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Un ex-tortionnaire à la tête de la répression contre les lycéens

samedi 15 juin 2002, par José Larrea

etsirr"Au début, on ne savait quoi faire, nous étions comme paralysés, nous ne savions pas s’il fallait venir et raconter tout au monde entier ou nous taire". Les doutes ont duré quelques heures, pendant lesquelles, plusieurs membres du Centre d’Étudiants du Collège Mariano Moreno ont discuté intensément pour savoir comment dénoncer ce qui était arrivé. Jamais, dans leurs 17 ou 18 ans de vie, ils n’avaient vécu quelque chose de semblable.

La plupart d’entre eux ont découvert les faits mercredi soir, quand l’étudiant attaqué a décidé de dire à ses compagnons ce qui était arrivé. La nuit de mardi, deux personnes l’avaient intercepté dans la rue tandis qu’il marchait vers la maison d’un ami et elles lui ont tailladé avec un couteau sur la poitrine les trois AAA (acronyme de la tristement célèbre Alianza Argentina Anticomunista, organisation paramilitaire ayant sévi dans les années soixante-dix) en lui disant "arrête avec le "billet", ou tu seras la première pièce des dominos".

La relation avec les années soixante-dix et la répression paramilitaire de la "Triple A" est évidente : la lutte pour le billet étudiant, la Nuit des Crayons, la connivence de l’état avec les oppresseurs qui agissent, protégés par la justice, contre les ouvriers, piqueteros et assemblées.

Les étudiants ont décidé de rompre le silence et dénoncer l’impunité par tous les moyens de diffusion possibles. Auparavant "les lycéens avaient une attitude passive, mais maintenant ils ont compris qu’ils doivent participer". Ils voient l’agression contre leur compagnon comme une réaction : "quelque chose les a dérangés, parce que nous avons touché la fibre". La lutte pour le billet étudiant s’est développée dès le début de l’année avec des manifestations et "escraches" à la société Metrovias, en réclamant un billet à 0,5 cents pour le métro et le bus. Le chef de sécurité de Metrovias est Michel Angel Robira, accusé par H.I.J.O.S comme tortionnaire pendant la dictature militaire.

Les étudiants appellent pour mercredi soir à une marche du Congrès au Secrétariat de Transport. Pour certains d’entre eux, quelque chose a changé dès le 20 décembre.

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