Bassines agricoles : pourquoi ces réserves d’eau sont-elles critiquées par les écologistes et des agriculteurs ?

Créées par des exploitants pour irriguer leurs cultures, elles sont notamment accusées de perturber le cycle de l’eau.

Elles sont surnommées « méga-bassines » par leurs détracteurs. Les agriculteurs et l’administration leur préfèrent le terme de « réserves de substitution ». Ces immenses bassins à ciel ouvert ont de nouveau donné lieu à une manifestation, samedi 29 octobre, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres).

Créées par des exploitants pour stocker les besoins essentiels à l’agriculture et à l’élevage, ces retenues artificielles se multiplient en France, alors que le pays connaît des épisodes de sécheresse aggravés par le réchauffement climatique . Pourtant, certains opposants, de plus en plus nombreux eux aussi, y voient le symbole d’une agriculture déraisonnée, qui donnerait la priorité aux rendements plutôt qu’à la sauvegarde de l’environnement. Franceinfo fait le point sur les principaux reproches faits à ces initiatives.

La multiplication et la taille de ces réservoirs artificiels font souvent grincer des dents les militants écologistes et altermondialistes. Dans les Deux-Sèvres par exemple, pas moins de 16 réserves d’eau doivent être construites pour satisfaire les besoins d’irrigation. Parmi les premières creusées, celle baptisée « SEV17 » peut contenir un peu plus de 400 000 m3 d’eau , soit l’équivalent de 160 piscines olympiques. Les plus importantes de ce projet d’envergure départementale pourront stocker jusqu’à 650 000 m3.

Pour constituer de telles réserves, les agriculteurs réunis en coopérative veulent pomper le précieux liquide directement dans les nappes phréatiques l’hiver (de novembre à mars), afin de ne pas avoir à le faire l’été. Cette pratique agricole, formalisée pour la première fois en France par un protocole d’accord signé en 2018 dans les Deux-Sèvres , est accusée de perturber le cycle de l’eau par certaines organisations de défense de l’environnement. Sur son site , le collectif Bassines non merci pointe du doigt les risques d’assèchement des cours, d’évaporation accélérée… ou encore de pompage dérégulé des nappes phréatiques.