ans après au mandat d’arrêt.

« C’était un type très bizarre qui faisait du renseignement, un type très instruit par rapport aux autres de l’ESMA et très dangereux. S’il pouvait te flinguer, il te flinguait, il n’y avait pas d’échappatoire avec cet homme, il savait réellement ce qu’il faisait et ce qu’il voulait », a déclaré Alfredo Buzzalino, survivant de l’ESMA. « C’était quelqu’un de différent à l’intérieur de l’ESMA, un type qui manipulait beaucoup d’information, très cultivé. Il ne venait pas très souvent, » a ajouté le témoin qui avait été interrogé une fois au café Richmond de la rue Florida. « Il était brun, peigné en arrière, toujours vêtu d’un costume ». Les témoignages sur l’enlèvement d’Abriata qui mentionnent Sandoval datent de 1984. L’opération s’est déroulée à l’aube du 30 Octobre 1976 au numéro 3235 de la rue Elcano avec un interrogatoire d’Abriata dans la chambre où il dormait. Devant des membres de la famille du militant de la Jeunesse Universitaire Péroniste JUP, un des membres du commando s’est identifié comme « Officier Inspecteur Sandoval de la Coordination Fédérale (l’appellation antérieure de la Superintendencia) et il aprécisé que la « dénonciation » d’Abriata venait de la Faculté d’Architecture où il étudiait et militait. Ils ont pu entendre les surnoms de Halcon, comme se faisait appeler le Capitaine Néstor Savio et « Serpico » qui était Ricardo Cavallo, membres du GT 3.3.

Le 7 novembre six autres étudiant de la faculté d’architecture ont été séquestrés et un seul a survécu. Dix jours après, Sandoval a obtenu la « citation » pour son action dans les opérations "anti-subversifs". Devant le Procureur général du tribunal d’Appel de Paris, le juge Torrez a expliqué que le cas Abriata est un témoignage mais qu’il va inculper Sandoval pour tous les cas de la ESMA enregistrés entre cette date et septembre 1979 quand le policier a été muté à la délégation de la Federal dans la Province du Chaco.

Il n’y a plus eu d’informations sur « Churrasco » jusqu’à 2002, quand Horacio Verbitsky a écrit son article sur deux « journalistes indépendants » arrivés en Argentine avec des lettres de recommandation de Sandoval, devenu professeur à la Sorbonne et expert pour l’Union Européenne sur la Colombie.

Au milieu d’une conférence à l’Ecole Supérieure de la Guerre, un des colombiens s’est présenté comme « Commandant de las Autodefensas Unidas ». Les officiers argentins mirent fin aussitôt à la réunion. En 2008, quand Pagina/12 a publié l’information que Sandoval et Churrasco était la même personne, le journaliste Eduardo febbro a précisé qu’il avait été membre de l’Institut des Hautes Etudes d’Amérique Latine de la Sorbonne et de l’Université de marne la Vallée. Il a mentionné aussi que comme juan Antonio Rubbini Melato, il a été conseiller politique des Autodefensas Unidas de Colombie à la réunion de Santa Fe de Ralito, où s’est conclue une sorte de pacte secret entre les paramilitaires et des hommes politiques colombiens.

En octobre 2012, au courant du mandat d’arrêt, mais encore chez lui au 46 Rue Mouraud dans le XXème arrondissement de Paris, Sandoval a écrit un texte d’anthologie contre « le gouvernement cleptocratique dictatorial de l’Argentine actuelle. Il a mis en garde contre le « danger imminent » que le pays aille vers un « chaos général ou vers l’anarchie », a déclaré que « la rébellion et la désobéissance sont des droits naturels et légaux », a appelé les citoyens à ne pas reconnaître le gouvernement ni les fonctionnaires ni les juges et au cas où il ne serait pas suivi, il a appelé directement les juges à faire respecter les règles judiciaires pour les prisonniers et les persécutés politiques, comme il s’est qualifié lui-même dans son article sans infirmer ni confirmer sa présence à la ESMA.

L’avenir du tortionnaire se définira au Tribunal de Paris. Le premier secrétaire de l’Ambassade de France, Grégory Varennes a reçu jeudi dernier Carlos Lorkipanidse et Carlos Loza de l’Association des Ex prisonniers disparus mais n’a pas souhaité prendre contact avec les memebres de la famille d’Abriata. Le diplomate a reçu la lettre adressée à l’ambassadeur Fréderic Baleine du Laurens, signée par le Prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel et Nora Cortiñas, dans laquelle ils se réfèrent « aux valeurs mises en avant dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 pour réclamer l’extradition immédiate » et ils ont demandé que la lettre soit remise en mains propres au Président Hollande. La justice française a tardé quinze mois pour lancer un mandat d’arrêt contre Sandoval qui est resté détenu à peine une semaine du 5 au 13 juin dernier.

