Accueil > Actualités > 18 Février 2015 : Extradition de Mario Sandoval réexaminée au Tribunal de (...)

18 Février 2015 : Extradition de Mario Sandoval réexaminée au Tribunal de Versailles

mercredi 18 février 2015, par CALPA

40 ans après les faits qui lui sont reprochés, 8 ans après les premiers articles qui ont dénoncé la présence de Mario Sandoval dans l’Intelligence économique et l’Université française et 3 ans après que le juge Torres a adressé au Gouvernement français une demande d’extradition pour que Mario Sandoval puisse être jugé en Argentine, le Tribunal de Cassation a décidé de relancer la procédure judiciaire pouvant conduire à son extradition. La Chambre d’instruction de la cour d’appel de Versailles reprendra le dossier et statuera en fonction des éléments produits par les deux parties : l’Ambassade argentine et la défense de Mario Sandoval. La mobilisation doit continuer pour que la justice soit rendue. L’avocate Sophie Thonon qui représente le gouvernement argentin dans cette affaire d’extradition a estimé que « la chance que nous avons, et qui n’est pas courante en matière d’extradition, c’est que la décision a été cassée, mais avec renvoi devant la cour d’appel de Versailles. »

Louis Joinet ancien Président du Syndicat de la Magistrature a écrit une Tribune dans Libération du 18 février 2015 pour rappeler que le Tribunal français ne doit pas remettre en cause le caractère continu du crime de disparition français comme l’a fait l’Avocat général de la cour de Cassation de Paris. « Ce serait aller à l’encontre de l’évolution générale du droit international et par intégrisme légaliste à priver les proches des disparus – qui sont aussi des victimes – du droit de savoir et du droit à la justice consacrés par la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

La qualification de crime continu a été utilisée par la Cour d’Appel parce que la disparition ne figure pas au code pénal français. Elle s’applique aux cas de personnes enlevées qui ne sont pas réapparues en vie. En Argentine, beaucoup de corps de personnes disparues ont été retrouvés depuis la fin de la dictature en 1983, mais ce n’est pas le cas de celui de Hernan Abriata. Le 21 janvier 2015, l’avocat général a fait cette incroyable déclaration. On ne peut pas admettre que la disparition d’Hernan Abriata se soit prolongée après 1983, quand l’Argentine est retournée à la démocratie avec l’élection du Président Raoul Alfonsin. C’est comme s’il affirmait : La démocratie fait réapparaître les morts par disparition forcée des dictatures du seul fait de son exercice du pouvoir. De la magie et de la sublimation de la démocratie !

La justice française ferait marche arrière en renonçant à reconnaître le crime le plus odieux, la disparition forcée initiée dans les année soixante dix par les dictatures et en particulier celle de 1976 de Videla en Argentine pour échapper aux campagnes internationales comme celle qu’avait connue la dictature de Pinochet avec ses milliers d’assassinats "immédiats" et ses cadavres identifiés.

Cette position de l’avocat général est d’autant plus surprenante qu’en 2010 la cour d’assises de Paris a prononcé 14 condamnations dans le procès de 4 Français disparus pendant la dictature de Pinochet.

Témoignage de Rosa Gertrudis Cantarini, la mère de Hernán Abriata, étudiant disparu mettant en cause Mario Sandoval

Pétition pour l’extradition de Mario Sandoval

voir Tribune sur Mediapart pour l’Extradition de Mario Sandoval des philosophes Miguel Benasayag, Jean-Pierre Faye, Olivier Mongin et Bernard Stiegler, et de l’éditeur François Gèze.

voir article Libération : Les présumés tortionnaires ont-il droit à l’oubli ?

voirles autres articles sur Mario Sandoval