Accueil > Actualités > Dakar 2015 : une compétition dénoncée comme criminelle par des archéologues et (...)

Dakar 2015 : une compétition dénoncée comme criminelle par des archéologues et des populations autochtones. Un rallye qui impose un regard colonial sur les territoires traversés.

jeudi 8 janvier 2015, par CALPA

Au de là des 63 morts sur le Dakar en 36 éditions dont celle du Polonais Michal Hernik, pilote moto du Dakar 2015 décédé mardi lors de la 3e étape en Argentine, et 24e concurrent à trouver la mort depuis la première édition de ce rallye raid en 1979, la compétition est qualifiée de criminelle par des archéologues et des populations autochtones en Argentine, au Chili et en Bolivie.

Quand Mijael Flores, étudiant de septième année à l’Ecole América d’Arica a découvert avec son groupe de l’atelier d’archéologie une momie de la culture Chinchorro datée de plus de 7000 ans, il n’a pas seulement confirmé la richesse archéologique et paléontologique du désert d’Atacama mais aussi la nature occasionnelle de la découverte qui montre que le patrimoine archéologique nationale est à l’air libre dans le désert ou près de la côte où il y a plusieurs milliers d’années s’était développée une des cultures les plus anciennes de l’humanité avec des momies de 4.000 ans plus anciennes que celles d’Egypte.

Mais la richesse patrimoniale du désert d’Atacama, selon l’archéologie moderne, pourrait être encore plus ancienne. On parle de vestiges qui datent de 12 ou 13.000 ans, c’est-à-dire de l’époque à laquelle selon les théories actuelles a commencé le peuplement de l’Amérique à travers la migration venue de Sibérie.

Dans ce grand espace désertique, où un malentendu prétend qu’il n’y aurait rien, il y a aussi des vestiges d’une richesse incalculable qui remontent à plus de 7 millions d’années. Les découvertes les plus récentes de ce passé révolu, ont été plus de 70 restes de cétacés retrouvés dans le désert près de Caldera. La plupart sont de la période du Miocène et du Pliocène, quand des parents préhistoriques des baleines actuelles et d’autres êtres que la littérature fantastique a baptisé « monstres marins » vivaient sur notre terre. C’est le patrimoine du désert chilien, patrimoine qui pour la cinquième année consécutive se voit menacé par le Rallye Dakar.

Destruction millénaire

Selon l’observation du Conseil des Monuments Nationaux validée par le collège des archéologues, parmi les sites détruits ou endommagés on trouve des géoglyphes des villages, des cimetières, des empreintes et des routes (parmi lesquels on compte la route de l’Inca), des sites de de l’époque salitrera, ateliers lithiques et beaucoup d’autres éléments dans les régions d’Arica, de Parinacota, d’Atacama et de Coquimbo.

Pour Paula Gonzales, vice-présidente du collège des archéologues, le Rallye Dakar n’est pas autre chose que l’attentat le plus grave qui existe contre le patrimoine national », avec des dommages irrécupérables du point de vue scientifique et qu’il compte sur l’appui de l’Etat ou sur son ambiguïté.

Le premier Dakar a eu lieu pendant la première administration Bachelet en 2009. Selon les études de CMN (N°2.918/09) 5 sites archéologiques dénommés « Quebrada Pelicanos 1 », « Quebrada Pelicanos 2 », « San Antonio é », « Majada El Tomate 1 » et « Majada El Tomate 3 » et un regroupement de sites archéologiques dénommés « Département Archéologique Pampa Austral camino Oeste » localisés dans la région de Atacama et de Coquimbo ont été détruits. La datation de ces sites était antérieure à 4000 ans, soit 2000 ans AV JC.