En théorie, il doit se tenir à la disposition de la Justice. Il n’a pas le droit de sortir de France et le mercredi 9 octobre il doit se présenter à l’audience au cours de laquelle se décidera son extradition et en grande mesure sa liberté pour le reste de ses jours. Dans la pratique, Churrasco est libre et seul l’Etat Français peut garantir qu’il comparaisse devant le juge.

Procédure d’extradition en vigueur en France en 2013

Pétition adressée par des organisations et partis argentins au Gouvernement français pour l’extradition d’un tortionnaire de la dictature accusé ce crimes contre l’humanité.

Traduit de Casapueblos-AEDD, voir le site en espagnol

Monsieur l’Ambassadeur de France en Argentine,

Au nom de la famille de Hernan Abriata, victime du génocide perpétré en Argenine et avec des personnalités et des associations de droits de l’homme, nous venons exprimer à l’Ambassade de la République française des inquiétudes concernant l’extradition du tortionnaire Mario Alfredo Sandoval sollicitée par le juge Jorge Torres, Juge à la 12 ème chambre d’instruction de la Capitale fédérale de la République argentine et qui sera examinée à l’audience du tribunal de Paris le 9 Octobre 2013. Nous demandons depuis 37 ans des informations sur le sort de Hernan Abriata qui a disparu le 30 Octobre 1976 et nous affirmons que parmi les membres du commando qui l’ont enlevé et ont perquisitionné la maison où il vivait avec son épouse et celle de ses parents figurait l’Officier de la Police fédérale Mario Alfredo Sandoval. Postérieurement, des survivants de l’Ecole de Mécanique de l’Armée ont reconnu et témoigné sur la présence de Hernan Abriata dans ce centre détention ; beaucoup de dossiers judiciaires l’ont mentionnée.

Nous voulons rappeler l’accord passé entre l’Argentine et la France dans le cadre de la Convention sur la disparition forcée de personnes qui permet une ample collaboration entre les deux pays dans le but d’extrader des fugitifs accusés de crimes contre l’humanité.

L’expérience de la France est largement connue pour ses procédures judiciaires sur son propre territoire envers des tortionnaires de L’ESMA concernant des citoyens français.

L’importance et la répercussion de ces jugements se sont renforcées devant l’impossibilité de leur déroulement en Argentine à cause des lois de « punto final y obediencia debida » et ensuite des amnisties consenties aux chefs militaires condamnés en 1985.

Avec la réouverture des jugements après l’annulation des lois d’impunité, la République française a soutenu activement des plaintes, spécialement sur les cas de Alice Domon et Leonie Duquet, sœurs françaises séquestrées et disparues aux côtés des mères et familles de disparus. Une absence de coopération dans l’extradition du tortionnaire Sandoval par la République française apparaîtrait totalement contradictoire et antagonique avec ces démarches antérieures et anachronique respectivement à la recherche de la vérité, de la connaissance des faits et de la condamnation de leurs auteurs que nous sollicitons depuis tellement longtemps. Une politique active de défense et de protection des droits de l’homme est au centre de la mobilisation de beaucoup de secteurs de la société civile et de différents gouvernements qui se sentent concernés par cette voie de la justice et veulent le demeurer.

La générosité de la France inscrite dans ses valeurs et l’abus de Sandoval qui a profité de ces circonstances pour obtenir dans ce pays une impunité à l’égard de ses crimes atroces ne peut en aucune manière se comprendre comme une politique de son Etat.

La jurisprudence française pourra facilement trouver les mécanismes qui reconnaîtront le caractère continu du délit. Pour autant, nous en appelons aux valeurs inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 pour réclamer l’immédiate extradition de Mario Alfredo Sandoval qui a été membre du Conseil de Défense de l’ex Président Nicolas Sarkozy.

Pour tout ce qui est mentionné ci-dessus, nous demandons au nom du droit à la justice de Hernan Abriata la mise en œuvre de tous les moyens nécessaires pour obtenir l’extradition du tortionnaire Sandoval et que cette pétition soit transmise à temps et dans la forme adéquate à Monsieur le Président de la République française François Hollande.

Respectueusement.

