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Le Monde diplomatique de mai 2002

jeudi 2 mai 2002

ELECTIONS FRANCAISES ET EXTRÈME DROITE
La poussée enregistrée par le Front national à l’élection présidentielle en France ne constitue pas un phénomène isolé. Un peu partout dans l’Union européenne - et d’ailleurs aussi à l’Est, comme en Hongrie -, les partis« frères » de M. Jean-Marie Le Pen ont le vent en poupe. Du moins ceux qui ont su se moderniser pour marier l’ultralibéralisme, le discours social, l’acceptation formelle du jeu démocratique, la xénophobie et l’autoritarisme. En revanche, les fidèles du fascisme ont tous été marginalisés.

Métamorphoses de l’extrême droite en Europe, par Jean-Yves Camus.

Le sort contrasté des « frères » belges du Front national, par Sergio Carrozzo.

Gand n’est pas Anvers, par Magali Uytterhaeghe.

Sur quelques contes sécuritaires venus d’Amérique, par Loïc Wacquant.

Fracture chez les cols blancs, par Paul Bouffartigue. Les failles des 35 heures, par Martine Bulard.

VENEZUELA
Suffit-il à une minorité de se rebaptiser "société civile" pour pouvoir prétendre renverser un président démocratiquement élu ?C’est ce qu’ont cru, au Venezuela, le patronat, un syndicat corrompu, l’Église, les classes moyennes et les médias, qui, le 11 avril, aidés par des généraux félons, ont perpétré un coup d’Etat contre M. Hugo Chavez. L’administration de M. George Bush, dont les hauts fonctionnaires avaient reçu des délégations des futurs putschistes civils et militaires, a immédiatement salué ce qu’elle croyait être la mise à l’écart d’un dirigeant dont l’indépendance l’ulcérait. Le premier geste du gouvernement espagnol, qui préside l’Union européenne, ne fut pas de condamner ces actes, mais de publier, le 12 avril, à partir de Washington, une déclaration commune avec le gouvernement américain, appelant les putschistes à créer "un cadre démocratique stable" !C’était compter sans le raz-de-marée populaire qui, appuyé par des militaires loyaux, a rétabli la légalité à Caracas. Lire le reportage, avec les photos de la manipulation du 11 avril

Hugo Chávez sauvé par le peuple, par notre envoyé spécial Maurice Lemoine.

PROCHE-ORIENT

"Mon gouvernement n’évacuera jamais une colonie", a proclamé le Premier ministre israélien le 21 avril 2002, sans provoquer ni la démission des ministres travaillistes ni un murmure de la communauté internationale. L’administration américaine reste passive, confirmant son parti pris. Le refus d’Israël d’évacuer des territoires occupés confirme la stratégie développée pas à pas par M.Ariel Sharon : liquider tous les acquis des accords d’Oslo,détruire l’Autorité palestinienne - y compris les ministères et les institutions civiles, qui ont été vandalisés ; briser toute volonté de résistance des Palestiniens par l’utilisation de la terreur d’Etat.Alors, il pourra mettre en oeuvre son « plan intérimaire à long terme » : quelques bantoustans "autonomes", cernés par l’armée et par des colonies en expansion, gérés par d’improbables Quislings. Seules des sanctions peuvent empêcher le gouvernement israélien de continuer à violer systématiquement toutes les résolutions successives du Conseil de sécurité. L’Union Européenne - qui représente plus de 40 % des importations d’Israël et plus du quart de ses exportations - a les moyens de les imposer, avec d’autant plus d’efficacité que l’économie israélienne traverse une crise grave. Elle peut notamment, en suspendant certaines clauses de l’accord d’association avec Israël - dans le domaine scientifique par exemple -, imposer la reconstruction de toutes les infrastructures payées par l’Union européenne et détruites -d’abord le port et l’aéroport de Gaza ; un fonctionnement normal des écoles et universités palestiniennes ; un accès libre aux villes palestiniennes martyrisées, et avant tout à Jénine.

Jénine, enquête sur un crime de guerre, par Amnon Kapeliouk.

L’abolition du territoire, par Christian Salmon.

Les partis pris de la Maison Blanche, par Geoffrey Aronson.

Le monde arabe en ébullition, par Wissam Saadé.

Balbutiements de l’opinion publique en Arabie Saoudite, par Alain Gresh.

Coup de froid sur les relations avec Washington, par A. G.


Voir en ligne : http://www.monde-diplomatique.fr

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