Les actions d’EiDF ouvrent sur une baisse de 8,2 % et ont chuté de 88 % depuis leur retour sur le marché boursier.

MADRID, 30 août (CALPA PARIS) –

L’action EiDF a poursuivi sa chute libre en bourse mercredi, ouvrant en baisse de 8,2% à 3,58 euros par action.

A 9h31, l’action du groupe spécialisé dans l’autoconsommation photovoltaïque modérait toutefois son recul à 5,64%, à 3,68 euros par action.

Avec ce dernier cours, l’action EiDF a accumulé une chute de 87,6% depuis son retour en bourse lundi dernier, lorsque la suspension qui pesait sur l’entreprise depuis près de quatre mois et demi a été levée.

Au moment de la suspension, le 14 avril, l’action EiDF s’échangeait à 29,76 euros.

Ainsi, le groupe fondé par Fernando Romero, coté au BME Growth, a vu s’évaporer 86,9% de sa capitalisation -près de 1.496 millions d’euros-, passant de 1.721,5 millions d’euros au moment de la suspension de sa cotation à une valeur actuelle de 225,6 millions.

La Commission nationale du marché des valeurs (CNMV) a accepté la semaine dernière de lever la suspension préventive qui pesait sur l’entreprise. La décision de l’autorité de surveillance de permettre à la société de revenir sur le marché a été prise après que des informations suffisantes ont été mises à la disposition du public concernant les circonstances qui ont conduit à l’adoption de l’accord de suspension.

Ces informations comprennent les communications d’informations privilégiées faites depuis la date de la suspension par la société elle-même et l’exigence supplémentaire de la CNMV.

MANQUEMENT À L’OBLIGATION DE FOURNIR DES INFORMATIONS COMPLÈTES AU MARCHÉ

L’autorité de contrôle a reproché à EiDF Solar de ne pas avoir fourni au marché des informations complètes, d’avoir omis le résumé du rapport d’expertise de Deloitte et d’avoir fait des « omissions très pertinentes ».

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Jeudi dernier, la CNMV a rendu publique une injonction adressée à la société le 21 août dans laquelle elle indiquait que les informations présentées par la société à l’époque, avec ses comptes retraités après plus de quatre mois de suspension de la cotation, étaient incomplètes et pouvaient « induire le public en erreur ».

Dans cette lettre, l’organe présidé par Rodrigo Buenaventura a averti la société dirigée par Fernando Romero que le rapport médico-légal de Deloitte comprenait un exposé des faits et des preuves « d’une grande importance » pour les actionnaires d’EiDF.

Parmi ces faits et preuves, le rapport souligne l’existence d’une « possible falsification de documents par l’entreprise, compte tenu de son importance particulière ». À cet égard, il a ajouté que PwC, l’auditeur des comptes du groupe, avait pris en compte cette expertise dans son travail, « ce qui s’est matérialisé, entre autres aspects, par une limitation de la portée de son opinion d’audit, étant donné les faiblesses de contrôle interne identifiées dans l’expertise sur ces questions ».

Il y a quinze jours, EiDF a présenté ses comptes retraités pour l’exercice 2022. Le groupe, en raison de divergences avec PwC, n’a pas été en mesure de présenter ses comptes de l’année dernière dans le délai légal, qui a expiré fin avril, et a ensuite engagé les services de Deloitte pour mener « une enquête visant à analyser et à recueillir des preuves relatives à des incidents et/ou des divergences » maintenus avec PwC dans le processus d’audit de ses comptes de l’année dernière.

Suite à la présentation de ces comptes, la CNMV a demandé à EiDF, dans une lettre de mise en demeure, de publier les informations complémentaires demandées et le contenu intégral du résumé exécutif du rapport forensique « dans les meilleurs délais » et au plus tard le 24 août à 8 heures.

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La société n’ayant pas donné suite à la demande de la CNMV dans le délai imparti, l’autorité de surveillance a demandé un complément d’information.

« DOCUMENTS « CRÉÉS, MODIFIÉS OU FALSIFIÉS

Plus précisément, les informations demandées par la CNMV concernaient des faits tels que le fait que le rapport indiquait que « dans certaines des activités et transactions avec des tiers analysées, des situations ont été identifiées dans lesquelles des documents ont été créés, modifiés ou falsifiés ».

Il a également été souligné que tous les débiteurs inclus dans le champ de l’expertise avaient « un lien direct et indirect avec Fernando Romero, l’actionnaire principal du groupe, et que, selon le rapport, « de nombreux incidents ont été identifiés concernant, entre autres, des factures et des paiements pour des services qui pourraient ne pas avoir été fournis ou non justifiés, ainsi que la falsification de documents ».

En ce sens, se référant au rapport médico-légal, il avertit que certains débiteurs « ont émis des factures qui ne correspondent pas à des services réellement rendus, et qui pourraient donc être de fausses factures ».

De même, la CNMV a demandé des informations concernant d’éventuelles divergences entre les coûts enregistrés dans les comptes et le degré réel d’avancement des travaux inclus dans le rapport.

UN NOUVEAU DIRECTEUR GÉNÉRAL

Par ailleurs, l’organe présidé par Rodrigo Buenaventura a demandé à EiDF de communiquer qu’elle engagera un nouveau PDG, comme elle l’a indiqué dans les informations publiées le 17 août.

Dans ce cas, l’entreprise a envoyé un communiqué dans lequel elle indique que la réorganisation des fonctions exécutives qu’elle a annoncée implique l’embauche d’un nouveau PDG et que le délai maximum pour mener à bien le processus d’incorporation sera de six mois.

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La semaine dernière, EiDF a également affirmé que les mesures qu’elle a déjà prises lui permettraient de rendre son fonds de roulement négatif positif de 3,3 millions d’euros en 2022.

Dans une information transmise à BME Growth, elle a détaillé les mesures prises pour que ce fonds de roulement – qui indique la liquidité à court terme et sa capacité à réaliser les investissements ou achats nécessaires à son fonctionnement quotidien – présente un solde positif.

Dans le cadre du retraitement des comptes 2022, l’auditeur PwC a averti que la société avait un fonds de roulement négatif de 20,9 millions d’euros.

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