Carlos Loza

Carlos Lordkipanidse

AEDD Presidente Asociación Ex detenidos desaparecidos

AEDD

ADHESIONES FAMILIARES :

Beatriz Cantarini de Abriata- Mónica Dittmar- Juliana Abriata- Laura Abriata-Liliana Abriata- Claudia Dittmar-

ORGANISMOS DE DERECHOS HUMANOS Y PERSONALIDADES :

Adolfo Perez Esquivel (SERPAJ)-Pepa Noia- Nora Cortiñas- Elia Espen- Mirta Acuña de Baravalle - Madres de Plaza de Mayo Línea Fundadora (Marta Vázquez Presidente) - Asociación de Ex detenidos desaparecidos (AEDD)- Movimiento Ecuménico por los Derechos Humanos (MEDH)-HERMAN@S- Liga Argentina por los Derechos del Hombre- Unión por los Derechos Humanos La Plata- Luis ZAMORA- HIJOS LA PLATA- HIJOS ZONA OESTE-APEL-Cómite de Acción Jurídica (CAJ)- Hugo Blasco Secretario de Derechos Humanos CTA NACIONAL- EATIP- Liberpueblo- Secretaría de Derechos Humanos CTA Capital- WILPALA REBELDE- Area de Derechos Humanos ATE Capital- Consejo Directivo ATE Capital-Juan Carlos Capurro- Liliana Alaniz-Pablo Piatigorsky- María Adela Antokoletz- Oscar Repossi- Sonia Zukerfeld- Oscar Kuperman (PRML)- Ruben Yoquet (P.C)- Eduardo de Bianchetti (ATE)- Valeria Canoni- Mónica Gómez Picardo- Ernesto Rosemberg- José Carlos Méndez- Alina Palamarc Zuk- María José Zochi- Enrique León Villeda- Fernando Antonio Trices- Rolando Juárez- Efraín Jesús Espinoza- María Laura Ramognino- Casapueblos (Madrid)- Solidaridad Obrera (Estado español)-Jaime Pastor (Prof. Universitario)- Carlos Taibo (Prof.Universitario)- Campaña apoyo a juicios a los genocidas en Argentina- Adrián Cardozo (psicoterapeuta)- Silvia Basteiro(psicoterapeuta)- Arnold Etchebhere (médico)- Martine Silver (periodista)-

Voir les articles publiés par Calpa sur Mario Sandoval, ses activités en france :
Un tortionnaire de la dictature conseiller de SARKOZY ? Assistera t’il à la rencontre Kirchner Sarkozy du 7 avril ?

Le franco argentin Mario Sandoval suspecté d’assassinats pendant la dictature de 1976 est sous la menace d’une recherche par Interpol

L’Histoire de la Coordination Fédérale

Traduction de l’article de Carlos Rodríguez paru dans PAGINAS 12 Dimanche 16 mars 2008

Dans Les années soixante, mais surtout à partir du coup d’Etat de juin 1966 dirigé par le Général Juan Carlos Ongania, la Superintendencia de Coordination Federal est devenu l’axe de la répression politique dans le Grand Buenos Aires. Si pendant un rassemblement politique ou syndical – toujours tenus dans la clandestinité- on écoutait le cri d’alarme « ils arrivent de Coordina », la dispersion était immédiate. La Coordination fédérale a été contemporaine et ensuite a succédé dans la Police Fédérale à ce qui, pendant la deuxième présidence de Juan Domingo Peron, a été la « section spéciale » qui fonctionnait au Commissariat 8, devant l’Hôpital Ramos Mejia, dans la rue General Urquiza au N° 500, sous les ordres du Colonel Jorge Osinde. Depuis 1974 et surtout depuis le coup d’Etat du 26 Mars 1976, la coordination fédérale, dans le lugubre bâtiment de la Rue Moreno au N° 1417, à cent métres du Département central de la Police, a été un des plus actifs centres clandestins de détention de la Capitale fédérale.

« Cela faisait plusieurs jours que je sentais qu’on me suivait. Il était trois heures et demi du matin quand j’ai été réveillé par des bruits de vitres cassés des fenêtres et j’ai vu qu’ils défonçaient la porte de mon domicile. Le Commissaire Juan Carlos Morales m’a tenue en joue avec un révolver. Avec lui, il y avait (Alberto) Villar et (Luis) Margaride. Ils m’ont sorti sur la terrasse et la pluie de coups n’en finissait pas. Comme j’avais un atelier de réparations de radios pour me faire un peu d’argent, là même ils ont utilisé les câbles pour m’appliquer des décharges électriques. Ils m’ont emmené à la Coordination fédérale et ils ont continué à m’appliquer des décharges électriques pendant deux semaines. » Le témoignage a été fait à Pagina 12 en Août de l’année passée par l’uruguyaen Antonio Viana Acosta, détenu à Buenos Aires le 21 février 1974. Il a été trois mois emprisonné et après il a été expulsé en Uruguay, où la dictature l’a détenu huit ans de plus. A son arrestation, ont participé des groupes qui appartenaient à la Juventud Peronista de la République Argentien(JPRA) que dirigeait pendant ces années là Julio Yessi, bras droit de Jose Lopez Rega au Ministère du Bienestar Social de la Nation.