En 2010 on a constaté que 52 des 111 sites examinés avaient été endommagés. L’information de l’époque précise : « On ne sait rien des dommages causés dans les autres zones où il y a eu des changements d’itinéraire de dernier moment imposés par l’organisation, des déviations ou des concurrents perdus. »

L’information technique d’évaluation du Rallye Dakar 2011, élaboré par le Département d’archéologie du Conseil des Monuments nationaux, précise que sur les 283 sites évalués, 126 présentaient des dommages de gravités diverses. Dans l’information de cette année, le Conseil affirme « Le Dakar est une activité hautement dommageable pour el patrimoine archéologique et historique du pays. »

Selon les statistiques, pendant les Dakar 2012 et 2013, les dommages ont été réduits, mais aussi bien le Conseil que le Collège d’archéologues font remarquer que le calcul des sites endommagés est relatif parce que l’information disponible sur l’évaluation des dommages de l’année 2012 (qu’a réalisé l’Institut National du Sport) est faible et a été réalisée sans information concrète sur les routes empruntées par les caravanes.

C’est pourquoi, il y a de bonnes raisons de penser que beaucoup de sites n’ont pas été enregistrés et donc n’ont pas été protégés. Pour autant, le calcul de sites endommagés dans la version 2013 du Rallye est très approximatif. En tout état de cause, ces chiffres sont très conservateurs, dit Paula Gonzales parce que les évaluations de dommages n’ont pas été exhaustives et ont appliqué un critère qui restreint l’aire d’influence directe du rallye à des tracés rectilignes sans prendre en compte les aires de campement, de stationnement et tous les lieux occupés par le public qui comprennent aussi des sites archéologiques détruits.

L’Etat enfreint la loi

A la fin mai et pendant le débat autour d’un nouveau passage du Dakar par le Chili après le tremblement de terre dans le Nord du pays, la Ministre des sports Natalia Riffo a levé les doutes et a confirmé la participation du Chili à la compétition la plus dure de sport sauvage dans le monde.

Cette confirmation, pour les défenseurs du patrimoine a été ressentie comme un revers grave et montre encore une fois le double discours en matière de protection du patrimoine que tiendra l’Etat représenté par l’Administration de la nouvelle majorité.

« C’est une grande déception parce que nous espérions que l’administration Bachelet ne continuerait pas avec ce grave attentat contre notre patrimoine culturel et naturel, compte tenu des nombreuses preuves des dommages causés à la nature, flore, faune et paysage du Nord du Chili et aux monuments archéologiques. » Dt Gonzales.

L’ambivalence selon les scientifiques consiste en ce que « le rallye Dakar a produit une fracture dans tout le régime juridique de protection qui protégeait les monuments nationaux archéologiques du Chili ». Normalement, quand quelqu’un détruit un site archéologique, explique Gonzales qui est archéologue et avocate, « le Conseil de Défense de l’Etat agit légalement contre l’auteur à travers L’Action pour dommage à l’environnement, le poursuit pénalement et obtient des sanctions civiles et pénales. »

Dans le cas du Dakar, les plaignants accusent l’Etat de s’être dégagé de toutes responsabilités.

« L’article 38 de la Loi des monuments nationaux précise que la destruction de sites archéologiques revêt le caractère de délit et pourtant l’Etat chilien n’a pas poursuivi la responsabilité pénale des auteurs de ces destructions réitérées de sites archéologiques. », soutient le Collège dans une information de Mai 2014 du Département d’anthropologie de l’Université du Chili. Pour Carlos Carrasco, président du Collège, un des aspects les plus graves, ce n’est pas seulement que l’Etat ne poursuit pas les coupables, c’est Qu4il encourage ces destructions de patrimoine et qu’en plus il paye 4 millions de dollars.

Même si la Ministre des sports répond que cet argent est payé par l’Etat pour que le Rallye passe par le Chili, Carrasc, met en avant l’ensemble des coûts que cela représente pour le pays. Il faut prendre en compte les effectifs policiers, les avions qu’utilisent l’organisation, le traitement des ordures, les milliers de litres d’huile qui restent stockés dans le désert, les pneus qui sont changés par les concurrents et qui restent sur le bord de la route, tout ce qui est pris en charge par les gouvernements locaux. Bons de carbone.

