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9 Décembre 2015 convocation à 09.30 H.- TRIBUNAUX DE COMODORO PY - SALA AMIA - BUENOS AIRES

lundi 7 décembre 2015, par CALPA

CONVOCATION POUR LA MEGACAUSA ESMA

Chers compagnons, nous vous convoquons à un événement historique pour la lutte de notre peuple. Le 9 décembre, le Tribunal demandera a condamnation de chacun des 57 génocidaires pour la disparition de 789 compagnons.

voir la liste des poursuivis, dont Alfredo Astiz

Il y a 30 ans, un 9 décembre la Chambre fédérale de la Capitale fédérale dans un jugement historique a condamné les membres des premières juntes militaires. Aussi le 9 décembre 1948 l’ONU a ratifié la convention pour la prévention et la sanction du délit de génocide. Génocide qui a permis en Argentine de produire les conditions nécessaires à la réorganisation de la société et d’imposer un endettement externe qui a enchaîné notre pays à la logique de l’oligarchie financière.

La participation de tous les compagnons qui pourront assister à la demande de châtiments de la partt du Tribunal est une manière d’accompagner l’effort et l’engagement des compagnons, des survivants, des organisations et des familles.

C’est le jugement le plus grand de la République argentine qui met sur le banc des accusés les auteurs matériels du génocide qui a été perpétué à l’ESMA entre 1976 et 1983.

La lutte qui pendant plusieurs décades a été menée par les familles les survivants les organisations de droits de l’homme et le peuple dans son ensemble pour arriver à ce jugement se reflètera dans le visage et la mémoire des 789 compagnons disparus et survivants qui sont passés par ce camp de concentration.

L’importance politique de notre présence, c’est appuyer la longue enquête qui compte tenu du nombre de cas examinés a été réalisée pour démontrer que dans leur majorité ces compagnons appartenaient à des collectifs religieux politiques, syndicaux, sociaux, culturels et territoriaux et que cela pouvait être qualifié de génocide dans sa volonté d’exterminer toute forme d’organisation pour implanter un modèle économique politique sociale antipopulaire.

Les nouvelles générations aujourd’hui ont des activités culturelles, sociales, politiques religieuses comme un fait naturel. C’est le résultat de la lutte que notre peuple mène depuis des dizaines d’années qui permet aujourd’hui l’expression de la liberté et de la solidarité des jeunes et des nouveaux acteurs sociaux.

Pour ceux qui ne pourront pas être présents nous les invitons à suivre en direct l’audience sur la page www.cij.gob.ar

Justice et chatiment pour tous les génocidaires
Justice pour tous les compagnns
Nous n’oublions pas.
Nous ne pardonnons pas
Nous ne nous réconcilions pas

sur l’ESMA aticle de françois Geze

L’Histoire de la Coordination Fédérale

Traduction de l’article de Carlos Rodríguez paru dans PAGINAS 12 Dimanche 16 mars 2008

Dans Les années soixante, mais surtout à partir du coup d’Etat de juin 1966 dirigé par le Général Juan Carlos Ongania, la Superintendencia de Coordination Federal est devenu l’axe de la répression politique dans le Grand Buenos Aires. Si pendant un rassemblement politique ou syndical – toujours tenus dans la clandestinité- on écoutait le cri d’alarme « ils arrivent de Coordina », la dispersion était immédiate. La Coordination fédérale a été contemporaine et ensuite a succédé dans la Police Fédérale à ce qui, pendant la deuxième présidence de Juan Domingo Peron, a été la « section spéciale » qui fonctionnait au Commissariat 8, devant l’Hôpital Ramos Mejia, dans la rue General Urquiza au N° 500, sous les ordres du Colonel Jorge Osinde. Depuis 1974 et surtout depuis le coup d’Etat du 26 Mars 1976, la coordination fédérale, dans le lugubre bâtiment de la Rue Moreno au N° 1417, à cent métres du Département central de la Police, a été un des plus actifs centres clandestins de détention de la Capitale fédérale.

« Cela faisait plusieurs jours que je sentais qu’on me suivait. Il était trois heures et demi du matin quand j’ai été réveillé par des bruits de vitres cassés des fenêtres et j’ai vu qu’ils défonçaient la porte de mon domicile. Le Commissaire Juan Carlos Morales m’a tenue en joue avec un révolver. Avec lui, il y avait (Alberto) Villar et (Luis) Margaride. Ils m’ont sorti sur la terrasse et la pluie de coups n’en finissait pas. Comme j’avais un atelier de réparations de radios pour me faire un peu d’argent, là même ils ont utilisé les câbles pour m’appliquer des décharges électriques. Ils m’ont emmené à la Coordination fédérale et ils ont continué à m’appliquer des décharges électriques pendant deux semaines. » Le témoignage a été fait à Pagina 12 en Août de l’année passée par l’uruguyaen Antonio Viana Acosta, détenu à Buenos Aires le 21 février 1974. Il a été trois mois emprisonné et après il a été expulsé en Uruguay, où la dictature l’a détenu huit ans de plus. A son arrestation, ont participé des groupes qui appartenaient à la Juventud Peronista de la République Argentien(JPRA) que dirigeait pendant ces années là Julio Yessi, bras droit de Jose Lopez Rega au Ministère du Bienestar Social de la Nation.

