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La démocratie argentine : le gouvernement et...

mercredi 20 décembre 2017, par CALPA

La démocratie argentine : le gouvernement et les députes au service du grand capital et le peuple dans la rue en défense de ses droits et contre la répression

Lundi dernier, la Chambre de Députes a approuvé une nouvelle loi sur les retraites. On modifie le mode de calcul des augmentations annuels afin de réduire les pensions de 5 millards de € par année . Il s’agit d’une vrai spoliation, dans un pays qui connait un taux d’inflation annuel de plus de 20 %. Cette loi fait partie du plan d’austérité qui met en place le gouvernement de Macri. Elle est suivie par une reforme des impôts et par l’abrogation de pans entiers du Code du Travail.

La réponse ouvrière et populaire a cette politique a été impressionnant, historique. Une première mobilisation a eu lieu jeudi 14, avec de milliers de personnes. Lundi 18, à l’appel de plusieurs syndicats, des tendances lutte de classes (« clasismo », en Argentine), des mouvements sociaux, des tendances « autonomes » et aussi des partis de gauche, surtout de la gauche trotskiste, plusieurs centaines de milliers de personnes, surement plus de 300.000, se sont rassemblés devant la Chambre de Députes pour essayer d’empêcher l’adoption de la loi. Les ouvriers se sont organisées en dizaines et dizaines de cortèges, par usine, par syndicat, par mouvement, par parti, avec les indépendant et la population, les retraités, la jeunesse. C’était une manifestation de lutte dans les meilleurs traditions du mouvement ouvrier et populaire de l’Argentine -le Cordobazo de 1969, les grèves de 1975 contre le gouvernement péroniste, la rébellion du 2001 contre le gouvernement radical, la journée de Puente Pueyrredón de 2002 contre le péroniste Duhalde.

Avec plus de férocité et d’acharnement, la répression a été terrible. Pendant des heures, la Police a attaqué et frappé les manifestants avec des gazes, des camions hydratants, de balles de gomme, des battons. Plusieurs manifestants on du être hospitalisés, avec la perte d’un yeux. Il ya eu plus de 60 détenus et déferres aux juges. Nous saluons la résistance des manifestants et des cortèges, qui a fait face à la répression policière avec les moyens disponibles.

En 2017 on a enregistré jusqu’à maintenant 514 détenus dans des manifestations et conflits sociaux, contre 217 pendant tout 2016. La répression est devenu le moyen normal de répondre à la lutte des travailleurs et du peuple.

La bureaucratie des syndicats - la CGT - a trahi une nouvelle foi. Elle a appelé à une grève à partir de 14 hs., sans référence à la manifestation. Par ailleurs, la grève a été très mal suivie parce que les syndicats les plus importants comme ceux du transport, l’ont boycottée. La direction de la CGT, sans vergogne, a condamné la soi disant « violence » des manifestants et approuvé la répression. Elle s’est alignée complètement sur les positions du gouvernement.

L’adoption des lois présentées par le gouvernement est possible seulement par la collaboration des gouvernements péronistes des provinces -y comprit le gouvernement Kirchner de Santa Cruz- et par la passivité complice du kirchnerisme, qui connait seulement les manœuvres parlementaires et qui a peur aussi de la mobilisation populaire.

En Argentine, on assiste à une nouvelle rébellion populaire, dont le trait dominante est la présence et le rôle des militants et tendances ouvriers lutte de classes, en rupture et opposition avec le péronisme, dont le kirchnerisme fait partie.

Le CALPA salue cette nouvelle manifestation de lutte, contre le gouvernement capitaliste, contre le plan d’austérité, contre la répression.

CALPA, le 2O décembre 2017