Dans un communiqué final, la Ministre des sports Natalia Riffo a déclaré que « depuis le début nous avons agi avec sérieux et responsabilité politique. C’est notre devoir, pour cela nous sommes très contents d’être arrivés à un accord qu permet au Chili d’agir pour les intérêts des zones affectées par le tremblement de terre et garantir deux aspects fondamentaux : la protection du patrimoine et de l’environnement. »

Selon les informations obtenues par des sources de ce Ministère, cet accord « a été communiqué au Conseil des Monuments nationaux et au Collège des archéologues au cours d’une réunion qui s’est tenue la semaine dernière et que l’information a été déclarée satisfaisante par les archéologues, surtout après le nouvelle révision du tracé de la compétition et de la compensation aux dommages environnementaux que versera l’entreprise ASO (Amaury Sport Organisation) sous forme de bons carbone.

Pourtant Carraco explique « qu’ils (Ministère des sports) ne s’engagent pas à grand-chose. Ils nous ont informé qu’ils ont pris des précautions et que comme d’autres organismes d’Etat, comme CONAF, ils essayent de régulariser un peu ce thème du Dakar. Ils reconnaissent qu’il y a une dérégularisation et qu’ils essayent d’y remédier autant qu’ils peuvent. En aucun cas, cela ne nous satisfait, nous leurs demandons qu’ils s’engagent dans une prévention effective. »

Luis Mariano Rendón, qui avec le Collège d’archéologues et d’autres institutions a obtenu après 5 ans d’actions légales ininterrompues pour préserver le patrimoine que la justice instruise cette année un Recours en protection, déclare « qu’il ne comprend pas comment les bons de carbone peuvent compenser le dommage patrimonial puisque ces bons sont sensés compenser les émissions de gaz à effet de serre et non la destruction de sites archéologiques. »

L’extinction du peuple Aymara

Ariel León Bacián, President de la Corporación Cultural Aymara, explique que pour son peuple le rallye est simplement « criminel ». Pour le représentant de ce peuple autochtone, le problème fondamental est dans la valeur que l’Etat chilien accorde à la culture. Pendant que le tourisme bénéficie du passage du Rallye au Chili et intègre le pays dans le concert international, le processus que défend l’Etat signifie « l’extinction de notre peuple ».

« Nous, comme peuples autochtones, sommes pour le dire d’une certaine manière quasi en extinction et le Dakar, ce qu’il fat en définitive, c’est effacer notre culture, notre présence territoriale et contribue à notre disparition en tant que peuple. Pour cela, nous considérons qu’aucun bénéfice ne peut compenser l’extinction de notre culture de notre patrimoine. »

La marche pour le patrimoine.

Une des ambiguïtés les plus évidentes de ce double discours en matière de défense du patrimoine se trouve dans la présence de la Ministre de la Culture Claudia Barattini dans la marche pour la défense du Patrimoine qui a regroupé plus de 105 organisation le 24 mai dernier. Pour Rosario Carvajal, Presidente de l’Association Chilienne de Barrios y Zonas Patrimoniales, la présence de la ministre à cette marche constitue un soutien tacite de l’Etat à la nécessité de défendre le patrimoine, soutien qui d’une certaine manière peut paraître contradictoire avec le rôle de l’Etat dans l’accord sur le Dakar 2015.

« Nous espérons que la Ministre Barattini ait la capacité de prendre la tête d’un processus et de cadrer les autres ministres pour éviter ces incohérences entre eux, comme d’avoir une ministre participant à cette marche et montrant sa sensibilité et d’en avoir un autre autorisant encore une fois le Dakar qui provoque des dommages irréparables. » conclut-t-il. Par : HECTOR COSSIO

reprise d’un article paru sur Calpa en 2009

Un rallye qui impose un regard colonial sur les territoires traversés.

L’organisation a utilisé des méthodes douteuses pour tracer le parcours de la course : pressions de l’organisation pour obtenir les autorisations de traverser les champs, non respect des zones riches en patrimoine archéologique et paléontologique.

