Beckenbauer, une marque déposée de l’élégance

Franz Beckenbauer est décédé lundi à l’âge de 78 ans. Son nom sera toujours associé à l’élégance. Son style, sa finesse, son dos droit, son allure de paon lorsqu’il fait sortir le ballon de l’arrière, le placent dans l’Olympe du football mondial.

Libéro de profession, il a inventé le métier qui consiste à élever le niveau hiérarchique du défenseur. Sa maîtrise du ballon, sa façon de lever la tête pour ouvrir la balle sur les côtés, sont des concepts qui ont été intégrés dans les dictionnaires et encyclopédies du football. Il n’était pas nécessaire d’être une « bûche » pour se vanter de sa position.

Tout défenseur central qui se respecte rêve d’être Beckenbauer. Le « suffixe Bauer » est utilisé depuis que le Kaiser joue pour illustrer et louer ce footballeur qui a de l’autorité, du panache, du panache et de la distinction. Le dernier Gerard Piqué, encensé au Camp Nou par ses supporters, au chant de « Piqué, Piqué, Piquenbauer » ou encore ce défenseur central cantabrique bien connu de l’Atlético de Madrid, Juan Carlos Arteche, rude et dur dans le jeu, aimé dans les vestiaires, mais qui, si un jour il changeait sa fureur pour une touche de délicatesse, cet après-midi-là les supporters de l’Atlético, avec un mélange d’ironie et d’admiration, lui redonnaient le moral en mimant son nom de famille en « Artechenbauer ».

Tous ceux qui portent le numéro 3 au Barça, le numéro 4 ou 5 au Real Madrid, des grands noms comme Sergio Ramos ou Fernando Hierro, tous les professionnels ont rêvé d’être un jour comparés à Franz Beckenbauer pour une action précise.

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Champion de tout. Le balayeur allemand a remporté des titres en Bundesliga, et avec l’équipe nationale allemande, il a gagné la Coupe du monde en 1974 en tant que joueur et en 1990 en tant qu’entraîneur en Italie. Il n’est pas facile de remporter ce trophée, qui a également été gagné par de grands joueurs comme Mario Zagallo et plus récemment Didier Deschamps avec la France.

Beckenbauer a respecté le manuel du libéro. Il a réussi à regarder Johan Cruyff, icône de l’art lors de la Coupe du monde 1974 en Allemagne contre les Pays-Bas, dans les yeux dès la sortie du ballon. Il s’est même amusé avec Pelé au Cosmos, lors de la première tentative américaine de populariser le football. Ils ont réussi.

Les footballeurs d’une autre époque commencent à quitter ce monde à un âge de plus en plus avancé. Beckenbauer est l’avant-dernier. Le Kaiser est une marque déposée. Peu de marques peuvent se vanter d’être utilisées comme synonyme d’un concept qu’elles représentent. Google, Kleenex, Jacuzzi… sont quelques-unes de celles qui certifient des mots tels que moteur de recherche, mouchoirs ou bains à remous. En Espagne, le soda est fait maison et les pansements sont une marque de ruban adhésif. En football, le leadership et la classe sont toujours associés au terme Beckenbauer. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui.

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