Les méthodes de la Coordination fédérale ont été créées par le Commissaire Alberto Villar dans le Corps de la Guardia de Infanteria. Un groupe dirigé par Villa avait agi en 1969 pendant la répression des ouvriers et des dirgeants syndicalistes qui avaient participé au Cordobazo en mai de cette année.

En matière de persécution politique, la Coordination fédérale a commencé à apparaître, en même temps que la Section spéciale, pendant les premiers gouvernements du général Peron. Un de ses chefs, en ce temps là, a été le Capitaine Rodriguez. Pendant la dictature militaire qui a commencé en 1976, son chef le plus connu a été le colonel de l’armée Alejandro Arias DUVAL. Depuis fin 1975, dans le bâtiment de la rue Moreno au Numero 1417, s’est installé le groupe de Tarea 2, qui dépendait du Commando du Premier Corps d’armée, dirigé par le Général Carlos Guillermo Suarez Mason. La « patota » bande armée du GT2 était installée au troisième étage et au quatrième étage qui encore aujourd’hui a gardé sa structure de l’époque.

Les étages 5, 6 et 7 ont été utilisés comme centre clandestin de détention. Les détenus étaient maintenus sous statut de « RAF » (« en l’air »), c’est-à-dire que leurs noms ne figuraient dans aucun registre de personnes détenues. Il a existé aussi beaucoup de cas de prisonniers à qui ensuite on a appliqué « le transfert final », comme s’appelait l’ordre d’exécution sans jugement. Un des cas les plus connus a été celui qui s’est passé le 2 juillet 1976 et les jours suivants. Des dizaines de personnes ont été assassinées en représailles à un attentat commis par la guérilla contre le bâtiment de la Coordination fédérale. Pour cet assassinat en masse, la preuve se trouve dans le registre de la morgue judiciaire de la Capitale fédérale, où pendant le mois de cette année là le nombre de cadavres NN (non identifiés) a beaucoup augmenté. Pendant des années, le total des entrées était de un ou deux corps NN (non identifiés) par jour. Entre le 3 et le 7 juillet de cette année, le total de corps NN est monté à 46 presque tous avec la même cause de mort : »blessés par balles dans le crane, le thorax, l’abdomen, hémorragie interne ». Dans tous les cas, il y avait une formule identique : « Trouvé avec d’autres cadavres dans un parking de stationnement rue Chacabuco N° 639, capital Buenos Aires. »

Trente autres cadavres apparurent Dans une autre occasion Dans l’arrondissement de Pilar. « Un (des détenus) m’a commenté que, la nuit antérieure à la découverte de 30 cadavres à Pilar, ils avaient sorti 30 prisonniers de la Coordination fédérale » (Dossier 6976 de la Conadep) “Les trois nous étions bâillonnées et menottées, nous avons été battues pendant tout le trajet et presque pendant tout le transfert. La même personne réapparait avec quelqu’un qui se présente comme médecin et qui veut m’ausculter et devant qui j’ai de nouveau été battue sans aucune visite médicale sérieuse. Etant endormie, je ne sais pas combien de temps après, j’ai entendu que la porte de la cellule s’ouvrait et j’ai été violée par un des gardes. » Le récit fait en son temps devant la commission nationale sur la disparition des personnes (CONADEP) est un exemple des traitements subis par les femmes dans le centre clandestin de la coordination fédérale.

Patrick Rice, prêtre catholique irlandais qui a été détenu dans le même lieu a vu que parmi les détenues, il y avait Maria del Socorro Alonso qui a été torturée alors qu’elle était enceinte, ce qui a provoqué la perte du bébé. « Ils m’ont mis dans une cellule et il y avait 6 personnes dans le même couloir et dans les autres cellules, quatre hommes dans une grande cellule et autant de femmes dans une autre grande cellule. Il y avait une croix svastika peinte sur le mur du fond (…) selon ce qu’on m’a raconté, certains gardiens violaient les femmes à cet endroit. (Dossier 6976 de la CONADEP)

Le groupe central de tortionnaires qui ont agi à la Coordination fédérale (Morales, Villar, Arias Duval) était composé de membres du péronisme d’extrême droite et de hauts fonctionnaires de la dictature militaire. En 1975, avant d’être Ministre de l’Intérieur de la dictature, le Général Albano Harguindeguy a été chef de la Police fédéral et en tant que tel, responsable de la formation du GT2 qui fonctionnait à la Coordination fédérale. Dans les dernières années de la dictature dirigée par Jorge Rafael Videla, comme pour la faire oublier, la vieille « Coordina » a reçu le nom édulcoré de Superintendencia de Seguridad federal, et pendant la démocratie, elle est devenue « Sécurité métropolitaine ».