Malgré l’apparent succès public du rallye en Argentine, des voix se sont radicalement opposés à son déroulement en Argentine. Eléments repris dans les articles de Gustavo Veiga dans Pagina 12 et de Natalia Gelos dans Clarin : Des organisations écologistes, des communautés arborigènes, des petits agriculteurs et des scientifiques se sont organisés pour dénoncer les atteintes à la nature et à leurs conditions de vie. De Cordoba à Rio Negro, de Mendoza à Chubut, leurs voix s’élèvent pour dénoncer les pressions sur ceux qui ont refusé l’accès à leurs terres, les phrases discriminatoires qu’aurait prononcé un maire contre les mapuches qui protestent, le rôle curieux joué par un italien en Patagonie qui prétendait appartenir à Greenpeace et qui essayait de convaincre les populations de laisser passer la course et ses concurrents sur leurs terres et dans les zones protégés où la faune et la flore sont mis en danger.

Cayo Valenzuela, membre du Conseil Indigène et habitant de Inginiero Jacobacci où les détracteurs du rallye ont réussi à faire changer le parcours aux organisateurs. Il a déclaré à pagina 12 : « un italien, Tiziano Siviero, vice président de OTTA (organisation tout terrain argentin) a organisé une réunion avec nous pour nous faire signer une autorisation de passer sur notre territoire. Il est important d’aouter qu’il s’est présenté comme appartenant aussi à l’organisation Greenpeace. Il avait pris connaissance du refus de la population par un document publié par un groupe d’agriculteurs et il a cherché à nous rencontrer.

Personne n’a cédé au Rallye, du moins à Rio Negro. Le parcours s’est limité aux routes provinciales et aux chemins de terre. Il n’a pas pu intégrer des tronçons à travers champ. Lino Pizzolon, un spécialiste de l’université Nationale de Patagonie en écosystème aquatique a dénoncé 6 mois de pression sur les propriétaires agricoles et les populations rurales pour qu’ils laissent ouvert les barrières de leurs champs. Certains se sont laissé convaincre, d’autres non. Les premiers le déplorent maintenant, mais il est trop tard. A Mendoza, Marcelo Giraud, de l’assemblée populaire pour l’eau, a déclaré que la secrétaire d’Etat au tourisme a menti ou était mal informée quand elle a dit il y a une quinzaine de jours que toutes les provinces avaient déjà donné leur accord sur les aspects environnementaux de l’organisation. Celle de la Province de Mendoza a été donnée la semaine dernière seulement et le document n’a pas encore été publié dans le journal officiel. Les témoignages de ce type sont nombreux dans toutes les provinces traversées par le Dakar. Mais à Jacobacci, où les mapuches ont bloqué le projet du maire radical Carlos Torro et des organisateurs, Valenzuela a fait une dénonciation mettant en cause le Maire : « Il est furieux.

Il a dit que nous allions le payer cher parce qu’une étape de la course va se terminer à Maquinchao et pas à jacobacci, comme il le voulait. Il a déclaré dans les médias locaux que des fantasmes noirs avaient gâché le rallye. Nous voulons savoir ce qu’il a voulu dire avec cette formule. » En Patagonie, les éleveurs de chèvres et de moutons ont subi des pressions pour autoriser le passage sur leurs terres. Dans la province de Rio Negro, le parcours a finalement emprunté des chemins que l’Etat ne remet jamais en état. Un autre membre du conseil indigène Hermenegildo Chacho Liempe considère que : « Pour le Dakar, c’est comme si nous n’existions pas. Quand ils sont venus, ils ont dit que c’était un désert, alors que cela ne l’a jamais été et ça ne l’est pas aujourd’hui. Ils ne peuvent pas venir sans respecter nos droits sur ces terres. Ni l’Etat, ni les entreprises ne peuvent exercer ces violences. Argent frais. Les provinces de Mendoza et de la Pampa ont versé un million de pesos (220.000 euros) à l’organisation du rallye. Le gouverneur de Mendoza, Celso Alejandro Jaque a fait passer un décret “Un versement de 1 million de pesos est effectué à l’organisation Dakar SA pour couvrir les frais engagés pour organiser la course “rallye Dakar 2009” en janvier 2009 dans la province de Mendoza. Le nom du récipiendaire est le directeur de la course Etienne François Dominique Lavigne. Dans l’édition du 6 janvier du journal La Pampa, le gouverneur Mario Jorge a justifié le versement du million de pesos pour que la course traverse sa province : « Tout ce qui est bon pour la population est bien alloué, et encore plus si c’est du sport. Mais, en plus, le passage des concurrents leur fait connaître la région et beaucoup sont des étrangers » Ces 2 millions de pesos sont peu en relation à ce que l’organisation du rallye prévoit de verser aux associations écologistes, comme elle l’annonce sur son site officiel. « Pour manifester son engagement écologique, ASO a décidé de consacrer une partie des frais d’inscription des participants à la course à la « eco participation » ; 50 euros pour les motos et les quads, 100 euros pour les voitures et 150 euros pour les camions. Les sommes collectées seront versées à une ou plusieurs associations qui travaillent à la protection de l’environnement. Giraud, de l’assemblée populaire pour l’eau a précisé qu’à sa connaissance, aucune des organisations renommées de la province de Mendoza n’a reçu d’argent et qu’elles ne l’auraient pas accepté.

