Une banque suisse affirme que la réglementation financière actuelle a ralenti la réaction à la crise du Credit Suisse

Elle estime qu’une révision du cadre réglementaire pour les institutions « trop grandes pour faire faillite » est nécessaire

MADRID, 22 juin (CALPA PARIS) –

La crise du Crédit Suisse, qui a conduit la deuxième banque suisse au bord de la faillite en mars dernier, obligeant à un sauvetage d’urgence par fusion avec UBS, montre que le cadre réglementaire actuel est limité et peut même ralentir l’introduction de mesures correctives, déclare la Banque nationale suisse (BNS).

L’expérience avec le Credit Suisse a montré qu’en période de stress, les mesures réglementaires sont relativement limitées et peuvent retarder les mesures correctives », indique la BNS dans son « Rapport sur la stabilité financière ».

A cet égard, elle rappelle que les ratios de fonds propres du Credit Suisse dépassaient les exigences réglementaires applicables, ce qui indiquerait que « le respect des exigences en matière de fonds propres est nécessaire mais pas suffisant pour assurer la confiance dans une banque », car, malgré le respect des exigences, les clients, les acteurs du marché et les agences de notation ont de plus en plus douté des perspectives de rentabilité de la banque, de sa résilience et, par conséquent, de sa capacité à mettre en œuvre avec succès son plan de transformation.

En outre, la BNS note que les instruments de capital AT1 n’ont absorbé les pertes que lorsque le point de non-viabilité était imminent et que l’intervention de l’Etat devenait nécessaire, arguant ainsi que les caractéristiques de ces instruments conçues pour l’absorption précoce des pertes dans une entreprise en difficulté n’étaient « pas efficaces ».

A ce titre, elle note que l’entité en difficulté n’a pas annulé les paiements d’intérêts sur les instruments AT1 malgré des pertes soutenues et des perspectives de rentabilité incertaines, alors qu’une telle annulation aurait apporté un soulagement financier immédiat, tandis que le Crédit Suisse aurait été exposé au risque de réactions négatives du marché et donc aussi au risque que le refinancement devienne encore plus difficile et plus coûteux.

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D’autre part, dans son analyse, la banque centrale suisse souligne l’ampleur et le rythme « sans précédent » des sorties de dépôts à la suite de la perte de confiance.

À cet égard, elle avertit que les réserves de liquidités de la banque et les garanties préparées pour tirer sur les lignes de la banque centrale n’étaient pas suffisantes pour couvrir les sorties massives de liquidités et les exigences accrues en matière de prépositionnement.

« À l’avenir, les banques devraient être tenues de préparer un montant minimum d’actifs pouvant être mis en gage auprès des banques centrales », propose-t-il.

Dans l’ensemble, l’institut d’émission suisse considère que ces observations soulèvent des doutes quant à la capacité du régime too big to fail à forcer les institutions d’importance systémique à prendre des mesures correctives suffisantes en temps opportun afin qu’elles puissent se rétablir par leurs propres moyens dans une situation de stress.

« Les clients, les acteurs du marché et les agences de notation s’inquiétaient des faibles perspectives de rentabilité de la banque, de sa perte de réputation et du risque d’exécution associé à son plan. Cela a affecté la capacité de la banque à lever des capitaux et à émettre de la dette, et l’a encore affaiblie », résume la banque centrale.

La banque est devenue une anomalie sur le marché et a subi des sorties considérables de dépôts et d’actifs, bien qu’elle ait respecté les exigences réglementaires », ajoute-t-elle, soulignant que les banques « too big to fail » (trop grandes pour faire faillite) doivent faciliter une intervention rapide.

D’autre part, la banque centrale suisse a reconnu qu’en raison de la récente acquisition du Crédit Suisse par UBS, les données actuellement disponibles « ne sont pas suffisantes pour une évaluation complète de la résilience des banques combinées », de sorte que le « Rapport sur la stabilité financière » de cette année n’analyse pas les résultats des tests de résistance pour l’entité combinée résultant de la fusion.

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