Les méthodes de la Coordination fédérale ont été créées par le Commissaire Alberto Villar dans le Corps de la Guardia de Infanteria. Un groupe dirigé par Villa avait agi en 1969 pendant la répression des ouvriers et des dirgeants syndicalistes qui avaient participé au Cordobazo en mai de cette année.

En matière de persécution politique, la Coordination fédérale a commencé à apparaître, en même temps que la Section spéciale, pendant les premiers gouvernements du général Peron. Un de ses chefs, en ce temps là, a été le Capitaine Rodriguez. Pendant la dictature militaire qui a commencé en 1976, son chef le plus connu a été le colonel de l’armée Alejandro Arias DUVAL. Depuis fin 1975, dans le bâtiment de la rue Moreno au Numero 1417, s’est installé le groupe de Tarea 2, qui dépendait du Commando du Premier Corps d’armée, dirigé par le Général Carlos Guillermo Suarez Mason. La « patota » bande armée du GT2 était installée au troisième étage et au quatrième étage qui encore aujourd’hui a gardé sa structure de l’époque.

Les étages 5, 6 et 7 ont été utilisés comme centre clandestin de détention. Les détenus étaient maintenus sous statut de « RAF » (« en l’air »), c’est-à-dire que leurs noms ne figuraient dans aucun registre de personnes détenues. Il a existé aussi beaucoup de cas de prisonniers à qui ensuite on a appliqué « le transfert final », comme s’appelait l’ordre d’exécution sans jugement. Un des cas les plus connus a été celui qui s’est passé le 2 juillet 1976 et les jours suivants. Des dizaines de personnes ont été assassinées en représailles à un attentat commis par la guérilla contre le bâtiment de la Coordination fédérale. Pour cet assassinat en masse, la preuve se trouve dans le registre de la morgue judiciaire de la Capitale fédérale, où pendant le mois de cette année là le nombre de cadavres NN (non identifiés) a beaucoup augmenté. Pendant des années, le total des entrées était de un ou deux corps NN (non identifiés) par jour. Entre le 3 et le 7 juillet de cette année, le total de corps NN est monté à 46 presque tous avec la même cause de mort : »blessés par balles dans le crane, le thorax, l’abdomen, hémorragie interne ». Dans tous les cas, il y avait une formule identique : « Trouvé avec d’autres cadavres dans un parking de stationnement rue Chacabuco N° 639, capital Buenos Aires. »

Trente autres cadavres apparurent Dans une autre occasion Dans l’arrondissement de Pilar. « Un (des détenus) m’a commenté que, la nuit antérieure à la découverte de 30 cadavres à Pilar, ils avaient sorti 30 prisonniers de la Coordination fédérale » (Dossier 6976 de la Conadep) “Les trois nous étions bâillonnées et menottées, nous avons été battues pendant tout le trajet et presque pendant tout le transfert. La même personne réapparait avec quelqu’un qui se présente comme médecin et qui veut m’ausculter et devant qui j’ai de nouveau été battue sans aucune visite médicale sérieuse. Etant endormie, je ne sais pas combien de temps après, j’ai entendu que la porte de la cellule s’ouvrait et j’ai été violée par un des gardes. » Le récit fait en son temps devant la commission nationale sur la disparition des personnes (CONADEP) est un exemple des traitements subis par les femmes dans le centre clandestin de la coordination fédérale.

Patrick Rice, prêtre catholique irlandais qui a été détenu dans le même lieu a vu que parmi les détenues, il y avait Maria del Socorro Alonso qui a été torturée alors qu’elle était enceinte, ce qui a provoqué la perte du bébé. « Ils m’ont mis dans une cellule et il y avait 6 personnes dans le même couloir et dans les autres cellules, quatre hommes dans une grande cellule et autant de femmes dans une autre grande cellule. Il y avait une croix svastika peinte sur le mur du fond (…) selon ce qu’on m’a raconté, certains gardiens violaient les femmes à cet endroit. (Dossier 6976 de la CONADEP)

Le groupe central de tortionnaires qui ont agi à la Coordination fédérale (Morales, Villar, Arias Duval) était composé de membres du péronisme d’extrême droite et de hauts fonctionnaires de la dictature militaire. En 1975, avant d’être Ministre de l’Intérieur de la dictature, le Général Albano Harguindeguy a été chef de la Police fédéral et en tant que tel, responsable de la formation du GT2 qui fonctionnait à la Coordination fédérale. Dans les dernières années de la dictature dirigée par Jorge Rafael Videla, comme pour la faire oublier, la vieille « Coordina » a reçu le nom édulcoré de Superintendencia de Seguridad federal, et pendant la démocratie, elle est devenue « Sécurité métropolitaine ».