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Duhalde a décidé : Impunité garantie pour les crimes économiques

jeudi 20 juin 2002

dualdelona
Le 19 juin 2002, en échange d’une promesse du FMI qu’un accord de financement (pour payer les intérets de la dette !) était en bonne voie, Duhalde a signé le décret abrogeant la loi de subversion économique et transférant « partiellement » au code pénal les articles définissant les cas de délits économiques. Ce texte avait été voté le 30 mai au Parlement, suite à des pressions et des manipulations des partis péronistes et radicaux et sur la promesse de Duhalde que le code pénal prendrait le relais de la loi de subversion économique qui avait servi, ces derniers mois, de cadre aux recours des juges contre les banquiers délictueux.

Le FMI ne s’est pas satisfait de ce vote du Parlement et exigeait la suppression de tous les articles du code pénal qui permettaient de faire des recours contre les crimes économiques. Le FMI voulait « redonner confiance aux investisseurs », c’est à dire, maintenir l’impunité pour toutes les pratiques de pillage économique. Duhalde a donc cédé en supprimant l’article qui, selon le vote du parlement (et avec l’assentiment du président du groupe péroniste (PJ) au Parlement, José Luis Gioja), sanctionnait tous les responsables de fuite de capitaux et de détournements de fonds, pour négligence ou imprudence.

Duhalde a seulement signé le transfert dans le code pénal des sanctions pour les mêmes délits réalisés avec « préméditations et intentions déclarées ».

Les juristes opposés à ce décret « laxiste » font remarquer que les preuves de « préméditations » seront très difficilement apportés dans des procès économiques.

Duhalde, sous la pression du FMI, a encore fait une volte face en ne respectant pas les engagements faits aux députés pour obtenir le vote litigieux du 30 mai.

De plus en plus d’observateurs mettent en doute la volonté du FMI d’arriver à un accord avec l’Argentine. Ils s’appuient sur le constat de surenchères permanentes sur les exigences de restrictions des budgets des provinces, de réformes toujours plus ultra libérales du système bancaire et de garanties d’impunité pour les multinationales.
Le contexte international de durcissement des positions de l’administration américaine irait jusqu’à refuser toute aide supplémentaire à l’Argentine pour pousser le gouvernement local à soumettre la population à une baisse des salaires et à une suppression de toutes les lois sociales. Ils veulent constituer des réserves de main d’œuvre bon marché.

Des signes montrent que les Etats Unis et le FMI cherchent à déstabiliser l’unité du territoire argentin en désolidarisant les politiques menées dans les différentes provinces. Ils veulent pouvoir traiter directement avec celles qui les intéressent pour les réserves de pétrole (comme dans le Sud : Neuquen et Terre de feu) ou pour les bases américaines (expériences nucléaires).