Le revers de la médaille : Il y a eu un propriétaire qui a voulu négocier de son coté le passage du rallye sur leurs terres. Il a du penser qu’il pourrait gagner beaucoup d’argent avec le bivouac. Mais cela n’a pas marché, a ajouté Valenzuela de Jacobacci.

Une plainte de 55 pages Trois membres d’organisations écologistes de Mendoza, Eduardo Sosa (Oikos, Red Ambiental), Marcelo Giraud et Luis Sanchez ‘Assemblée populaire pour l’eau) ont déposé une plainte auprès Du tribunal de la province contre le Rallye Dakar Argentine Chili 2009 le 29 décembre 2008. Ils développent un argumentaire sur le non respect de la procédure d’évaluation de l’impact sur l’environnement prévue par la loi. Dans le texte très complet, ils citent les conclusions de l’Institut argentin de recherche Dans les zones désertiques (Iadiza). « Une activité impliquant environ 500 véhicules (entre camions, autos, motos, quads) sur des parcours sélectionnés à grande vitesse dans les espaces naturels de Mendoza est grave pour les conséquences environnementales. La plainte porte aussi sur la dissimulation d’information sur le parcours. Elle mentionne aussi les espèces animales qui ont été menacées par le rallye (flamands roses, guanacos- lamas, et divers types de reptiles), les invasions de terre dénoncées par les communautés huarpes et elle cite une phrase des organisateurs « les chemins sont mal préparés pour le passage des véhicules » Les mallines (lieux humides et bas où le bétail s’alimente) ne le supporteront pas non plus, des barrières ont été cassées il y a des mois pour tester le parcours dans la région de Anecon Chico, Rio Negro. « En Patagonie, où le principal et le plus grave problème environnemental est l’avance de la désertification, autoriser cette course est un projet machiavélique, s’est indigné le docteur Pizzolon d’Esquel où les habitants sont déjà sensibilisés aux problèmes environnementaux avec la mine d’or à ciel ouvert.

L’association professionnelle des archéologues argentins (AAPRA) a aussi fait une déclaration dénonçant les risques pour le patrimoine archéologique dans les zones traversées par la course et ils ont clairement pris position contre l’organisation du rallye. « Tous les sites n’ont pas été répertoriés et les concurrents peuvent détruire des vestiges importants en traversant des zones prétendument désertiques. Beaucoup de sites comme Somuncura dans la province de Rio Negro et Fiambala (Catamarca), recèlent des vestiges de peuples nomades. L’AAPRA n’a jamais eu accès au tracé final pour des questions de confidentialité. L’Argentine compte également des sites très riches en fossiles. Le patrimoine paléontologique peut être menacé par la course.

Un chercheur de l’université de Comahue a résumé les critiques en déclarant que le rallye « une pratique qui légitime la colonisation. Il s’approprie des territoires en les désignant comme on l’a fait à l’époque coloniale avec racisme et en stigmatisant des bouc-émissaires. Il porte un regard « cafishio » sur les territoires traversés et désigner la Patagonie comme un désert n’a jamais été neutre et ça ne l’est pas aujourd’hui tout en utilisant commercialement ses valeurs symboliques.

voir en espagnol la revue de la Conicet de l’université de Cordoba :
Boletin sobre Practicas y Estudios de Accion colectiva