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Libération des 18 travailleurs de l’usine MAFISSA

dimanche 24 février 2008

Les 18 travailleurs ont été libérés le 21 Avril

L’usine MAFISSA est la propriété de la famille Curi, dénoncée pour sa collaboration avec la dictature militaire et pour avoir livré à la police 15 travailleurs qui ont ensuite disparu.

Après 140 jours de grève et malgré une décision du tribunal de réintégrer les ouvriers licenciés, 18 travailleurs de l’usine MAFISSA ont été arrêtés le 18 avril. Ils sont accusés de « délit aggravé ».

A trois heures du matin, les ouvriers de MAFISSA qui se trouvaient à l’intérieur de l’usine textile pour se protéger de l’immense opération policière ont été finalement expulsés et emmenés à la Délégation Départementale d’Investigations. L’opération d’expulsion a été ordonnée par le juge pénal César Melazo (Tribunal Nº2), avec près de 500 effectifs d’Infanterie, Chevalerie, Motos, Police scientifique, chars d’assauts, hélicoptères, pompiers, division de substances dangereuses, et le groupe spécial d’opération « halcon », d’après un communiqué du Parti des Travailleurs Socialiste régional de La Plata.

Après l’expulsion, Melazo s’est désaisi de l’affaire qui est passée aux mains du juge Guillermo Atencio et du procureur Ana Medina, qui ont changé le nom du dossier pour inculper les ouvriers détenus du délit de « délit aggravé avec dommage qualifié. » Le Centre de Professionnels pour les Droits de l’Hommes (CeProDH) a qualifié cela de « manœuvre scandaleuse, avec l’approbation du gouvernement de Scioli » et a déclaré que cette accusation « qui n’est fondée sur aucun élément de preuve dans le dossier, pourrait représenter des peines de 10 ans d’emprisonnement ».

Les familles et compagnons des 18 travailleurs détenus étaient hier après-midi à la tête de la marche en raison des dix-neuf mois de la disparition de Julio López, et campent devant le Ministère Public de la Province (rue 7 entre/56 et 57), certains d’entre eux ont entamé une grève de la faim. Demain à 17hs il y aura une réunion Multisectorielle au Siège de l’Association des Travailleurs de l’État (Rue 8 entre 55 et 56), pour définir les pas à suivre. Les ouvriers ont convoqué « TOUTES les organisation de DDHH, syndicales, d’étudiants, sociales, ainsi que les députés, législateurs, personnalités, partis politiques, etc. »

Jeudi après-midi, avant la répression, les travailleurs se trouvaient dans l’usine pour réclamer l’application de la résolution rendue ce jour même par le juge Arias, du Tribunal Contentieux Administratif Nº1, qui ordonnait à l’entreprise l’immédiate application de la conciliation obligatoire, qui comprend la réincorporation de tous les licenciés, les suspendus et le paiement des salaires échus, avec une amende par jour de retard en cas d’inexécution. Malgré cette résolution, le juge en matière pénale César Melazo a ordonné le délogement. Les travailleurs ont réussi à résister aux premières avancées policières, produites jeudi à 17hs avec des balles en caoutchouc et des gaz. Ils se sont ensuite réfugiés au dernier étage de l’immeuble principal et pendant dix heurs ils ont refusé d’abandonner l’usine.

Environ 500 manifestants, parmi des ouvriers, étudiants et organisations comme l’Association des Travailleurs Argentins, la Fédération Universitaire de La Plata, se sont concentrés aux portes de l’usine pour dénoncer la répression. Il y a eu simultanément des coupures dans les rues du centre-ville. À la ville de Buenos Aires, des organismes de droits de l’homme et des groupes d’étudiants se sont concentrés immédiatement devant la Maison de la Province de Buenos Aires. À Neuquén, le Syndicat Céramiste et le syndicat d’enseignants (ATEN Capital) ont réalisé hier une action de dénonciation sur les ponts qui relient cette ville avec celle de Cipolleti. Ont également exprimé leur solidarité par des communiqués de presse la Commission Interne de Teinturerie Pagoda, la Commission Interne Donnelley (ex Atlantida), les ouvriers de ZANON, la Junte Interne de délégués de ATE, les syndicats de INDEC, SUTNA San Fernando, SUTEBA, CTA, le Parti Ouvrier, le Frente Popular Darío Santillán, le MAS, El Militante et l’Association Mères de la Place de Mai.
Indymedia La Plata, Samedi 19 avril 2008-04-22
Traduit par Eli.