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Victoire à Lear : la lutte n’est pas finie

mercredi 24 décembre 2014, par CALPA

Mardi 16 décembre, la dixième salle de la Chambre d’Appel du Tribunal de commerce a rendu un arrêt obligeant la Direction de Lear à réincorporer les 28 salariés licenciés qui avaient fait un recours. L’arrêt considère que la direction n’a pas utilisé le recours préventif de crise pour justifier les licenciements collectifs et que le Ministère du travail doit instruire le recours de crise et en attendant impose la réintégration des 28 licenciés. L’arrêt ne prend pas en compte les compagnons qui n’ont pas suivi leurs recours sur conseil des avocats après avoir touché leurs indemnités. Au début, ils étaient 35 licenciés à avoir fait un recours qui en première instance avait été rejeté.

La classe ouvrière a obtenu dans les strates judiciaires une résolution positive qu’il n’a pas conquise sur le lieu de travail, après 7 mois de lutte et des répressions policières violentes. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, comme on l’a vu avec les réintégrations de délégués non reconnus par les directions et les bureaucraties syndicales, ce qui est arrivé pour Lear. Il est évident qu’il y a une crise du régime politique qui se manifeste par des contradictions entre le pouvoir politique et judiciaire. Mais l’exploitation de ces contradictions n’est possible que quand les luttes et les revendications continuent.

Le Ministère du Travail en aucune occasion ne s’est prononcé pour la réintégration de tous les salariés licenciés et il n’a même pas forcé l’entreprise à passer par la procèdure de prévention de crise pour justifier les licenciements. En même temps, les forces répressives de l’Etat ont toujours protégé les intérêts patronaux. La bureaucratie de Smata a démis les délégués combatifs de manière arbitraire. La lutte pour la reconnaissance des délégués démocratiquement élus continue sur le plan judiciaire à l’usine et dans le syndicat. Ce processus renforce le mouvement de lutte.

L’argument judiciaire qui ordonne la réintégration des compagnons est nettement d’inspiration patronale, puisqu’il réclame l’application des recours préventifs de crise sous contrôle de l’Etat et de la direction.

Le gouvernement national a habilité des centaines de recours préventifs de crise à la demande des directions patronales, cela pour « légaliser » les licenciements collectifs. Nous les travailleurs devont défendre notre droit au travail spécialement contre ces recours préventifs.

Cet arrêt rendu par le tribunal est un coup porté à la direction de Lear que nous devrons forcer à mettre en œuvre. A partir de cet arrêt le Ministère du Travail et la direction qui ont agi en commun pendant 7 mois, vont essayer de manœuvrer en appliquant le processus de prévention des crises pour ne pas réincorporer les salariés.

Aucune confiance dans le pouvoir judiciaire et les directions, sinon dans la lutte qui a arraché cet arrêt contre les intérêts de la direction patronale de Lear.

Vive la lutte de Lear et de tous les travailleurs qui résistent à être les victimes de la crise capitaliste.

par Por Juan Pablo Rodríguez PO

voir article sur le sujet du PTS :Lear, un conflit historique (et surtout victorieux !)