Crise énergétique : les Belges sont étranglés par les factures de gaz et d’électricité

En Belgique, de plus en plus d’entreprises et de particuliers peinent à payer leurs factures d’électricité. Contrairement à la France, aucun bouclier tarifaire n’a été mis en place dans le pays.

Sur la terrasse et dans le salon, des stocks de charbon pour passer l’hiver. À Mons (Belgique), Anthony Burlinetto ne pensait pas réactiver son vieux poêle. C’est toutefois devenu pour lui le seul moyen de se chauffer. « Quand on a payé le charbon, on sait qu’on l’a payé, on sait ce qu’il nous reste à consommer. Le gaz, c’est une surprise tous les mois », confie-t-il. Comme de nombreux Belges, le couple est pris à la gorge.

Lui est tatoueur, elle en congé maternité. Ils touchent moins de 2 000 euros par mois, et leur facture mensuelle de gaz et d’électricité a explosé, passant de 301,47 euros à 1 004, 86 euros. Ils n’ont pas pu payer leurs deux denières factures, et redoutent un engrenage infernal.

Pas de bouclier tarifaire en Belgique

Leur voisin, Michel, tient aussi à montrer sa facture. Son opérateur lui demande de multiplier par cinq son acompte mensuel. Au total, 1 877 euros par mois, tandis qu’il touche 1 700 euros de retraite. Sa consommation n’a pourtant pas augmenté. Il tente de joindre ENGIE par tous les moyens depuis une semaine, sans succès. Le groupe, contacté par France Télévisions, se dit « parfaitement conscient de la situation », et assure faire « tout [son] possible pour aider les clients le plus rapidement possible ».

Contrairement à la France, la Belgique n’a pas mis en place de bouclier tarifaire. Le Premier ministre estime que ce type de mesure doit être pris au niveau européen. En attendant, les centres d’action sociale arpentent les allées du marché, pour tenter d’aider les citoyens, notamment ceux de la classe moyenne, qui n’ont pas l’habitude de toucher des aides.